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Zoom sur des anomalies de nettoyage fréquentes

Les anomalies de nettoyage des installations de traite sont fréquentes, signalent les experts du Cofit. Souvent insidieuses, les dérives ne se perçoivent pas instantanément. Focus sur les principaux points de vigilance.

Une anomalie peut en cacher une autre

Généralement, les producteurs suspectent un problème de nettoyage des installations de traite quand les analyses révèlent une montée des germes. « Mais en fait, une défaillance du décrochage automatique pourrait déjà mettre la puce à l’oreille quant à un éventuel souci de nettoyage », alerte Laurent Hédon, responsable qualité du lait à Avenir Conseil Élevage. Dans 60 % des cas, le dysfonctionnement des déposes automatiques résulte d’un mauvais nettoyage. Le salissement progressif ou l’obstruction de certains capteurs de débit perturbe en effet leurs capacités de détection et fausse les données transmises pour la fin de traite.

« Et ce n’est que dans un second temps que la montée des germes intervient, poursuit le conseiller. Mais à ce moment-là, des conséquences ont déjà pu se faire sentir sur le troupeau en termes de santé mammaire en raison de traites irrégulières selon les postes. » Les situations se dégradent souvent progressivement, sans panne flagrante, et surtout sans lien pressenti avec un quelconque défaut de nettoyage de l’installation.

Les températures : le gros point noir

« Une majorité d’anomalies sont liées à des températures de solutions de lavage inadaptées », relève Jean-Louis Poulet de l’Institut de l’élevage. « Les chauffe-eaux domestiques sont sensés pouvoir monter à 60°C mais bon nombre sont en fait bridés à 55°C », constate Laurent Hédon. Et à l’inverse, les chauffe-eaux industriels fournissent parfois une eau à une température trop élevée. Au-delà de 70°C, cela peut se montrer problématique pour les produits chlorés, le chlore s’évaporant avant d’agir.

Autre point important : les besoins en eau chaude sont parfois sous-évalués. « En cas d’agrandissement du troupeau, le nombre de postes de traite et la capacité du tank ont pu augmenter, mais sans adaptation pour autant du chauffe-eau ni du bac de lavage », pointe Julie Chiron d’Écolab. Le souci de disponibilité en eau chaude peut également se montrer ponctuel, à certaines périodes de l’année, sur des élevages en vêlages groupés distribuant du lait reconstitué aux veaux par exemple.

Quid des pré-refroidisseurs

L’ajout d’un pré-refroidisseur dans le circuit implique une consommation d’eau supplémentaire qui peut aller de 15 à 40 litres. « Si l’investissement intervient a posteriori du montage de l’installation de traite, ce besoin en eau n’aura pas forcément été pris en compte », observe Laurent Hédon. Il est important de se renseigner sur le volume d’eau à mettre en plus. Quitte à devoir changer de bac pour un plus grand modèle.

D’autre part, le pré-refroidisseur doit être purgé après chaque traite pour éliminer l'eau qui sert à refroidir le lait. Sinon, lors du lavage, l'eau chaude circulant contre sa paroi très froide refroidit beeaucoup plus vite. « Selon les marques, les pré-refroidisseurs ne sont pas équipés par défaut d’un système de purge automatique, alerte le conseiller. Dans ce cas, l’eau issue du premier cycle de lavage se voit recyclée au second cycle et contribue encore à refroidir davantage la température dans le circuit. »

La durée du non-refroidissement du lait en robots de traite

« Avec un robot de traite, il faut se montrer vigilant quant à la durée de la période de stockage du lait à température ambiante après le ramassage du lait », relève Jonathan Sureau, conseiller de traite indépendant. Après la collecte, le volume de lait à stocker reste faible pendant un temps plus ou moins important où il n’est pas refroidi. En cumulant le temps où le lait attend d’être refroidi dans la chambre de réception et le tank tampon, et la temporisation de reprise du refroidissement du tank, la durée de stockage à température ambiante peut prendre plusieurs heures. « Or, celle-ci ne doit pas excéder trois heures. Il faut vérifier les paramétrages effectués et trouver le meilleur compromis pour limiter les germes tout en limitant le risque de gel et lipolyse. »

Gare au couvercle si le tank est plein

« Attention au nettoyage du couvercle du tank, en particulier si ce dernier est fort plein », alerte encore Patrice Guillet de Littoral Normand. Il reçoit des éclaboussures de lait et les joints se montrent souvent encrassés. En fin de cycle de nettoyage, avec la chaleur, les dépôts s’égouttent dans le tank. « N’hésitez pas à vérifier régulièrement l’état de propreté et à le frotter pour décoller les dépôts, voire carrément changer le joint. »

Cofit : Comité français interprofessionnel pour les techniques de production du lait.

Le saviez-vous ?

Plus la matière grasse du lait est importante, plus il faut que la température en fin de lavage soit élevée. Si elle n’atteint pas au départ 75°C, il y a peu de chance qu’elle reste au-dessus de 40°C durant le cycle.

Mise en garde

Mieux vaut éviter d’utiliser la vaisselle laitière dans le bac de lavage, cela y ramène de l’encrassement. Pour laver les tuyaux des couvercles de bidons de lait, l’astuce est de les rabouter dans la continuité du tuyau long à lait.

Peut mieux faire

• Les chiffres diffusés par le Cofit, qui déploie sur le terrain les quatre contrôles officiels des installations de traite (dont Net’traite, le contrôle du nettoyage des installations de traite), nous apprennent que les soucis sur le nettoyage sont assez fréquents. Ce sont majoritairement des installations qui donnent visuellement l’impression de n’être pas bien nettoyées (53 % de points non satisfaisants sur l’état visuel) et des problèmes de température de la solution et de quantité d’eau à la température appropriée pour un nettoyage de qualité (10 %).

• Même pour les installations neuves, des conformités de lavage font défaut dans 20 % des situations. En grande majorité, il s’agit de problèmes de dimensionnement des circuits de lavage et des quantités d’eau mises en circulation, ou des soucis de températures.

Les anomalies apparaissent globalement moins fréquentes en robots, ces derniers étant bardés de capteurs qui génèrent des alertes susceptibles de prévenir les problèmes. Mais, pour autant, la température en fin de lavage n'est pas non plus toujours satisfaisante (8 %).

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