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Vaches laitières : cherchez-vous à saturer votre robot de traite ?

Augmenter au maximum le nombre de vaches par stalle, souvent au-delà de 65 à 70 vaches, pour optimiser l’investissement, réduit le temps libre du robot mais accroît la charge de travail et le risque de stress sur le troupeau… Et tout dépend si vous acceptez ou non de pousser vos vaches.

Saturer un robot de traite implique d'accepter d' pousser les vaches plusieurs fois par jour.
© E. Bignon
 

Dominique Bouché, éleveur en Moselle

 

 
<em class="placeholder">Dominique Bouché, éleveur laitier</em>
© K. Foilleret

NON J’ai tourné quatre ans avec un robot de traite saturé pour 70 vaches et je ne veux plus travailler à flux tendu. La gestion était compliquée au quotidien. Il nous fallait pousser les vaches matin, midi et soir. Même si cela ne prend pas forcément beaucoup de temps, c’est une astreinte pénible. La saturation bridait la production et le troupeau faisait beaucoup de mammites. Nous avions très peu de souplesse au moindre souci de maintenance. L’an dernier, nous avons décidé de lever ce frein et d’investir dans un second robot, en limitant l’effectif à 90 vaches. Pas plus. Nous avons tout de suite vu la différence. Les vaches circulent mieux, la fréquentation est passée de 2,4 traites par jour à 3 et les vaches produisent 2 kg/j de plus en moyenne. Le nombre d’infections mammaires a également bien réduit. Le troupeau n’est plus sur la corde raide et je me sens nettement plus serein.

Amandine Touchefeu, éleveuse en Ille-et-Vilaine

 

 
<em class="placeholder">Amandine Touchefeu, éleveuse en Ille-et-Vilaine</em>
© A Touchefeu

NON Nous sommes passés en traite robotisée il y a un peu plus d’un an. Avec 80 vaches traites, disposer d’une seule stalle et se voir contraints de pousser les vaches systématiquement au robot n’était pas concevable. Et d’un autre côté, économiquement, nous ne pouvions pas nous permettre d’investir dans deux robots. Nous avons donc retenu une solution intermédiaire en optant pour le double box Gemini Up de Boumatic. Ce robot est équipé de deux stalles, côte à côte, dotées d’un seul bras de branchement. Deux vaches peuvent ainsi être traites simultanément en traite arrière. Ce dispositif nous a coûté 200 000 €, soit un mixte entre le coût d’un et de deux robots. Il nous convenait aussi bien financièrement que techniquement. Nous avons pu maintenir une conduite basée sur le pâturage. Nous aurions eu plus de mal à continuer de faire pâturer les vaches 6 heures par jour avec une stalle saturée.

Anthony Piveteau, éleveur en Vendée

 

 
<em class="placeholder">Anthony Piveteau, éleveur en Vendée</em>
© Gaec La Bienvenue

OUI Nous disposons de deux robots qui accueillent 71 vaches par stalle en moyenne. En hiver, nous montons jusqu’à 145-146 vaches traites et l’été 136-137. En hiver, le temps manque moins, alors nous tolérons davantage de pousser certaines vaches. Il nous est également plus facile d’accepter cette contrainte car nous sommes 4 associés. Chaque jour, l’un de nous est de permanence pour remplir cette tâche trois fois par jour. Cela prend 30 minutes par jour. Quand le troupeau atteint 146 vaches traites, les robots affichent 7 % de temps libre. Avec une telle stratégie, nous ne cherchons pas à faire trop vieillir nos robots et optons pour le contrat de maintenance maximum. Nos vaches produisent en moyenne 34-35 kg/j. Si nous voulions augmenter la productivité par vache, il faudrait réduire notre effectif. Mais ce n’est pas notre objectif. Nous préférons viser l’autonomie fourragère sans forcer sur l’aliment. Avec un outil saturé et des charges alimentaires réduites, l’efficacité économique est au rendez-vous.

 

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