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Trois niveaux d'intervention sur les courants parasites

Le guide Diagnostic électrique en élevage laitier propose une méthodologie pour identifier des solutions dans les élevages confrontés à des courants électriques parasites.

Les courants électriques parasites parcourent les éléments conducteurs, le sol et les structures métalliques de l’exploitation, et peuvent accidentellement circuler dans le corps de l’animal. Les vaches sont très sensibles à ces courants, souvent imperceptibles par l’homme. Les études scientifiques montrent en effet que la résistance corporelle de la vache varie de 500 à 1000 oms, contre 1000 à 5000 pour l’homme!

Harmoniser le conseil et proposer une méthodologie d’intervention sur ces courants parasites. Tel est l’objectif du guide Diagnostic électrique en élevage laitier piloté par le Cniel qui vient de sortir. Cet outil est destiné aux intervenants en élevage ayant des compétences électriques et titulaires d’un titre d’habilitation électrique (BT-B). Il est issu de la collaboration de différents organismes(1). Les experts du GEPSE(2) ont également été consultés.  

Ce guide fournit un protocole avec une fiche type pour trois niveaux d’intervention :

1 Vérification « simplifiée » des risques électriques

Il s’agit de vérifier la prise de terre et les liaisons équipotentielles des masses en contact avec les animaux (salle de traite, cornadis et logettes). Ces éléments conducteurs permettent d’évacuer les courants de fuite et de limiter l’apparition des courants parasites. Cette vérification de « base » doit permettre de détecter un problème d’ordre électrique. En cas de défaut, un diagnostic de « niveau1 » ou de « niveau 2 » doit être proposé à l’éleveur. Durée de l’intervention : 30 mn à 1 heure.

2 Intervention de niveau 1

Il s'agit de vérifier l'installation électrique. Elle doit permettre de détecter la présence de défaut susceptible d’engendrer l’apparition de courants électriques parasites. Elle comprend la vérification des circuits électriques principaux, des tensions d’alimentation, de la prise de terre, des dispositifs différentiels, de certaines liaisons équipotentielles (principalement dans le bloc traite, et quelques mesures en stabulation orientées par les observations de l’éleveur comme la fréquentation des logettes), et du bon positionnement des divers composants des clôtures électriques. Durée de l’intervention : 3 heures.

3 Intervention de niveau 2 

Il s'agit d'une recherche approfondie des courants électriques parasites. Ce diagnostic peut être proposé en cas de changement de comportement des animaux (agités, peureux), de mauvaise fréquentation des logettes, de perturbation de l’abreuvement, d’une circulation difficile en salle de traite ou encore d’une fréquentation perturbée du robot de traite. Il peut également faire suite à un diagnostic niveau 1 insuffisant pour diagnostiquer l’origine des courants parasites. Aux mesures du niveau 1, il faut ajouter la mesure des tensions de contact et éventuellement des tensions de pas dans le bloc traite et le bâtiment, la mesure détaillée des liaisons équipotentielles dans le bloc traite et le bâtiment, et éventuellement la vérification plus approfondie de l’électrificateur de la ferme. Durée : une demi-journée à une journée complète.

Les diagnostics de niveau 1 et niveau 2 peuvent concerner, à la demande de l’éleveur, les différents locaux ou être orientés spécifiquement vers le bloc traite ou la stabulation.

(1) Chambres d’agriculture des Hauts-de-France et de Loire-Atlantique, Clasel, Crocit Bretagne, GDS Bretagne, Institut de l’élevage, et Cniel.(2) Groupe permanent de sécurité électriqueGuide sur demande à dirast@cniel.com

Deux origines pour les courants électriques parasites :

Une origine interne à l’élevage, liée aux nombreux équipements électriques, et électroniques, structures et matériels métalliques présents sur l’exploitation. « Un dysfonctionnement des installations est souvent mis en cause (défaut de mise à la terre, absence de liaisons équipotentielles). Les intempéries, l’humidité, les poussières, les chocs et la corrosion (notamment par les lisiers, aliments et engrais) accélèrent leur dégradation et augmentent les risques d’incidents et d’origine électrique », souligne le rapport.
Une origine externe à l’élevage, liée aux équipements et réseaux électriques proches de l’exploitation agricole. « La présence de ligne à haute ou très haute tension génère des champs électromagnétiques pouvant interagir sur les structures métalliques à proximité et provoquer l’apparition de courants parasites (induction électrostatique ou magnétique)».

Prise de terre à fond de fouille. Tous les éléments conducteurs doivent être reliés à la terre.

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