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Soigner aussi la trésorerie

La crise nécessite de réagir vite. Mieux vaut ne pas attendre pour aller discuter avec la banque et présenter une vision claire et chiffrée de la situation. Cela suppose de dresser un prévisionnel de trésorerie.

La trésorerie, voilà un sujet délicat à aborder. Certains le jugeront peut-être même provocateur par les temps qui courent. Telle n’est pas notre volonté. Au contraire. Il nous a semblé essentiel de lui consacrer un dossier car tout le monde prend la crise de plein fouet. Et la volatilité des prix est amplifiée par l’agrandissement de bon nombre d’élevages. D’un élevage à l’autre, les situations individuelles de trésorerie se montrent très contrastées, en lien fort avec l’historique des résultats économiques et la gestion des investissements. Un tiers des éleveurs seraient en grande difficulté, un tiers en situation tendue et un tiers serait mieux armé pour faire face. La capacité de résistance à la baisse des prix du lait diffère du fait de points d’équilibre hétérogènes. En moyenne, en Bretagne, le point d’équilibre moyen frôlait 370 €/1 000 l pour les clôtures du premier semestre. Ceux qui souffrent le plus de cette conjoncture, financièrement et moralement, sont ceux qui ont investi récemment, à commencer par les jeunes.

Dans ce dossier, nous n’avons pas de solution miracle à vous proposer. Par contre, vous y trouverez des outils pour vous aider à mieux passer ce cap difficile. N’attendez pas pour discuter avec votre banquier. Plus les problèmes sont anticipés, plus il y a de solutions potentielles. Pour négocier avec la banque, l’idéal est de pouvoir exposer une vision claire et chiffrée de la situation. L’objectif est de calibrer l’évolution de la trésorerie dans les mois à venir pour mieux anticiper les tensions et les mesures à prendre. Trésolait, un outil développé par les chambres d’agriculture, a été conçu pour cela.

Hormis les leviers bancaires, d’autres solutions relatives à la gestion de l’entreprise (étalement de certains paiements, remboursement trimestriel de la TVA…), peuvent aussi contribuer à sortir d’une mauvaise passe. Au niveau technique, la maîtrise des charges revêt encore plus d’importance. Veillez à bien gérer les effectifs animaux pour ne pas gaspiller les ressources disponibles, à raisonner le choix du concentré, ses quantités. Et n’oubliez pas que les derniers litres de lait sont les plus chers à produire.

Quoi qu’il en soit, la donne a changé. Il va falloir apprendre à piloter autrement. Gérer la volatilité, ce n’est pas que gérer la crise. C’est aussi prendre les bonnes décisions et anticiper au cours de périodes favorables, pour mieux passer les périodes critiques. Et ce d’autant plus qu’une trésorerie se détériore très vite et met plusieurs années à se reconstituer.

Apprendre à piloter autrement

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