Réduction du méthane : le Danemark et la Norvège misent sur les additifs alimentaires, aux Pays-Bas, les laiteries financent leur utilisation
La réduction du méthane est au cœur de la politique agricole des pays du nord de l’Europe. Certains États incitent à l’utilisation d’additifs alimentaires limitant les émissions. Les laiteries se sont emparées du sujet en finançant et en proposant des compensations en fonction de l’empreinte carbone des élevages.
La réduction du méthane est au cœur de la politique agricole des pays du nord de l’Europe. Certains États incitent à l’utilisation d’additifs alimentaires limitant les émissions. Les laiteries se sont emparées du sujet en finançant et en proposant des compensations en fonction de l’empreinte carbone des élevages.
L’additif alimentaire Bovaer est annoncé ces dernières années comme une des solutions les plus efficaces pour réduire les émissions de méthane des élevages laitiers.
Le Danemark, dans sa volonté de réduire ses émissions, oblige les éleveurs à intégrer certaines pratiques, dont l’utilisation du Bovaer fait partie. Depuis octobre 2025, le Danemark demande aux élevages de plus de 50 vaches à utiliser pendant douze mois des matières grasses dans la ration ou à introduire l’additif alimentaire Bovaer pendant au moins 80 jours. L’État subventionne ses pratiques à hauteur de 80 euros par vache et par an.
La Norvège était en cours de réflexion pour mettre en place ces mêmes obligations, mais a finalement renoncé à ce projet à la suite de doléances d’agriculteurs estimant une dégradation de la production laitière et de la santé de leur troupeau. Suite à cet épisode, un rapport de l’université d’Aarhus, paru début mai, conclut qu’il n’y a aucun lien entre l’utilisation de l’additif et les problématiques rencontrées sur les élevages.
Les laiteries FrieslandCampina et Vreugdenhil Dairy Foods valorisent les faibles empreintes carbone
Aux Pays-Bas, le Boaver est largement utilisé dans plus de 700 fermes. Les éleveurs sont même soutenus par leur laiterie. FrieslandCampina, via le Focus Planet Program, récompense les éleveurs améliorant leurs pratiques pour le climat, la biodiversité, la santé et le bien-être animal et le pâturage. Certains éleveurs intègrent le groupe de développement où ils sont rémunérés pour l’utilisation du Bovaer à hauteur de 5,75 euros le kilo en plus de la prise en charge du produit.
La laiterie Vreugdenhil Dairy Foods avec Nestlé via son programme Tomorrow’s Dairy ambitionne de réduire de 50 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Le programme a débuté en 2022 et engage 150 élevages. Ils peuvent recevoir une compensation allant jusqu’à 3,50 euros par 100 kg de lait pour une empreinte carbone de 400 g/kg de lait. Ensuite, les éleveurs ont le choix entre cinq mesures : l’utilisation de protéine autoproduite, les prairies permanentes, l’excédent d’azote, la longévité des vaches et l’utilisation de Bovaer. Les quatres premières leur donnent accès jusqu’à 0,125 euro par 100 kg de lait de prime chacune. Dans le cas du Bovaer, c’est jusqu’à 1 euro par 100 kg d’additif
Pour Dennis Rijnders, vice-directeur des ventes mondiales et business développement de Bovaer « les éleveurs ne peuvent pas supporter seuls le coût de l’utilisation de ce produit. Le soutien des autres acteurs de la filière, qui eux aussi ont besoin de réduire leur émission, est primordial ».
Deux stratégies coexistent. Vreugdenhil Dairy Foods verse une somme tous les mois et ajuste en fin d’année en fonction de la réduction réelle de méthane. FrieslandCampina attend les résultats définitifs des bilans carbone pour verser la compensation. Les éleveurs doivent avancer la trésorerie.
La Rabobank réduit les taux d’intérêt pour les faibles empreintes carbone
De leur côté, les banques valorisent aussi les exploitations plus vertueuses. Chez la Rabobank, les taux d’intérêt peuvent être réduits de -0,2 % en cas de bilan carbone avantageux. Dans le cas contraire, les prêts peuvent être refusés.