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Quel couvert semer après un maïs ?

Très présents dans la nouvelle PAC, les couverts ont des atouts agronomiques, environnementaux et pour l’alimentation des bovins. Plusieurs espèces peuvent être semées, après ou sous couvert de maïs.

« Au-delà de la réglementation, un couvert après maïs apporte de la matière organique, recycle les minéraux, limite les pertes de nitrates s’il est semé tôt et a un effet sur la structure du sol et les adventices, indique Jérôme Labreuche, d’Arvalis. S’il inclut des légumineuses, il fournit aussi de l’azote. Et c’est une potentielle source fourragère. »

Les cultures intermédiaires pièges à nitrates

Entre un maïs récolté mi-août à mi-octobre et une culture de printemps, de nombreuses espèces peuvent être semées. Une possibilité est la mise en place de couverts non récoltés. « Dans le Finistère, où le maïs n’est souvent récolté qu’au 20 octobre, il n’est pas toujours évident de valoriser une dérobée, analyse Anne-Thérèse Bilcot, des chambres d’agriculture de Bretagne. Les cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan) permettent de se couvrir par rapport à la réglementation. »

Des espèces peu coûteuses et qui lèvent facilement sont alors conseillées : ray-grass, avoine, triticale, radis, navette, phacélie… La féverole en mélange peut aussi convenir, mais augmente le coût du couvert si la semence n’est pas fermière. En semis de septembre, une moutarde peut être intéressante pour son développement rapide et son coût limité.

Ray-grass et trèfle incarnat, céréales en dérobées

Une autre possibilité est une dérobée valorisable en pâturage ou récolte de printemps. Le ray-grass italien, le seigle, l’avoine sont utilisables. « Pour l’avoine, l’avoine rude est moins sensible aux viroses et plus productive que l’avoine classique », note Jérôme Labreuche. Le couvert peut être enrichi en trèfle incarnat.

Des méteils (triticale, avoine, pois, féverole et vesce en association) sont aussi possibles et améliorent l’autonomie protéique. Un couvert intégrant une légumineuse ne pousse toutefois vraiment qu’au printemps et a peu d’intérêt si on veut labourer à l’automne ou en hiver.

« En Bretagne, les rendements des méteils récoltés en mai sont assez faibles, observe Catherine Lucas, des chambres d’agriculture de Bretagne. De plus, les semences de légumineuse sont chères. Le fourrage obtenu est au final très coûteux, d’environ 100 euros par tonne de matière sèche. Le sol est par contre plus facile à travailler. »

La biomasse obtenue dépend des dates de semis et récolte, et du climat. « Même en zone vulnérable, une dérobée peut être fertilisée, note Jérôme Labreuche. Si elle est semée mi-août, la biomasse peut dépasser 4 t MS/ha. Après mi-septembre, ce sera moins de 2,5 t MS/ha. Et il ne faut pas trop tarder pour la valoriser. Mi-avril, le couvert pompe de l’eau et des minéraux, ce qui peut nuire à la culture à suivre, notamment avec le RGI. » Selon une enquête du ministère de l’Agriculture en 2017, les ray-grass représentaient 40 % des couverts en 2017, contre 80 % en 2006, avec une montée en puissance des céréales seules ou avec légumineuses.

Semis sous couvert de maïs

 

 
Le semis sous couvert peut se faire lors d’un binage.
Le semis sous couvert peut se faire lors d’un binage. © Chambres d'agriculture de Bretagne

Une autre solution, si la récolte est tardive, est d’implanter le couvert au stade 6-10 feuilles du maïs, lors d’un binage, avec un semoir sur la bineuse, ou hors binage, avec un semoir à petites graines ou un épandeur d’engrais.

« Un couvert semé sous maïs développe ses racines, végète jusqu’à la récolte du maïs, puis pousse en pompant l’azote, ce qui réduit le lessivage de 50 unités d'azote, précise Anne-Thérèse Bilcot. Nous le préconisons en Finistère où le maïs est récolté tard. Le couvert peut être pâturé fin décembre. Cela réduit aussi les pics de travail à l’automne. » Lors d’essais en 2023, les couverts les plus productifs ont été le RGI pur, certains RGH et les mélanges RGI-trèfle incarnat ou violet, RGI-colza et RGI-vesce velue. « Et nous conseillons du RGI non alternatif », insiste la conseillère.

Le plus souvent, le couvert est valorisé par pâturage, la fauche étant compliquée du fait de la présence des canes et parfois d’ornières. De la phytotoxicité liée à l’herbicide utilisé sur maïs est aussi possible et il est conseillé d’utiliser un herbicide foliaire plutôt que racinaire.

En Pays de la Loire, la chambre d’agriculture teste depuis deux ans l’implantation de couverts de trèfle au stade 6-10 feuilles du maïs. « La couverture du sol est un levier pour améliorer sa fertilité, souligne Mathieu Arnaudeau, conseiller agronomie. Implanter un couvert en post-récolte peut toutefois être difficile, techniquement et en temps de travail. Le semis avant récolte est une alternative. » Des semis de trèfle sous maïs à la station de La Jaillère, en Loire-Atlantique, ont donné un couvert de moins de 1 t MS/ha, avec un léger gain pour le blé à suivre, mais des contraintes pour le désherbage du maïs et une baisse de rendement de 1 t MS/ha pour celui-ci. « Le bilan économique est mitigé », estime Jérôme Labreuche.

 

Repères

L’outil web de choix des couverts d’Arvalis (https://choix-des-couverts.arvalis-infos.fr) propose des espèces à semer en pur ou en mélange selon sa rotation, la période de semis, le matériel de semis, la destruction du couvert, etc.

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