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Robot de traite et production sous appellation d’origine sont-ils compatibles ?

Sanitaire, image du produit, accès au pâturage, transmissibilité des exploitations… Les arguments pour valider, ou non, la traite robotisée en production de lait sous appellation d’origine sont nombreux.

<em class="placeholder">bâtiment ouvert sur ses quatre faces à 500 m d&#039;altitude avec robot </em>
© E. Bignon
 

Mathieu Julien, Gaec de la Tuilerie, dans le Calvados

Oui

 

 
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Mathieu Julien, Gaec de la Tuilerie, dans le Calvados. © M. Julien

Je suis producteur de lait en AOP camembert, pont-l’évêque et livarot. J’ai installé deux robots de traite il y a un an et demi, à cause de la fatigue et de l’astreinte de traite, surtout celle du soir. Le branchement se fait par le côté, il n’y a pas de contact entre les manchons et l’arrière de la vache, pour limiter les contaminations. Nous avons trois lavages de quinze minutes par jour et par robot. Les vaches sont en 100 % pâturage et sans aliment fermenté l’hiver. Pour la qualité sanitaire du lait cru, l’important, c’est que les vaches soient propres quand elles arrivent en bâtiment. Pour cela, les chemins d’accès aux pâtures sont bétonnés. Les poils des queues sont coupés, ainsi que ceux de la mamelle avec un épilateur thermique. Avec 50 vaches par stalle, traites 2,5 fois par jour, les robots ne sont pas surchargés et c’est important en lait cru pour avoir le temps d’individualiser le lavage des mamelles.

Nicolas Perrodin, Gaec du Vallon d’Epy, dans le Jura

Non

 

 
<em class="placeholder">Nicolas Perrodin, Gaec du Vallon d’Epy, dans le Jura</em>
Nicolas Perrodin, Gaec du Vallon d’Epy, dans le Jura. © N. Perrodin

La filière comté a fait le choix d’interdire le robot de traite dans son cahier des charges. L’utilisation du robot de traite, dans bon nombre de cas, risquait d’aller à l’encontre d’autres points du cahier des charges. Sur l’alimentation par exemple, le pâturage doit être maximisé à la belle saison (50 ares disponibles minimum par VL, proches du lieu de traite) et être en adéquation avec la représentation qu’ont les consommateurs de nos produits. Chez nous, les 130 hectares de SAU sont pâturables mais ils sont répartis en 35 ilots PAC. Les parcelles sont entrecoupées de fossés, de chemins, de routes, etc. La traite, obligatoirement bi-journalière et à heure régulière, est un moment privilégié fait d’observation et de relation entre l’éleveur et ses vaches. La préparation de la mamelle et le tirage des premiers jets doivent être faits manuellement. Les vaches sont limitées à 1 800 kilos de concentrés par an et la moyenne de livraison ne doit pas excéder 8 500 litres par vache. L’objectif est de maximiser le lait permis par la ration fourragère de base (pâturage, foin/regain…).

Sébastien Lombard, Gaec de la Bathie, en Isère

Oui mais

 

 
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Sébastien Lombard, Gaec de la Bathie, en Isère. © S. Lombard

Nous avons un projet d’installation de deux robots de traite. Nous produisons un million de litres de lait, sous IGP saint-marcellin. J’avais des craintes sur le passage en traite robotisée par rapport à la qualité du lait. J’ai visité des élevages en lait cru en Haute-Savoie où tout se passe bien. J’avais aussi une méconnaissance de l’outil. Avec mon frère, nous sommes rassurés par l’installation avec nous d’un de mes neveux et d’une de mes nièces qui sont plus à l’aise avec la robotique. La nouvelle génération ne fera pas comme nous, à produire du lait en salle de traite : ma nièce, qui aime pourtant traire, s’est aperçue qu’elle ne ferait pas ça toute sa vie. J’avais aussi des réticences à cause du pâturage. Dans le cahier des charges, les vaches doivent manger de l’herbe 180 jours par an. Or, chez nous, il y a des routes à traverser pour accéder aux parcelles. Nous avons donc décidé que nous allions affourager en vert une partie de l’année. Aujourd’hui, nous produisons trop pour une stalle et pas assez pour deux. Nous allons monter en production pour avoir 120 vaches à la traite toute l’année et produire 1,4 million de litres de lait.

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