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Pas si facile de mettre en place une procédure de désinfection !

Alors que tout semble fait dans les règles, on se heurte parfois à un échec. Analyse du cas d’un élevage de 150 vaches pourtant très rigoureux.

© Chene vert conseil

Dans cet élevage robotisé à plus de 10 000 kilos, les pratiques sont au top : box de vêlage nickel, colostrum contrôlé et drenché, niches individuelles jusqu’à 3 semaines, matériel de buvée nettoyé et désinfecté, dépistage des malades, mères vaccinées… Une procédure de nettoyage-double désinfection (avec un premier produit très actif sur virus et bactérie, puis un second contre les coccidies) et un vide sanitaire sont en place. Il y a malgré tout des problèmes de diarrhées néonatales en nurserie intérieure et niches extérieures depuis des années. Cryptosporidium et E. Coli non typés ont été isolés à plusieurs reprises.Tous les veaux sont atteints, mais jusqu’à récemment il y avait très peu de mortalité, moins de 5 %. L’été dernier, la situation s’est brutalement aggravée avec une forte mortalité.

La situation était sous contrôle, mais…

« Voilà ce qui arrive lorsqu’on lave plus blanc que blanc, vous dites-vous », lance Jean-Marc Héliez, vétérinaire, en s’empressant d’ajouter : « non, l’éleveur aurait eu encore plus de mortalité s’il n’avait pas mis en place toutes ces pratiques ».

Une salmonelle (S. typhimurium) a fini par être isolée et des recherches dans l’environnement (technique des ‘chiffonnettes’) ont alors été réalisées un peu partout. « On s’attendait à en trouver dans les box de vêlage, il n’y en avait pas. Par contre, on en a trouvé sur les caillebotis bois des cases à veaux qui étaient pourtant inoccupées en fin de vide sanitaire, sur le sol à l’entrée de la laiterie, là où sont posées les niches extérieures pour les veaux mâles, mais pas au niveau du matériel de buvée, du stockage des aliments, du bâtiment des vaches… »

Comment expliquer cet échec de désinfection ? « L’humidité persistante dans la nurserie, y compris pendant le vide sanitaire, était favorable à la survie des germes, mais aussi la difficulté à désinfecter des surfaces telles que le bois et les cases impossibles à démonter. Il y avait une charge microbienne autoentretenue par les diarrhées (même bégnines) présentes en continu depuis des années, explique le vétérinaire. Avec les bonnes pratiques, la situation était sous contrôle, mais le jour où un pathogène majeur est entré, ça a explosé. »

Une mesure simple a été prise : l’éleveur a acheté de nouvelles niches et les a mises dans une zone totalement saine. Des mesures de biosécurité ont été mises en place pour « sécuriser » : chaulage des abords, « bottes » pour les veaux… Aujourd’hui, la situation s’est considérablement améliorée.

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