« Notre méteil en dérobées a souffert pendant les hivers humides », dans le Calvados
Les deux derniers hivers très humides subis par le Gaec des Buttes, dans le Calvados, ont impacté le méteil et poussé les éleveurs à adapter les mélanges pour sécuriser les fourrages.
« Les deux derniers hivers ont été très humides. Cela a été une catastrophe pour le méteil que nous faisons avant maïs, évoque Mathieu Gauquelin, un des associés du Gaec des Buttes, dans le Calvados. Les rendements sont tombés à 2-3 tonnes de matière sèche ». Le sol de l’exploitation étant limoneux argileux, cette contrainte s’amplifie. Une situation qui a poussé les éleveurs à revoir les mélanges et à réduire les surfaces en méteil afin d’assurer le stock de fourrage.
Le seigle fourrager sensible aux conditions humides
Cette année, 35 hectares de dérobées ont été implantés avant les maïs. La moitié de la surface avec un méteil seigle fourrager-vesces commune et velue-trèfles incarnat, Micheli, squarrosum et ray-grass italien. Le seigle fourrager a tendance à vite épier et il n’aime pas l’humidité. « Je ne voulais pas refaire de méteil, au vu des deux dernières années, mais il me restait de la semence, confie Mathieu Gauquelin, j’ai ajouté du ray-grass pour essayer de sécuriser le résultat final. » Le rendement moyen est de 5,5 tonnes de matière sèche sur les méteils pour un taux de MAT allant de 14,5 à 18 %. « Le mélange a permis d’avoir un bon volume mais moins de légumineuses. Les parcelles où le seigle a épié tardivement présentent quand même des teneurs azotées intéressantes », constate l’éleveur.
RGI-trèfles-vesces pour sécuriser les stocks
L’autre moitié de la surface de dérobée est composée depuis cette année d’un mélange ray-grass italien-trèfles ou ray-grass italien-trèfles-vesces. Ce dernier a permis d’obtenir un rendement moyen de 6,5 tonnes de matière sèche avec des valeurs en 0,90 et 1 UF. « Ces résultats nous poussent à aller vers plus de ray-grass-vesces-trèfles, mais en priorisant les légumineuses et en réduisant le ray-grass. Il n’est présent qu’à 23 % dans notre mélange. Nous avons 100 vaches laitières et toute la suite à nourrir, cela nous permettra d’être plus sereins sur les stocks. »