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« Mettons-nous d'accord autour d'indicateurs de pilotage simples »

L’institut de l’élevage veut initier une réflexion autour d’indicateurs de pilotage des élevages laitiers communs à tous les organismes agricoles. Explications de Benoît Rubin, chef du service Economie de l’exploitation.

BENOÎT RUBIN, INSTITUT DE L’ÉLEVAGE.
« D’après notre enquête, les différences entre les critères utilisés sont plus liées aux métiers des organismes et à leurs stratégies de différenciation du conseil, qu’aux régions. »
BENOÎT RUBIN, INSTITUT DE L’ÉLEVAGE.
« D’après notre enquête, les différences entre les critères utilisés sont plus liées aux métiers des organismes et à leurs stratégies de différenciation du conseil, qu’aux régions. »
© A. Conté

Pourquoi travailler sur des indicateurs communs de pilotage des exploitations ?
Benoît Rubin - « Les éleveurs ont besoin d’indicateurs simples et pertinents qui leur parlent. Il ne s’agit pas de tout réinventer mais de parler le même langage pour être plus percutant. Contrairement aux autres pays, il existe en France une multiplicité de critères. Nous venons de réaliser une enquête auprès de 32 conseillers essentiellement de l’Ouest et l’Est (de chambres d’agriculture, d’entreprises de conseil élevage, de CER France, du BTPL, des réseaux d’élevage…).

À la question « quels sont pour vous les cinq critères les plus importants parmi ceux utilisés par votre organisme pour piloter une exploitation à moyen terme ?», 52 critères différents sont ressortis pour 32 répondants ! Pour ce qui est des cinq critères jugés les plus pertinents pour prendre des décisions à court terme, nous avons obtenu 37 critères différents ! Il est vrai qu’en France nous avons une diversité de contextes pédo-climatiques, de produits laitiers et de systèmes.

L’institut de l’élevage veut initier une réflexion autour d’indicateurs de pilotage des élevages laitiers communs à tous les organismes agricoles. Mais l’analyse des réponses montre finalement assez peu de différences entre régions. Les différences sont plus liées aux métiers des organismes (selon qu’ils sont orientés davantage vers la technique ou l’économique), à la nature des informations disponibles et… à des stratégies de différenciation de l’offre de conseil. L’enquête montre aussi la difficulté à faire ressortir dix critères par certains « répondants » qui sont plus habitués à avoir une démarche intuitive basée sur leur savoir-faire. »

La multiplicité des critères est une particularité française, dites-vous ?
B. R. - « Oui. Dans les autres grands bassins laitiers, les approches sont souvent inversées : les critères financiers sont abordés avant les critères techniques avec une « culture du cash-flow » (capacité d’autofinancement). Et les critères techniques semblent moins nombreux. Les exploitations néo-zélandaises par exemple se basent toutes sur six indicateurs : la matière utile/ha, la capacité d’autofinancement/ kg de matière utile, le bénéfice d’exploitation/kg de matière utile, la marge brute/produit, le revenu/ actif au bilan, la dette/actif. Leur approche ressemble davantage à celle qui existe dans les entreprises d’autres secteurs.

L’exemple de la société Manitou, que nous avons étudié, est très instructif. Cette entreprise, qui utilise le cash-flow comme indicateur global, a construit un plan d’amélioration. Elle a imaginé des leviers techniques pour progresser (gestion des capacités de la chaîne, diff érenciations par rapport aux concurrents…), et a pointé des indicateurs techniques de résultat partagés par les 1 600 salarié.

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