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Management en élevage laitier : « Donner des consignes claires, simples et précises »

Un bon passage de consignes est un préalable essentiel à une tâche bien réalisée. En effet, chacun n’a pas les mêmes représentations d’une même tâche et des incompréhensions peuvent mener à des oublis ou des erreurs. Quelques conseils pour éviter ces écueils.

<em class="placeholder">Eleveur donnant les instructions à son salarié. Agriculteur employeur. Transmission des consignes. Discussion. Explication des tâches à accomplir. Emploi en élevage ...</em>
il est intéressant de réaliser la tâche au moins une fois avec son salarié, afin de lui transmettre des repères.
© J. Nanteuil

« Lors du premier passage de consignes, je conseille toujours aux éleveurs de demander à leurs salariés s’ils savent effectuer la tâche, et comment ils font, expose Sophie Bidet, conseillère à la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire. Cela permet de valoriser les compétences de chacun, mais aussi de rebondir sur comment l’employeur aimerait que la tâche soit faite et pourquoi. En effet, la personne a peut-être des habitudes et des gestes qui ne sont pas ce que l’éleveur attend sur sa ferme ». Savoir l’objectif de tel ou tel geste peut aider les salariés à adopter la façon de faire de l’éleveur, même s’ils avaient d’autres habitudes auparavant.

Faire reformuler les consignes aux salariés et leur demander par quoi ils vont commencer est également une bonne idée pour « pallier les trous dans la raquette », selon Véronique Manche, conseillère à la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire. « Je me souviens d’un salarié, qui travaillait pourtant dans la ferme depuis vingt ans, qui avait semé 40 ha en tournesol au lieu d’en maïs, ce qui posait un problème pour le système fourrager, raconte Sophie Bidet. L’éleveur avait passé la consigne pendant la traite, avec des génisses agitées. Ils ne s’étaient pas compris. Peut-être qu’en reformulant, ils auraient vu que quelque chose ne collait pas ».

Donner des repères sur les attendus

« Certains salariés n’oseront pas poser de questions, alors il vaut mieux être le plus clair et précis possible d’emblée, et utiliser un vocabulaire simple, adapté aux compétences et à l’expérience de chacun », ajoute Anne Schoug, du BTPL. Elle conseille également de donner des repères sur ce qu’est une tâche bien réalisée : « est-ce qu’une aire bien paillée c’est 1,5 bottes ou 3 bottes de paille ? Qu’est-ce qu’on entend par un silo propre ? Ce n’est pas évident pour tout le monde. On peut aussi donner des repères sur le temps qu’est censé prendre une tâche, pour que le salarié sache s’il va trop ou pas assez vite, et qu’il puisse revenir vers son employeur pour avoir des conseils le cas échéant ».

Ainsi, il est intéressant de réaliser la tâche au moins une fois avec son salarié, afin qu’il puisse voir comment elle s’effectue et le résultat attendu. Cela permet aussi à l’employeur de voir comment s’y prend le salarié, et de lui faire des retours. « On oublie trop souvent les retours, déplore Sophie Bidet, pourtant c’est important pour s’améliorer. Il faut insister sur les raisons pour lesquelles on estime que la tâche est bien ou moins bien faite, afin que la personne sache ce qui était important ». Faire des retours lorsque la tâche est bien réalisée marque d’ailleurs une forme de reconnaissance.

Et la place de l’écrit dans tout ça ?

« En agriculture, il y a une forte tradition de l’oral, et cela ne fonctionne pas si mal, estime Véronique Manche. Toutefois, l’écrit vient compléter l’oral et peut être très utile dans certains cas car il permet de s’y référer même en l’absence de l’employeur ». Pour les rations, les vaches à problèmes à la traite ou encore l’utilisation d’un outil, l’écrit peut s’avérer intéressant. « Il n’y a pas forcément besoin de protocoles avec de grandes phrases, des photos peuvent parfois suffire », ajoute Sophie Bidet. L’important est de savoir quelle tâche sur la ferme pourrait bénéficier d’une procédure écrite et où mettre cet écrit pour qu’il serve. « Par exemple, si pour une tâche l’éleveur répète toujours les mêmes choses, qu’il voit toujours les mêmes erreurs, cela peut être utile de faire une procédure écrite. Mais il faut prioriser là où c’est important car trop d’écrit noie l’écrit », estime Véronique Manche.

« L’accueil d’un stagiaire ou d’un apprenti peut être un bon moment pour formaliser des procédures, remarque Anne Schoug. L’éleveur peut expliquer la tâche à faire, et demander au stagiaire ce qu’il en a compris. De là, ils peuvent construire la procédure ensemble. L’intérêt d’écrire des procédures, ou de faire des photos voire des vidéos si c’est pertinent, pour l’utilisation d’un outil par exemple, c’est que l’éleveur ne repart pas à zéro lorsqu’il change de salarié ».

A retenir

« Si cela rassure le salarié d’avoir un écrit ou des vocaux pour s’y référer, ou de vous appeler pour échanger avant une tâche, il faut faire l’effort de s’adapter. De même, si cela vous rassure d’avoir un retour ou une photo lorsque vous déléguez une tâche, vous pouvez le demander », estime Sophie Bidet.

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