Aller au contenu principal

Maïs fourrage et sécheresse : adapter son chantier d'ensilage

Les chantiers d’ensilage ont commencé. Certains ont été impactés par les épisodes de sécheresse. Des précautions sont à prendre lors de la confection de ces silos. 

<em class="placeholder">Ensilage de maïs, silo, tassage</em>
Pour des maïs secs, dont la teneur en matière sèche dépasse 35 à 40%, les silos peuvent être difficiles à confectionner, et notamment à tasser.
© L. Vimond

Dans l’idéal, il faudrait ensiler les maïs autour de 32% de matière sèche plante entière. « C'est le meilleur compromis entre le rendement, la valeur alimentaire et les conditions de conservation au silo », estiment Anne-Sophie Colart et Silvère Gelineau, ingénieurs fourrages chez Arvalis.

Mais lorsque les parcelles ont souffert du stress hydrique, cet objectif peut se questionner. « Il faut que les plantes soient « ensilables », c'est-à-dire à un taux de matière sèche qui permet la conservation, avec des feuilles encore vertes pour faciliter le tassement et le processus d’acidification », indiquent les ingénieurs d’Arvalis.

Attention à la teneur en matière sèche

De nombreuses feuilles desséchées ne signifient pas pour autant une matière sèche plante entière importante. « À l’approche de la « maturité fourrage », c’est l’évolution du remplissage du grain qui entraîne l’élévation de la teneur en MS de la plante entière. Même avec 75 % de feuilles desséchées, la teneur de la fraction « tiges + feuilles » n’excède pas 31-33 % MS. », expliquent les ingénieurs d’Arvalis.

Il convient alors de prendre des précautions lors du chantier d’ensilage, en commençant par estimer la teneur en matière sèche, lors du dépôt de la première benne issue du cœur de la parcelle.

Des silos plus difficiles à tasser

Lors du chantier, il faudra commencer par récolter la parcelle la plus avancée en matière sèche, pour placer le fourrage sec en bas du silo. « Cela permet à la fois de mieux le tasser s’il dépasse 40 % MS, en le lestant de fourrages plus humides et de récupérer les jus des fourrages plus humides grâce à cette base sèche, limitant les pertes de nutriments », indiquent Anne-Sophie Colart et Silvère Gelineau.

Pour des maïs secs, dont la teneur en MS dépasse 35 à 40%, les silos peuvent être difficiles à confectionner, et notamment à tasser. Arvalis propose plusieurs leviers pour limiter ce problème :

  • Hacher finement, autour de 8 à 10 mm.
  • Etaler et tasser des couches fines, de 10 à 15 cm maximum.
  • Réduire la taille du front d’attaque : opter pour une largeur ou une hauteur plus faible permet d’accélérer l’avancement quotidien à l’ouverture et de limiter les échauffements.
  • Lester de façon continue les bords entre les bâches latérales et la bâche de couverture.
  • Plaquer la bâche de couverture au maximum sur un silo régulier.
  • Limiter la circulation d’air dans la longueur par des charges régulières et des lignes transversales continues.

En complément de ces pratiques, utiliser comme additif un mélange de bactéries lactiques (homo- et hétéro-fermentaires), éventuellement associé à des enzymes pour libérer les sucres solubles, peut s’avérer utile, selon l'institut technique.

Estimer la qualité

Enfin, pour estimer la qualité du maïs fourrage en conditions de stress hydrique, Arvalis conseille de constituer un échantillon représentatif du silo. Pour cela, il est préconisé de prélever quelques poignées de fourrage dans chaque benne, les stocker à l’ombre, puis les mélanger à la fin du chantier. Ensuite, remplir un sac plastique de 1 à 1,5l en chassant l’air, le mettre au congélateur puis l’envoyer congelé pour analyse, en évitant les envois de fin de semaine pour garantir un traitement rapide par le laboratoire.

Les plus lus

<em class="placeholder">ragondin</em>
Avortement de génisse au pré : quand les ragondins entrent dans l’enquête
Chez les bovins, la leptospirose cause des troubles de la reproduction, notamment des avortements dans la seconde moitié de…
<em class="placeholder">David Cartron dans une parcelle de maïs impactée par la sécheresse</em>
Sécheresse : « La priorité, c’est de trouver du maïs et de préparer les stocks 2027 », en Vendée

En Vendée, la sécheresse et les périodes de canicule ont fortement impacté la constitution des stocks de fourrage. Pour tenir,…

Deux cas d'orthobunyavirus formellement détectés en Normandie

Jusqu'à présent principalement identifié dans l'Est de la France ainsi qu'en Suisse et en Allemagne, l'orthobunyavirus vient d…

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

<em class="placeholder">Les quatre associés du Gaec de la Verne dans la stabulation</em>
Dérobées : « Avec l’association ray-grass et légumineuses couplée aux méteils, nos silos d’herbe sont remplis pour toute l’année dès le printemps », en Saône-et-Loire

Le Gaec de la Verne, en Saône-et-Loire, récolte depuis vingt ans des dérobées avant maïs pour sécuriser le stock d’herbe. Des…

<em class="placeholder">De gauche à droite : Florian et Stéphanie Morel avec Emmanuelle et Ludovic Billard.</em>
Congés : « Nous nous aidons entre éleveurs voisins et nous dégageons un week-end sur deux de repos et au moins quinze jours de vacances par an » dans les Côtes-d’Armor
Dans les Côtes-d’Armor, Emmanuelle, Stéphanie, Florian et Ludovic s’entraident entre leurs deux fermes pour pouvoir se dégager un…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière