Aller au contenu principal

L’utilisation systématique des antiparasitaires est à proscrire

La lutte contre les résistances et la préservation de l’efficacité des traitements ont été au coeur des journées 2015 des Groupements techniques vétérinaires.

L’impact sur la santé et la production des strongles digestifs peut être très variable entre saisons, entre troupeaux, entre lots et entre individus.
L’impact sur la santé et la production des strongles digestifs peut être très variable entre saisons, entre troupeaux, entre lots et entre individus.
© A. Conté

Les éleveurs et vétérinaires qui utilisent de façon systématique et répétée des antiparasitaires contre les strongles gastro-intestinaux doivent revoir leurs pratiques. Ce message a été martelé tout au long des journées des GTV qui se sont déroulées du 20 au 22 mai dernier à Nantes. En jeu, l’efficacité de ces traitements sur le long terme. Chez les ovins, la résistance des strongles gastro-intestinaux est démontrée depuis longtemps pour toutes les familles d’anthelminthiques (benzimidazoles, lévamisole et lactones macrocycliques) pour les trois espèces de parasites dominantes. Elle met même en péril en Océanie les productions ovines fondées sur le pâturage. En bovins, depuis plusieurs années, des résistances sont constatées ou fortement suspectées dans de nombreuses régions du monde, principalement sur Cooperia (un strongle digestif). « Elles posent déjà des problèmes en Nouvelle-Zélande, et les rapports actuels de résistance sur les bovins en Australie sont tout à fait alarmants », affirme David Homer, de Merial.

Des résistances en élevages bovins laitiers en France

En France, pour les bovins laitiers, une seule étude sur les résistances aux antiparasitaires(1) a été menée. Elle a été conduite en 2013 sur huit élevages de Loire-Atlantique pris au hasard. Des coproscopies ont été réalisées sur les lots de génisses. Sur les huit exploitations, quatre présentaient des résistances sur Cooperia à l’ivermectine et à la moxidectine. Une enquête analogue(1) a été menée en Italie, en Grande-Bretagne et en Allemagne ; les résultats sont comparables. « Cooperia n’est pas un parasite à expression clinique très forte : c’est un parasite assez peu pathogène. Les éleveurs n’avaient rien vu, commente Christophe Chartier, Oniris-Nantes. Je suis persuadé qu’il existe des résistances à Cooperia en France. Et que la résistance va aussi s’exercer sur Ostertagia (autre strongle digestif).»

Conserver une population refuge de parasites

« Lorsque les résistances sont détectées, la proportion de parasites résistants est telle qu’il est souvent déjà trop tard pour espérer une dilution des allèles de résistance et le retour à une population sensible, souligne Nadine Ravinet, Institut de l’élevage Oniris-Nantes. La prévention de l’apparition de résistances doit donc faire d’emblée partie intégrante des méthodes de lutte contre les strongyloses gastro-intestinales. » Les stratégies de traitement ciblé sélectif, autorisant la conservation d’une population refuge de parasites sont à la base de cette prévention.

La lutte est trop souvent basée sur l’utilisation systématique des antiparasitaires à des dates standard.  Or« le risque parasitaire n’est constitué que lorsque des animaux sensibles se trouvent confrontés à des pressions de contamination élevées », rappelle Alain Chauvin, de Oniris-Nantes. Des outils permettent d’identifier ce risque et ainsi de mieux cibler les traitements. Comme Parasit’info, développé par les GDS, qui permet de simuler l’impact du traitement en intégrant la conduite du pâturage (réelle ou préenregistrée), avec une mise à jour régulière des données météorologiques locales. « Ces outils sont prudents : quand ils disent qu’il n’y a pas de risque, c’est qu’il n’y en a pas. » Parasit'info permet de réduire de moitié le nombre de traitements par rapport aux pratiques. C'est en tout cas ce qu'a montré un test mené dans 44 exploitations laitières, si l'on applique la stratégie de traitement minimale optimale proposée par l'outil.

Les plus lus

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

vaches laitières au pâturage dans une prairie permanente du Grand Est
PAC et prairie permanente : quelles sont les règles de retournement ?

Dans quel cas un agriculteur peut-il retourner une prairie permanente ? En France, la conditionnalité de la PAC impose un…

Une prairie temporaire en Isère, avec de la chicorée
Sécheresse : « Même si les prairies grillées commencent à reverdir, ne redémarrez pas trop tôt le pâturage »

A partir de quand peut-on remettre des vaches au pâturage après des mois de chaleur et de sécheresse qui ont grillé les…

<em class="placeholder">RGI et colza fourrager pâturés à la ferme de Trévarez dans le Finistère</em>
Sécheresse : que semer pour refaire du stock de fourrage rapidement ? 

Face à des stocks qui diminuent, des prairies qui peinent à reverdir et pousser, et un début de mois de septembre encore peu…

<em class="placeholder">Cet été, malgré la sécheresse, les vaches ont continué de recevoir quotidiennement 3 kilos de matière sèche de fourrage vert.</em>
« Je cultive de l’orge hydroponique pour apporter du vert toute l’année à mes vaches », dans le Jura

Le Gaec des Champs Matin dans le Jura expérimente la production et la distribution en vert d’orge hydroponique, cultivé hors…

vaches laitières avec broc et verre de lait, une courbe et l'indication "baromètre du prix du lait"
Prix du lait : quelle évolution par laiterie ?

Reussir Lait publie chaque mois un baromètre des prix de base pour un lait avec 38 g de matière grasse et 32 g de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière