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Valorisation des protéines de la ration
L’intérêt des tanins de châtaignier à confirmer

Les tanins de châtaignier connaissent un regain d’intérêt. Ils ne semblent pas dénués d’effets. Mais, les preuves scientifiques de leur efficacité manquent.

SI L’EFFET TANNAGE DES TANINS N’EST PAS
PROBANT, ces derniers semblent avoir
une certaine efficacité dans des
rations riches en azote soluble.
SI L’EFFET TANNAGE DES TANINS N’EST PAS
PROBANT, ces derniers semblent avoir
une certaine efficacité dans des
rations riches en azote soluble.
© B. Griffoul

Les tanins de châtaignier ont-ils un intérêt dans l’alimentation des vaches laitières ? Voilà une question à laquelle nombre d’éleveurs et de techniciens aimeraient avoir une réponse claire, nette et précise. Jean- Jacques Beauchamp, responsable du service élevage à la chambre d’agriculture de Calvados résume le sentiment assez général qui prévaut dans les services techniques (il s’exprime au nom du groupe alimentation de Normandie) : « Nous n’avons rien contre les tanins de châtaignier mais nous manquons d’éléments tangibles, en matières de valeurs alimentaires et d’utilisation digestive, pour raisonner le conseil de ration. Il y a sans doute un effet mais on ne peut pas le quantifier. » Les tanins de châtaignier hydrolysables, issus de l’industrie du bois, sont généralement vendus en mélange dans des correcteurs azotés, souvent présentés comme tannés.

Le tannage par les tanins n’est pas probant

Face à ces interrogations, l’Inra de Rennes a conduit un essai, à la demande de France Contrôle Laitier, pour évaluer l’efficacité de ce supposé « tannage » par les tanins de châtaignier. L’Inra a réalisé des mesures de dégradabilité de l’azote sur deux correcteurs azotés avec la méthode officielle utilisée pour tous les aliments figurant dans la table des valeurs alimentaires (méthode des sachets positionnés dans le rumen via une canule). « Nous avons obtenu une dégradabilité théorique de 0,65 à 0,69, conforme à la dégradabilité des produits non traités, alors que pour les produits tannés au formol, elle se situe entre 0,30 et 0,35 », explique Luc Delaby, chercheur. Mais, ajoute-t-il : « Si la méthode que nous avons utilisée révèle que le tannage par les tanins n’est pas probant, elle ne contredit en rien l’idée que ces tanins pourraient modifier la flore microbienne. Mais, il est urgent d’objectiver cette hypothèse. » Seuls, des essais grandeur nature, sur des lots de vaches laitières, en comparant ces tourteaux additionnés de tanins à des produits connus, permettraient de juger réellement de leur efficacité.

Des éleveurs l’ajoutent au silo d’herbe ou dans la ration

Mais, revenons au terrain. Dans la Loire, quelque 200 éleveurs utilisent des tanins de châtaignier qu’ils ajoutent eux-mêmes, soit à l’ensilage d’herbe quand ils confectionnent le silo, soit directement dans la ration des vaches. Il s’agit en fait d’un produit homologué comme conservateur d’ensilage (Protensil). « Les effets les plus spectaculaires s’observent sur des rations riches en ensilage d’herbe, enrubannage ou au pâturage. Les animaux font des bouses beaucoup plus fermes et on retrouve souvent une augmentation du TP, affirme Yves Alligier, du Contrôle laitier de la Loire. Sur des prairies riches en légumineuses, le produit réduit les risques de météorisation. Mais, il ne marche que sur des rations suffisamment pourvus en azote soluble. »

Intéressant dans des rations riches en azote soluble

« Il n’existe pas de méthode officielle pour évaluer avec précision, l’action sur la valeur alimentaire des fourrages ou des aliments pour ruminants, des tanins et du Protensil en particulier », reconnaît la société Caribou, qui fabrique le produit. Un essai avec ce produit est en cours sur le troupeau laitier d’un lycée agricole de Saône-et-Loire. A suivre.

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