« Je passe mes vaches laitières en monotraite l’été pour mieux passer les coups de chaud », dans les Côtes d’Armor
Installé en bio dans les Côtes d’Armor, Ludovic André a opté pour la monotraite de mi juin à fin août, avec des vêlages groupés à l’automne, pour mieux adapter son système herbager aux épisodes secs et aux coups de chaud. Un choix qu’il apprécie aussi en termes de qualité de vie.
« Je suis installé sur une zone très sèche qui ne reçoit que 500 à 600 mm de pluviométrie par an. Les étés sont compliqués d’un point de vue fourrager et cela ne va pas en s’améliorant avec le changement climatique », brosse Ludovic André, installé depuis 2013 avec 45 vaches à 5 500 litres à Erquy, dans les Côtes d’Armor à l’ouest de la côte d’Emeraude.
Sur cet élevage herbager en bio, comptant principalement des prairies permanentes sur sa SAU de 60 hectares, les vaches pâturent 10 mois par an. « Le problème, c’est que nous subissons des épisodes de chaleur de plus en plus nombreux et intenses. Le premier coup de chaud de l’été marque un coup d’arrêt de la pousse. Mais s’il dure ou qu’un deuxième intervient dans la foulée, la prairie devient un vrai paillasson. Ce n’est pas tenable de laisser les vaches dessus au risque qu’elle s’abime davantage encore. »
Des vêlages groupés en septembre et octobre
C’est pourquoi, Ludovic a choisi de modifier son système en groupant les vêlages à l’automne et en passant à la monotraite de mi juin à fin août. « Les vaches se trouvent toutes en fin de lactation à cette période, avec des besoins réduits, poursuit l’éleveur. Je peux les mettre à pâturer dans un pré bas le long d’un ruisseau, difficilement exploitable avant la mi juin. Je laisse pousser l’herbe comme pour faire du foin et les vaches nettoient ces prairies pendant le tarissement. »
Ce choix de conduite d’élevage est intervenu en 2020. « Je commence à avoir un peu de recul, apprécie Ludovic. Mais cela m’a pris 4 ans pour parvenir à recentrer les vêlages tel que je le souhaitais entre septembre et octobre. » L’éleveur ne souhaite pas forcément aller jusqu’à fermer la salle de traite l’été. « Ce n’est pas un objectif en soi. En tout cas, je n’ai pas la volonté de réformer des animaux parce qu’ils ne sont pas dans le cycle, précise-t-il. Déjà en travaillant comme je fais, c’est le jour et la nuit en termes de travail ! Je revis complètement. Je n’ai plus le poids de l’astreinte du soir pendant 2 mois et demi, c’est régénérant ! »
Se ressourcer en période estivale
Père de trois enfants, Ludovic apprécie particulièrement cette période où il peut souffler et relâcher un peu la pression. « C’est un vrai plus lorsque l’on travaille seul sur l’exploitation. Je ne reviendrai pas en arrière », assure-t-il. En plus, cette organisation facilite beaucoup le remplacement. « Je n’ai plus de difficulté à trouver des candidats pour venir travailler cinq heures par jour en été. » D’autant que le travail à ce moment comporte moins d’enjeux : il n’y a pas d’insémination, pas de vêlages, pas de décision stratégique pour opérer des changements de paddocks… Ludovic parvient à s’octroyer une semaine de vacances à cette période alors que cela n’était pas évident en vêlages étalés. « Désormais quand arrive le mois de septembre, c’est la rentrée pour mes enfants, mais pour moi aussi !, conclut Ludovic, un sourire au coin des lèvres. Je me sens reposé et d’attaque, prêt à encaisser les 40 vêlages à venir sur deux mois. »
Un travail plus rythmé
« Travailler en vêlages groupés me permet également d’avoir une meilleure efficacité dans mon travail quotidien, en rythmant davantage les tâches à effectuer sur des périodes précises : surveillance des vêlages, des chaleurs, soins et buvées des veaux, etc., considère Ludovic André. Et j’apprécie de pouvoir organiser mes journées selon cette organisation. »
Biblio
Pour en savoir plus, retrouvez le dossier technique complet du Cedapa intitulé Les vêlages d’automne, s’adapter à la pousse de l’herbe en contexte séchant