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« J’ai modernisé mon bâtiment et réduit ma production laitière pour gérer seul ma ferme », en Loire-Atlantique

Alexandre Caillon a rapidement intégré la traite robotisée pour augmenter sa moyenne à 36 kg par vache et mieux lisser sa charge de travail.

« À l’approche de la retraite de mes parents avec lesquels j’étais associé, je ne me voyais pas poursuivre avec une organisation et une charge de travail qui impactaient trop ma vie de famille, retrace Alexandre Caillon, éleveur à Campbon en Loire-Atlantique. Après avoir tenté de vendre la ferme, j’ai finalement décidé de me lancer seul dans l’aventure en conservant uniquement notre salarié et un apprenti, vu que mon père reste quand même très présent pour les cultures et le parage des vaches. »

C’est ainsi qu’en 2023, le jeune éleveur réduit drastiquement l’effectif de son troupeau de Prim’Holstein, qui passe progressivement de 110 à 65 vaches à la traite. « C’était la solution pour robotiser la traite à moindre coût et réduire la charge de travail. » Il entreprend ainsi de gros travaux pour réaménager son bâtiment en abandonnant sa salle de traite TPA 2×6 au profit d’un robot de traite. « Cela nous a pris quatre mois avant la mise en route en novembre 2023. Nous avons réalisé la majorité des travaux nous-mêmes, y compris la maçonnerie. »

Des logettes remplacées par le robot de traite

La stabulation qui datait de 1998 comportait deux rangées de logettes paillées, bordées de couloirs recouverts de tapis nettoyés par des racleurs. « Les tapis avaient été usés par les racleurs, qui se mettaient régulièrement en travers, et c’était devenu une source de pannes. » Une douzaine de logettes ont été démontées et une fosse a été creusée pour implanter le robot de traite.

 

 
<em class="placeholder">La porte de tri en sortie de robot guide les vaches dans trois directions.</em>
La porte de tri en sortie de robot guide les vaches dans trois directions. © M. Portier

« Cette configuration nous permet d’intervenir plus facilement sur les vaches, notamment pour les traitements ou pour brancher manuellement les génisses », précise Alexandre Caillon. À la sortie de l’automate, une porte de tri oriente les vaches dans trois directions. À droite, elles accèdent à la zone principale qui comporte 62 logettes et 60 cornadis. Au centre, une portion de couloir délimitée par deux barrières dirige les vaches vers cinq cornadis où sont isolées celles en chaleurs ou à inséminer. Enfin, la sortie à gauche donne accès à 10 places de logettes et 13 cornadis, un espace réservé aux fraîches vêlées et aux vaches en fin de lactation.

Tapis drainant et robot aspirateur

 

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Intercalés tous les deux cornadis, les séparateurs limitent la compétition et la circulation des vaches sur la marche d'alimentation. © M. Portier

Suite à l’abandon des racleurs, Alexandre Caillon est passé en système lisier : les logettes ne sont plus paillées avec l’adoption de matelas à eau. « Chaque matin, on les balaie et on les recouvre de sciure, qui est stockée entre les deux rangées de logettes. On repasse le soir pour enlever les bouses et égaliser la sciure. C’est moins contraignant que le paillage et le confort des vaches est amélioré grâce aux matelas. Pour gagner en efficacité, je prévois de m’équiper d’une balayeuse de logettes », observe l’éleveur.

Les deux couloirs et l’aire devant le robot sont désormais raclés par un robot aspirateur. « Pour que le robot passe bien partout, j’ai supprimé toutes les marches qu’il y avait dans le bâtiment. Par contre, j’en ai recréé une devant les cornadis en ajoutant des modules en plastique sur lesquels on a refixé nos anciens tapis. Cette marche n’est jamais sale grâce à l’ajout de séparateurs toutes les deux logettes, qui évitent la circulation des vaches sur cette zone et limitent la compétition à l’auge. Dernier avantage, cette marche d’alimentation réduit la surface de raclage et simplifie le passage du robot quand les vaches sont aux cornadis », expose Alexandre Caillon.

Deux parages par lactation

Convaincu de l’intérêt des tapis sur les couloirs et aires d’exercice, il a opté cette fois-ci pour des tapis drainants. « Il y a un réel gain en termes d’humidité, et comme le robot aspirateur passe très régulièrement, les tapis sont toujours propres. Depuis leur installation, je n’ai plus une seule vache blessée. Et contrairement à mes anciens racleurs, le robot aspirateur ne fait jamais défaut. En plus, il n’use pas les tapis et lui-même s’use moins vite sur les tapis ! » Revers de la médaille, le revêtement n’est pas assez abrasif pour les sabots des vaches. « On réalise désormais deux parages, à 100 jours et en fin de lactation », reconnaît l’éleveur.

La fumière transformée en fosse à lisier

 

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La nouvelle fosse à lisier a pris la place d'une grande partie de la fumière couverte. Une rampe permet au robot aspirateur d'y déverser directement le lisier. © M. Portier

La gestion du lisier impose une réorganisation du stockage des effluents. Implantée dans le prolongement de la stabulation sous une toiture photovoltaïque qui date de 2013, la fosse à lisier d’origine est conservée, tandis qu’une seconde fosse a été créée en amont, à la place de l’ancienne fumière. « La nouvelle fosse est en contrebas du bâtiment, le robot aspirateur vient déverser le lisier directement grâce à une rampe suspendue. On a aussi conservé un espace pour stocker le fumier issu de l’aire paillée située dans l’extension du bâtiment construite en 2011 de l’autre côté du couloir d’alimentation. Elle abrite les génisses à partir de huit mois, les prépa vêlage et les taries. » Cette nouvelle gestion des effluents s’est soldée par un lisier plus homogène et un fumier plus dense, qui facilite leur épandage.

Pour rassembler tous les animaux sous le même toit, Alexandre Caillon devra encore aménager l’espace libéré par la salle de traite et le parc d’attente pour y créer une nurserie « Actuellement, je transfère les veaux dans un autre bâtiment quand ils ont atteint 28 jours, pour les ramener sur l’aire paillée à huit mois », précise-t-il.

Fiche élevage

150 ha de SAU 

65 Prim’Holstein

750 000 litres visés

Côté éco

356 000 euros d’investissement dont :

170 000 euros pour le robot de traite avec les différentes options (comptage cellulaire, tank tampon pré-refroisseur, porte de tri…)

58 000 pour les sols et les logettes

44 000 euros de maçonnerie

32 000 euros pour le robot aspirateur de lisier

25 500 d’aménagements (électricité, plomberie, génératrice, vis sans fin…)

13 500 euros pour le traitement de l’eau

8 000 euros d’ossature bois pour le bureau et la mezzanine du robot

5 000 euros de barrières

Moins d'asteinte et un robot bien valorisé 

Alexandre Caillon a rapidement intégré la traite robotisée pour augmenter sa moyenne à 36 kg par vache et mieux lisser sa charge de travail.

 

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L'espace libéré par le démontage d'un douzaine de logettes a permis d'accueillir le robot de traite et de créer une zone de circulation. © M. Portier

« Je me suis fixé un objectif de production de 750 000 litres vendus alors que ma référence était de 1,074 million. En me séparant de beaucoup de génisses, j’ai eu un creux de production les premiers mois. Mais une fois revenu à un rythme de renouvellement normal, j’ai pu valoriser la traite au robot pour atteindre une production moyenne de 36 kg, alors qu’elle se situait entre 33 et 34 kg dans l’ancien système », expose Alexandre Caillon.

La phase d’apprentissage du robot a été rapide et l’éleveur affirme être très rarement dérangé par les alertes : « Ce sont davantage les microcoupures du réseau électrique qui perturbent le bon fonctionnement du robot. Je vais d’ailleurs devoir investir dans un onduleur pour y remédier. » L’automate affiche une fréquentation moyenne de 2,7 traites par jour et un taux d’occupation de 92 %, pour une production journalière de 2 400 L.

Deux fois moins de temps à l’affouragement

Le passage au robot n’a pas chamboulé l’alimentation du troupeau. « Comme il y avait déjà un Dac, je complémente désormais un peu plus au robot avec du correcteur, de la VL, de la méthionine et du propylène, et j’ai dilué la ration de base mélangée. » La baisse d’effectif et l’alimentation au robot ont aussi permis à Alexandre Caillon de gagner une demi-heure à l’affouragement en vert. « Je ne fais plus qu’une seule remorque au lieu de deux. » L’éleveur a ainsi joué sur tous les plans pour absorber la réduction de main-d’œuvre sur l’élevage, tout en obtenant plus de souplesse dans son temps de travail. « Mon salarié est désormais plus autonome grâce au système mis en place : je peux m’absenter et prendre des week-ends avec l’esprit tranquille. J’arrive même à aller chercher mes enfants à l’école deux fois par semaine ! »

Rédaction Réussir

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