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Fièvre Q : un dispositif pour évaluer la circulation de la maladie sur votre élevage

Le protocole Statelcox 2.0 permet d’évaluer la circulation de "Coxiella burnettii", responsable de la fièvre Q, dans les élevages. L’ambition est d’apporter des clés de décision aux éleveurs et de mettre en place un suivi selon les situations.

<em class="placeholder">Vache montbéliarde et son veau nouveau-né</em>
Avec le protocole Statelcox 2.0, plusieurs prélèvements sont réalisés sur le troupeau pour connaître l'état de circulation de la fièvre Q. Il peut être lancé en cas de période d’avortements répétés.
© T. Hétreau

« L’objectif est d’obtenir des données comparables entre les élevages et de pouvoir accompagner les décisions des éleveurs en cas de présence de la fièvre Q », résume Kristel Gache, directrice de GDS France, lors du dernier webinaire de l’UMT Sabre sur la fièvre Q. Cette maladie est souvent asymptomatique, mais présente dans 30 % des élevages, selon une étude réalisée en 2015. La plateforme nationale d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA) a mis en place un « outil de dépistage gradué, utilisable sur le terrain » afin de permettre aux éleveurs de connaître le degré de circulation de la bactérie Coxiella burnetii dans leur élevage, et de pouvoir agir en conséquence.

Quatre niveaux de circulation définis

Le protocole Statelcox est disponible en ligne sur le site de la plateforme de l’ESA pour préciser les prélèvements à réaliser et aider à l’interprétation des résultats. Les éleveurs peuvent contacter leur vétérinaire pour réaliser les prélèvements. Les résultats obtenus permettent de classer l’exploitation selon quatre stades de circulation représentés par une couleur : vert pour l’absence de circulation détectable, jaune pour une exposition ancienne, orange pour une circulation récente suspectée et rouge pour une circulation active détectée. Ces analyses sont combinées à un questionnaire précis pour connaître les pratiques réalisées et l’historique de l’élevage. Une fois le diagnostic posé, les groupements de défense sanitaire (GDS) peuvent apporter un appui technique sur les mesures de prévention et de maîtrise à mettre en place, en lien avec le vétérinaire.

À retenir

Les résultats du protocole permettent de prodiguer des conseils de surveillance aux éleveurs :

- Circulation récente ou active : établir avec son vétérinaire une stratégie de surveillance adaptée
- Exposition ancienne : procéder à une nouvelle recherche en cas de période d’avortements répétés
- Absence de circulation à l’instant T : rester vigilant et réaliser un dépistage en cas d’avortements répétés et d’introduction de nouveaux animaux

Le coût du protocole d’environ 200 euros

Les GDS estiment le coût de cette prestation à environ 200 euros. Elle est à la charge des éleveurs, même si des aides sont possibles en région par l’Anses ou les GDS. L’ambition avec Statelcox 2.0 est de pouvoir réaliser plusieurs protocoles dans le temps sur une exploitation pour avoir un suivi.

Cette démarche est à réaliser lorsque des changements interviennent sur le troupeau (ouverture au public, fusion de troupeaux…) ou en cas de période d’avortements répétés afin d’avoir une tendance globale de la situation sur un élevage. « Ce protocole n’a pas vocation à être une certification mais il permet de donner des garanties », conclut Kristel Gache.

Projet Metharisk : l’étude de la présence d’agents pathogènes dans les digestats

GDS France et l’Anses étudient, au travers du projet Metharisk, la présence des bactéries responsables de la fièvre Q et de la paratuberculose dans les digestats après le processus de méthanisation. Les premiers résultats issus de trois méthaniseurs étudiés montrent une détection de l’ADN des deux pathogènes dans les digestats solides et liquides ainsi que dans les fumiers. L’alimentation en continu des méthaniseurs ne permet pas de relier un digestat avec un fumier en particulier. Avec les données actuelles, peu de conclusions peuvent être établies. D’une part car les tests réalisés ne permettent pas de savoir si l’ADN provient d’une bactérie vivante ou capable de contaminer un animal. Et d’autre part car le taux de bactéries nécessaire pour provoquer une maladie n’est actuellement pas connu.

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