Aller au contenu principal

Être éleveur dans un désert laitier

Être isolé dans une région de grandes cultures pose de nombreuses difficultés : suivis technique et vétérinaire, fonctionnement des Cuma, échanges avec ses pairs…

Angeline, Thierry et Emmanuel Ciapa. Les trois associés emploient un apprenti et un salarié cinq mois par an. © Ciapa
Angeline, Thierry et Emmanuel Ciapa. Les trois associés emploient un apprenti et un salarié cinq mois par an.
© Ciapa
Ils ne sont plus que deux producteurs dans le canton. « Tous ceux qui devaient arrêter l’on fait, explique Thierry Ciapa, éleveur de 80 Prim'Holstein à Castelnau d’Arbieu, dans le Gers. Aujourd’hui, il ne reste que les producteurs qui ont envie de faire du lait. » Mais comment rester éleveur dans un désert laitier ? En 2011, le Gaec du Villge n’avait plus de suivi technique. Le département n’assurait déjà plus le service de contrôle laitier et avait fait appel aux départements voisins. Aujourd’hui, c’est une technicienne des Hautes-Pyrénées qui visite l’élevage tous les mois. Beaucoup d’inquiétude aussi pour le suivi vétérinaire, après le départ à 70 ans de l’ancien praticien. La rurale fait peu d’adepte chez les jeunes vétérinaires. « Dans notre zone, le suivi des ruminants va devenir problématique. Nous avons appris à faire beaucoup de choses. Nous avons encore besoin du vétérinaire pour les césariennes. Tout le reste, nous le faisons nous-mêmes. » Il y a quelques années, le Gaec achetait tout son renouvellement. Mais il devient de plus en plus difficile de trouver de bonnes génisses dans la région. Ils en élèvent donc de plus en plus.

Le Gaec du Village est adhérent d’une Cuma, qui ne compte plus que quatre adhérents pour l’ensilage. L’ensileuse est vieillissante et ne pourra pas être remplacée quand elle lâchera. Les ETA viennent de trop loin pour pouvoir assurer un ensilage de qualité au moment optimal. « Nous irons jusqu’au bout puis il faudra peut-être trouver une solution alternative », prévoit Thierry Ciapa. Le séchage en grange ? Trop coûteux certainement. L’enrubannage ? « On n’en a pas envie. » Une ration tout foin ? Ce sera peut-être la solution. Autre difficulté qu’on ne soupçonne pas dans les grandes régions d’élevage laitier : l’impossibilité d’avoir des discussions professionnelles avec ses pairs. Hormis l’éleveur du même canton, le plus proche est à plus de 30 km. Récemment Thierry Ciapa a accompagné un ami transporteur, à 250 km, juste pour le plaisir d’échanger avec un autre éleveur laitier bio !

Lire aussi un article plus complet sur le Gaec : "Nous avons besoin des vaches pour les cultures"

Les plus lus

<em class="placeholder">Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin</em>
Stress thermique : « Notre production laitière ne baisse quasiment plus en été grâce au douchage », dans le Bas-Rhin

Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin, installé en traite en traite robotisée, a mis en place un dispositif de douchage…

<em class="placeholder">Alexandre Ramel dans l&#039;une des  parcelles de maïs ressemée fin mai suite à des attaques de géomyze.</em>
Attaques de géomyze : « Nous avons dû ressemer 50 hectares de maïs », en Mayenne

Le Gaec Fénérie Bourigné, à La Bigottière en Mayenne, a été confronté ce printemps à des attaques sévères de géomyze, une…

<em class="placeholder">Adrien Jaouen et Nicolas Diverres, éleveurs de vaches laitières dans le Finistère</em>
« Un robot de traite, mais avec du pâturage, pour concilier temps libre et revenu dans notre exploitation laitière du Finistère »

Le Gaec de Kergouézan, dans le Finistère, mise sur un système productif aux coûts maîtrisés grâce à la qualité de ses…

<em class="placeholder">Gaëtan Palaric, éleveur dans les Côtes-d&#039;Armor devant son robot d&#039;alimentation Aura</em>
« Avec notre robot d’alimentation, nourrir 300 animaux se résume à 30 minutes de surveillance pour 9 rations différentes » dans les Côtes-d’Armor

Dans les Côtes-d’Armor, le Gaec Boscher Palaric fait partie des tout premiers élevages équipés du robot d’alimentation Kuhn…

<em class="placeholder">collecte de lait sur une ferme</em>
Début mai, la collecte de lait française confirme sa baisse par rapport à 2025
En France, la collecte de lait de vache en mars a atteint son plus haut niveau depuis cinq ans. Mais en avril et début mai, la…
<em class="placeholder">Nicolas Bazart, éleveur laitier au milieu de ses vaches en préparation au vêlage.</em>
Prépa vêlage : « Nous utilisons un capteur de phosphore pour nos vaches », dans la Meuse

Le Gaec de l’Épine dans la Meuse a modifié la conduite de ses vaches en prépa vêlage. La ration n’est plus préparée sur la…

Publicité
Titre
VENTE FLASH
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[VENTE FLASH] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière