Aller au contenu principal

En bio, la conjoncture actuelle vous incite-t-elle à revoir votre stratégie ?

Le prix du lait bio rejoint celui du conventionnel. Vous êtes en bio depuis peu ou vous avez un projet de conversion, ce contexte de baisse du prix du lait bio et les niveaux très élevés du prix des aliments remet-elle en cause votre stratégie ?

 

Nadège Douay, en cours d’installation dans le Rhône

 

 

 

NON

Ce n'est pas le prix qui fait l'éleveur bio. Bien sûr, nous sommes contents si la démarche est valorisée, mais être en bio c'est avant tout une philosophie. La volonté d'impacter au minimum notre environnement, de viser l'autonomie, de favoriser la biodiversité, de travailler pour un produit sain et respectueux de ceux qui l'ont produit, comme de ceux qui le consomment. Aujourd'hui, le prix du lait est en baisse et il faut être résilient. Il est temps d'aller plus loin que le cahier des charges AB et chercher la cohérence maximum : réduire notre dépendance énergétique, reprendre la main sur nos fermes. Arrêter la bio, ça ne me traverse même pas l'esprit !

Aurélie Chevillon, éleveuse en Vendée

 

 
En bio, la conjoncture actuelle vous incite-t-elle à revoir votre stratégie ?
© A. Chevillon

 

OUI

Ce fut une décision difficile mais nous avons décidé d'arrêter notre conversion en bio. Plusieurs raisons à cela, liées au contexte de notre installation en août dernier, mais aussi à la conjoncture actuelle. Le cours des matières premières a augmenté sans que pour autant le prix du lait bio suive cette tendance. Aujourd'hui, nous ne sommes pas encore autonomes sur notre ferme. Mais même en tablant sur une moindre consommation de concentrés achetés à l’extérieur, nous ne serons pas en mesure d'absorber ces coûts une fois en bio. L’absence de perspective incitatrice forte dans la réforme de la Pac ne nous a pas aidés non plus. Nous allons poursuivre notre orientation vers un système herbager et pâturant, mais en nous laissant plus de souplesse. Pour nous qui démarrons, le bio constitue une contrainte et une pression psychologique supplémentaire. Nous avions sous-estimé les impacts techniques, économiques et humains que cela génèrerait.

Pierre Barbe, éleveur dans les Vosges 

 

 

 

NON MAIS...

Cela pose quand même question. Je suis en conversion depuis un an. Mon lait est encore livré en conventionnel, et payé à un prix supérieur à celui du lait bio à l’heure actuelle. La conjoncture latière sera peut-être différente d’ici six mois. Il faudra voir ce que cela donne à moyen terme. J’ai repris la ferme de mes parents en remodelant le système pour viser un maximum d’autonomie avec des vaches à 5 000 kg. J’ai adhéré au bio pour valoriser ma stratégie du mieux possible et aller au bout de ma démarche, plus que par philosophie. Comme mes achats extérieurs restent assez limités, je ne serai pas durement impacté par le prix des intrants. Et quand je vois le prix de l’azote, je ne suis pas sûr que j’en aurai acheté de toute façon. Il n’y a pas grand-chose à envier en système conventionnel.

Ronan Chauvin, éleveur en Mayenne

 

 
En bio, la conjoncture actuelle vous incite-t-elle à revoir votre stratégie ?
© R. Chauvin

 

NON

Le passage au bio m’a fait remettre en cause beaucoup de choses sur l’exploitation. La conversion est totale depuis un an, et malgré le différentiel actuel entre le prix du lait bio et le conventionnel, je gagne bien plus qu’avant. L’économie de charges permises grâce au pâturage notamment, a considérablement amélioré mes résultats économiques et ma trésorerie.

Les plus lus

<em class="placeholder">Gisèle Fouvet et ses fils </em>
« Nous avons quitté Biolait à cause de leur prix du lait, et avons pu trouver une nouvelle laiterie en bio »

Le Gaec des Fayes, en Ardèche, a quitté Biolait dans la précipitation. Les éleveurs ont pu être repris par la laiterie…

Collecte du lait (à la ferme)
Prix du lait : « Ce n’est pas à la France de faire l’effort de réduire sa production de lait »

Face à un prix du lait qui décroche du fait d’une hausse de la production mondiale, au salon de l'Agriculture 2026, la FNPL…

Chargement d' un camion de pomme de terre. Tubercules de pommes de terre sur bandes transporteuses. Transport des produits agricoles
Alimentation animale : face à une surproduction en pommes de terre, une plateforme pour valoriser les excédents

Une nouvelle plateforme nationale met en relation producteurs de pommes de terre et éleveurs bovins afin de transformer des…

<em class="placeholder">Alexandre Caillon. &quot;J&#039;ai réduit la pénibilité et mieux lissé la charge de travail avec les robots.&quot;</em>
« J’ai modernisé mon bâtiment et réduit ma production laitière pour gérer seul ma ferme », en Loire-Atlantique

Alexandre Caillon a rapidement intégré la traite robotisée pour augmenter sa moyenne à 36 kg par vache et mieux lisser sa…

<em class="placeholder">site de transformation laitière en France</em>
Prix du lait : les industriels laitiers français manquent-ils de compétitivité ?

Durant un an et demi, le prix français a été largement distancé par nos voisins d’Europe du Nord. La compétitivité des…

<em class="placeholder">Al Masaf raggiunto accordo sul prezzo del latte</em>
Prix du lait : en Italie, la filière s’accorde sur un prix pour le premier trimestre 2026

Alors que le prix du lait spot a dégringolé en Italie ces derniers mois, le ministre italien a réuni les acteurs de la filière…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière