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« En AOP en Savoie, nous concilions robots de traite et cahier des charges »

En Haute-Savoie, dans la zone AOP abondance, le Gaec Le Vedellou s’est équipé de deux robots pour assurer la traite de ses 120 vaches deux fois par jour. Une stratégie payante pour réduire l’astreinte et améliorer le bien-être des animaux.

 

« En AOP en Savoie, nous concilions robots de traite et cahier des charges »

En Haute-Savoie, dans la zone AOP abondance, le Gaec Le Vedellou s’est équipé de deux robots pour assurer la traite de ses 120 vaches deux fois par jour. Une stratégie payante pour réduire l’astreinte et améliorer le bien-être des animaux.

« En prévision du départ à la retraite d’un des trois associés du Gaec, nous avions pour objectif de réduire le temps d’astreinte lié à la traite, tout en améliorant le bien-être des vaches, affiche Xavier Tissot, éleveur à Cernex en Haute-Savoie. Avec notre ancienne 1 x 12 TPA, la traite mobilisait deux personnes pendant deux heures et demie à trois heures en comptant le lavage. Les vaches piétinaient longtemps avant de se faire traire, ce qui occasionnait beaucoup de boiteries. »

Convaincus de l’intérêt de l’automatisation, la stabulation étant déjà équipée d’un robot racleur de lisier depuis 2017 et d’un repousse-fourrage depuis 2019, les associés se sont dotés en mars 2023 de deux robots de traite Lely Astronaut A5. « Le cahier des charges de l’AOP abondance n’interdit pas le robot, il impose uniquement deux traites par jour espacées d’au moins huit heures », justifie Nadia Convers, associée du Gaec. Les 120 vaches laitières abondances et montbéliardes sont ainsi triées à l’entrée du robot pour respecter cet intervalle de traite.

Deux robots pas plus chers qu’un roto

« En moyenne, elles sont refoulées deux fois dans la journée », observe Xavier Tissot. Les deux robots affichent un taux d’occupation compris entre 80 et 85 % pour une production annuelle de 800 000 litres, les montbéliardes atteignant une moyenne de 8 000 litres et les abondances de 6 300 litres. « La contrainte des deux traites ne nous permet pas de saturer les robots. Mais finalement, le potentiel de production perdu est en partie récupéré par un bon niveau des taux, 38 de TB et 34 de TP », argumente l’éleveur, qui relativise également l’investissement de 300 000 euros. « Nous avons fait la comparaison, ce n’est pas plus cher que l’achat d’un roto 24 ou 32 postes, pour lequel il aurait fallu maintenir en plus deux trayeurs. »

 

 
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Les vaches sont refoulées en moyenne deux fois par jour à l'entrée des robots. © M. Portier

L’organisation à deux traites facilite par ailleurs le respect de la contrainte de pâturage imposée par le cahier des charges de l’AOP de 150 jours par an. « La ferme dispose de 35 hectares de pâtures autour du bâtiment. Les vaches sortent de 5 h à 12 h 30 d’avril à octobre, voire novembre les belles années. Elles arrivent à prendre plus d’un repas au pâturage, tout en ayant ensuite suffisamment de temps dans le bâtiment pour passer deux fois au robot. »

Des cellules en baisse

La gestion de l’alimentation a aussi évolué avec l’arrivée des automates. « Nous avons gardé nos trois DAC, de façon à distribuer la ration de base au robot et à complémenter au DAC. Dans les deux cas, les vaches reçoivent quatre ingrédients : mélange fermier, tourteau, VL et minéraux. Le foin et le regain sont distribués une fois par jour au cornadis, puis le robot repousse-fourrage les repousse de 20 cm toutes les heures sauf de 12 à 16 h. » Le Gaec pratique en parallèle, d’août à octobre, l’affouragement avec du maïs en vert. « La double distribution individualisée nous permet d’être plus précis sur la ration réellement consommée », confirme Nadia Convers.

Les éleveurs apprécient de pouvoir accorder davantage de temps à l’observation de leur troupeau. « Les indicateurs des robots sont très précis et permettent d’agir plus en amont. Notre suivi des mammites est désormais plus efficace. Nous réalisons beaucoup moins de traitements antibiotiques depuis la mise en route des robots et notre niveau de cellules a baissé pour se stabiliser sous les 100 000 », apprécie l’éleveuse.

Fiche élevage

Gaec Le Vedellou

120 VL abondances et montbéliardes

800 000 l de lait AOP abondance

735 €/1 000 l de prix moyen du lait

3 associés et 1 apprenti

172 ha SAU, dont 140 ha de prairie (permanente et temporaire) et 33 ha de cultures (maïs et orge) en autoconsommation

2 robots de traite Lely A5

300 000 € d’investissement pour les robots (600 000 € avec l’extension du bâtiment)

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