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Comment écorner un veau sans douleur

Il est impératif de gérer la douleur liée à l'écornage, pendant l'opération mais aussi après. Autant pour le bien-être des veaux que pour leurs performances.

En plein écornage : cette génisse est couchée, immobile, et ne réagit pas à la douleur © C. Fouquet
En plein écornage : cette génisse est couchée, immobile, et ne réagit pas à la douleur
© C. Fouquet

« Bonjour, j’ai quatre veaux à écorner. Qu’est-ce que je dois leur faire ? » Pour pouvoir répondre à la question, il faut connaître plusieurs choses. D'abord, l'âge des veaux. Il détermine la technique qui va être utilisée. Ensuite, que veut l’éleveur ? Gérer la douleur des animaux ? Les tranquilliser pour agir sereinement ? Ou un produit pour écorner ? Cette question ouverte doit être l’occasion de refaire le point sur le protocole de soins « écornage » mis en place dans l’élevage.

L’âge des animaux à écorner détermine la technique mise en place. Sur des animaux de moins d’une à 2 semaines d’âge, l’écornage avec une pâte à écorner (produit caustique qui va brûler le bourgeon cornual) est possible. Attention, la méthode n’est pas sans risque pour l’éleveur - qui doit porter des gants -, pour l’animal - si le produit coule jusqu’aux yeux -, et pour les congénères - en cas de léchage ou de contact avec le gel irritant.

En l’occurrence, mes veaux sont plus vieux, autour de 1,5 à 2 mois. La seule méthode utilisable à cet âge est le brûle-corne. Cette méthode permet d’empêcher la croissance de la corne par destruction des cellules kératogènes (productrice de corne) sous l’effet de la chaleur.

Sécurité et gestion de la douleur

Pour que l’éleveur puisse agir en toute sécurité et de façon efficace, il faut que l’animal soit le plus immobile possible. Pour cela plusieurs possibilités :

- une bonne contention : effectivement intéressante, mais absolument pas suffisante ;

- une tranquillisation de l’animal : l’administration d’anesthésique peut permettre une relaxation plus ou moins importante de l’animal (depuis la position debout, tête basse, avec des réactions limitées, jusqu’à la position couchée avec un sommeil profond). La dose est déterminée de façon précise : en effet, un sous-dosage ne sera d’aucune utilité, et un surdosage peut aller jusqu’à causer la mort de l’animal. Il faudra donc connaître le poids des animaux, et également choisir une voie d’administration. La voie intramusculaire est plus simple mais le délai entre injection et tranquillisation est plus long, que pour la voie intraveineuse. Ce délai n’est pas forcément du temps perdu, c’est aussi le moment de faire chauffer le fer, et d’observer ses veaux : un nombril un peu gros, une génisse qui s’isole, des toux dans le bâtiment, une sensation de courant d’air lorsqu’on attend au milieu des animaux…

- une anesthésie locale du site d’intervention : cela permet d’insensibiliser la zone pendant un laps de temps limité, mais suffisant pour que l’animal ne manifeste aucune douleur durant l’écornage. Il faut pour cela un anesthésique local et deux petites injections sous la peau aux endroits où passent les nerfs responsables de la sensibilité de la corne.

La suite, ce n’est ni plus ni moins que l’écornage que l’éleveur a l’habitude de pratiquer. À une nuance près : la douleur ne se limite pas au temps d’intervention, elle se poursuit pendant quelques heures à jours. L’utilisation d’un anti-inflammatoire est donc fortement recommandé ; l’injection réalisée précocement prendra le « relai » de l’anesthésie locale. Enfin, après utilisation du fer, il est préférable d’appliquer un spray antiseptique et de surveiller l’absence d’infection de la plaie dans les jours suivants.

Une gestion irréprochable de la douleur lors de l’écornage n’est pas une perte de temps, ni d’argent. Il est prouvé qu’elle améliore le GMQ et la prise alimentaire entre les veaux écornés avec ou sans analgésie ! Pourquoi se priver de quelques gestes simples.

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