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En Loire-Atlantique, des cédants préparent leur transmission collectivement

En Loire-Atlantique, les cédants peuvent participer à des stages collectifs. Une initiative des Jeunes agriculteurs pour  les amener à se poser les bonnes questions et à bâtir un véritable plan d'actions.

C'est en 2017 que l'idée de mettre en place des stages collectifs pour les cédants a commencé à germer dans la tête des Jeunes agriculteurs de Loire-Atlantique. « En se basant sur le modèle des PDE collectifs, qui permettent de réfléchir ensemble aux plans de développement des futurs installés, les JA ont noté que le collectif permet d’échanger, de trouver des idées chez les autres, qu’il est très constructif, explique Céline Joly, de la chambre d’agriculture. Ils ont alors pensé au même type d’accompagnement pour les cédants, pour qu’ils puissent échanger entre eux, se motiver, se former, qu’ils soient clairs dans leur tête et deviennent acteurs de leur projet de transmission. » Des stages Projet de transmission collectif ont alors été mis en place par la chambre d’agriculture, avec les JA, Vivea pour le financement et de nombreux partenaires (Safer, banques, spécialistes du foncier, de la fiscalité, des ressources humaines…). Depuis, deux sessions par an sont organisées, avec des groupes de dix personnes maximum, soit en général cinq à huit exploitations. « Pour l’instant, les stages ne sont destinés qu’aux exploitants qui transmettent la totalité de l’exploitation, précise Céline Joly, qui anime un des groupes. L’idéal est que tous les associés y participent, pour qu’ils avancent ensemble sur le projet. »

Un vrai parcours, comme l'installation

Chaque session se déroule sur quatre jours, un jour par mois. Le premier jour est consacré à la cohésion de groupe et à un début de réflexion sur ce que représente la transmission. Puis la Safer et un juriste interviennent sur le foncier : que faire avec les propriétaires pour sécuriser le foncier ? Quand résilier les baux ? Inclut-on la maison d’habitation ?… Chaque cédant reçoit une carte de son parcellaire pour commencer à identifier ses atouts (parcellaire groupé, eau et chemin pour chaque parcelle…) et les points de blocage. « Que ce soit pour le foncier, les bâtiments ou les conditions de reprise, il est important d’être conscient de ce qui peut être un frein, pour pouvoir imaginer des améliorations, modifier son projet ou expliquer pourquoi c’est comme ça. »

Un suivi de l'avancement du projet

Le deuxième jour porte sur les attentes et profils des candidats d’aujourd’hui. Un jeune installé vient témoigner. Est présenté également l’exemple d’une transmission réussie dans un autre secteur. Et le Crédit agricole et le Crédit mutuel viennent expliquer comment ils abordent les dossiers des candidats, et pourquoi il est important de proposer le juste prix. Les cédants sont même appelés à se positionner en tant que candidats.

Le troisième jour est consacré à la fiscalité et aux différentes méthodes d’estimation de la valeur de l’entreprise. Puis un rendez-vous individuel est organisé sur l’exploitation pour faire le point sur l’avancement du projet, l’estimation de la valeur de l’entreprise, les besoins d’accompagnement…

Enfin, le dernier jour est consacré à l’accueil des candidats, avec des jeux de rôle. Un récent cédant vient témoigner. Le point d'orgue est l’établissement d’un plan d’action avec rétroplanning. « Comme l’installation, la transmission est un vrai parcours. » Six mois après, les participants se retrouvent pour parler de l’avancement de leur projet, échanger sur les questions qu’ils se posent, se remotiver.

Y penser le plus tôt possible

« Le mot clé qui ressort est l’anticipation, analyse Céline Joly. En général, les cédants viennent à 55-57 ans et veulent transmettre dans deux ou trois ans. Ils réalisent qu’ils auraient dû y penser il y a dix ans, par rapport par exemple aux comptes courants associés, ou pour rendre l’exploitation plus transmissible par certains aménagements. » L’estimation de la valeur de l’entreprise, par rapport notamment à la rentabilité possible, peut aussi être un choc, les cédants arrivant en général à évoluer pour aboutir à un prix cohérent. « Et là où les cédants apprennent le plus, ce sont sur les aspects foncier et fiscalité », souligne-t-elle. Devant l’intérêt constaté, l’idée de dupliquer le dispositif au niveau régional a été validée par les JA des Pays de la Loire. La Vendée réfléchit déjà à mettre le dispositif en place.

Avis d’éleveur : Joël Ménager, à Malville (44)

« J’ai pu mûrir mon projet »

 

 
Joël Ménager, éleveur à Malville (44) © DR

 

« J’avais prévu de transmettre mon exploitation de 85 hectares, avec vaches laitières et vaches allaitantes, en décembre 2022. Je voulais transmettre à un jeune, mais je ne savais pas ce qu’il fallait faire. J’ai suivi un stage en 2017-2018, à 55 ans, et ma femme y a aussi participé. Les interventions de la Safer, des banques, sur la fiscalité... m’ont beaucoup appris, qu’il fallait que j’aille voir chaque propriétaire, qu’il ne faut pas trop investir à la fin car on ne sait pas ce que voudra le repreneur… Nous avons vu deux cédants, qui nous ont expliqué comment ils ont procédé, un menuisier qui a transmis son entreprise à ses salariés… En groupe, on voit des cas différents et les autres posent des questions auxquelles on n’aurait pas pensé. Au final, ce stage m’a permis de mûrir mon projet, car je n’étais pas prêt. Après en avoir parlé autour de moi, j’ai reçu un jeune intéressé. Lui souhaitait s’installer en avril 2020. Je me suis donc adapté et je devrai travailler à l’extérieur pendant deux ans. Je lui ai aussi laissé le choix pour la maison et il a choisi de la prendre. »

Des vidéos pour booster les installations sur la commune

Sur la commune de Vieillevigne (44), où la production laitière est prépondérante, plusieurs éleveurs arriveront en même temps à l’âge de la retraite. Ils se sont demandé comment gérer cela pour maintenir les sites d’exploitation, conserver des actifs et faciliter la mise en relation avec des candidats. Avec la chambre d’agriculture qui les a accompagnés collectivement, ils ont testé la réalisation de courtes vidéos dans lesquelles chacun présente son exploitation et le profil de candidat recherché, ainsi qu’une vidéo présentant la commune et la vie qu’y mènent les agriculteurs. Les vidéos sont diffusées sur le site de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire et sur celui de la mairie.

À retenir

° Quatre jours de formation, un par mois
° Un rendez-vous individuel
° Un plan d'actions
° Un échange au bout de six mois sur les projets

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