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Des chemins résistants conçus avec des matériaux locaux

Calcaire, pelouse synthétique, béton... avec plusieurs centaines de vaches qui parcourent jusqu’à deux kilomètres par jour, les éleveurs investissent beaucoup dans la qualité et l’entretien de leurs chemins.

Les 450 vaches croisées de l'élevage Garrett Farm retournent paisiblement vers leur stabulation. De petit format (450 à 500 kg), elles marchent d'un pas assuré sur des pieds solides. À deux ou trois exceptions près, aucune ne boite. L'exploitation compte près de quatre kilomètres de chemin. Les 800 mètres de chemin qui séparent le bâtiment de la salle de traite ont été réalisés avec de la pierre calcaire de 20 millimètres de diamètre. Des essais avec des pierres de 40 millimètres ne se sont pas révélés concluants (blessant pour les pattes). L'éleveur a également testé et écarté la solution copeaux de bois parce qu'il y a trop d'épines dedans. « Je dois entretenir ce chemin tous les ans parce que c'est le plus emprunté par les vaches, en particulier tout l’hiver pour relier le bâtiment de couchage à la salle de traite. Il faut 1000 tonnes de pierre pour refaire les 800 mètres de chemin. La pierre coûte 18 euros la tonne. C'est cher mais moins que si j'utilisais du béton (80 000 euros) et je ne dipose pas de cailloux dans mon sous-sol », souligne Derek Garrett en réajustant sa casquette. Le soleil est en effet de retour depuis seulement deux jours. Malgré des conditions climatiques particulièrement défavorables cette année (pluies abondantes jusqu'en avril...), le chemin est resté globalement en bon état. « Nous avons juste mis un peu de mauvais foin par endroit pour éponger l'excès d'humidité. Et nous mettons du béton sur les parties des chemins qui restent à l'ombre pour éviter que l'humidité stagne à ces endroits."

Du béton sur les parties ombragées des chemins

Une des grandes particularités de cette exploitation familiale est l'investissement dans un chemin bitumé. Parallèle à celui des vaches, il est destiné aux passages du camion citerne (coopérative Omsco), des tracteurs et autre véhicules utilitaires.

Pour limiter les coûts, les éleveurs privilégient des matériaux locaux. Sur la ferme de Bisterne Estate (500 vaches), les chemins d’accès aux paddocks sont fabriqués avec un mélange à base d’argile sans pierre, de calcaires oolithiques et de graviers récupérés localement. Hallan Smith a également eu l’opportunité d’acheter des plaques de béton (2 x 2 m) à 50 euros la pièce. Certaines ont été installées à proximité de la stabulation à logettes. Il a également récupéré de la pelouse synthétique pour terrain de sport. Les mauvaises conditions climatiques de l’hiver et du début de printemps semblent cependant avoir accéléré la détérioration du tissu. L'absence de recul pose question quant à la résistance de ce matériau dans le temps.

Inflation sur le prix des traverses de chemin de fer

Suite à une mauvaise expérience avec des gravats de démolition, peu onéreux mais trop agressifs pour les pattes, Matt Boley (350 vaches croisées) a changé son fusil d'épaule. Cette année, il a lui aussi investi dans des rouleaux de pelouse synthétique. Un déchet dont la cote grandissante dans les élevages risque d'avoir un effet pervers sur son prix. « Je n'ai payé que le transport. Sinon, le rouleau de 750 kg (10 m linéaires ) coûte 45 euros et le prix risque d'augmenter parce qu'il y a de plus en plus de demande », souligne l'éleveur. Lequel étaye ses propos en citant le cas d'un éleveur écossais qui a déboursé 115 euros par rouleau. Matt Boley estime qu'en l'absence de passages de tracteurs, ce matériau peut être utilisé bien plus de trois ans. « On peut également remettre du sable dessus si nécessaire. »

Matt a également récupéré des traverses de chemin de fer en béton. « Il y a 10 ans c'était gratuit. Il fallait juste payer le transport. Aujourd'hui, la demande est telle qu'une traverse coûte 11 euros. »

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