Aller au contenu principal

De nouvelles recommandations pour la ventilation des bâtiments

Les nouvelles références de ventilation des stabulations larges et de grands volumes prévoient une modulation des ouvertures ventilantes en fonction de l’environnement et du volume du bâtiment.

Qui n’a pas entendu parler du fameux effet cheminée, grand principe de la ventilation naturelle d’un bâtiment d’élevage. « Aujourd’hui, avec des bâtiments de plus en plus larges et de plus en plus hauts, il est illusoire de vouloir ventiler un bâtiment seulement par l’effet cheminée. L’air chaud se refroidit sans atteindre le faîtage. L’effet cheminée est parfois perturbé voire inopérant », expliquait dans un récent webinaire Bertrand Fagoo, chef de projet bâtiments d’élevage à l’Institut de l’élevage (Idele).

Aujourd’hui donc, c’est l’effet vent qui est prépondérant dans la ventilation des grandes stabulations. La pression du vent sur un long pan, conjuguée à une dépression de l’autre côté provoque une circulation d’air à l’intérieur du bâtiment. Pour que ce balayage fonctionne, le bâtiment doit avoir des façades exposées aux vents les plus fréquents. Mais dans le cas de stabulations excessivement larges, l’effet vent a aussi ses limites.

Privilégier des blocs spécifiques

À cet agrandissement qui rend les bâtiments de plus en plus difficiles à ventiler, s’ajoutent des conditions très variables d’implantation et d’exposition aux vents qui compliquent la circulation de l’air. Le phénomène d’un seul vent dominant, qui prévalait autrefois, est de moins en vrai. Avec le changement climatique, les vents deviennent de plus en plus changeants. Alors comment s’y retrouver ? Idéalement, pour qu’un bâtiment fonctionne bien, il ne devrait pas être trop large. Il faudrait privilégier des blocs spécifiques, par catégories d’animaux, et les éloigner d’au moins 15 mètres voire davantage selon les situations. Et veiller à ne pas perturber l’entrée de l’air avec des annexes accolées à un long pan (salle de traite, nurserie, silo…). Mais l’idéal n’est pas toujours possible.

Des relais de ventilation en toiture

Les spécialistes de l’Idele ont concocté de nouvelles références pour dimensionner les ouvertures ventilantes des bâtiments d’élevage des ruminants, qui prennent en compte toutes ces évolutions. Les références de base pour un bipente simple restent inchangées : 0,15 m2 par ouverture et par vache produisant plus de 7 000 litres de lait, 0,08 m2 pour les génisse de 400 kg… Des coefficients permettent de moduler ces références selon de nouveaux critères : volume du bâtiment, exposition au vent, altitude.

Pour des bâtiments de grande largeur, les ouvertures sur les longs pans et au faîtage ne suffisent plus. Il faut prévoir des relais de ventilation en toiture pour réduire les distances entre ouvertures. L’Idele recommande un relais par rampant pour une largeur de 20 à 26 mètres, deux pour 26 à 36 mètres, au moins trois au-delà de 36 mètres, bien que ces grandes largeurs ne soient pas recommandées. Ces ouvertures peuvent être de type écailles - un liteau permettant de soulever une rangée de tôles -, toiture à fentes ou décalage de toiture (libre ou bardé). Ces relais sont nécessaires aussi quand l’ouverture au faîtage ou le décalage entre deux toitures sont insuffisants. Des ouvertures complémentaires sur les pignons sont un bonus pour les ouvertures ventilantes.

Des ouvertures libres en été

La situation se complexifie du fait que les bâtiments sont de plus en plus utilisés en été. Or, les besoins de ventilation sont très différents entre été et hiver. Les animaux souffrent davantage de la chaleur que du froid. Il est donc recommandé de prévoir des ouvertures libres et situées en partie basse pour la saison chaude : bardages démontables ou coulissants, panneaux articulés, guillotines ou rideaux. L’hiver, en l’absence de vent et de précipitations, les bâtiments peuvent être davantage ouverts.

En dernier recours, quand la ventilation naturelle n’est pas suffisante, une ventilation mécanique (extracteurs, ventilateurs, gaine à pression positive) peut être nécessaire. Ce peut être le cas dans un bâtiment pour très jeunes animaux qui ne supporteraient pas des vitesses d’air trop élevées, dans des bâtiments larges et mal exposés ou en été pour augmenter la vitesse d’air. Des équipements à « raisonner avec un expert », insiste Bertrand Fagoo.

Sur la même thématique, lire aussi Ouvrons les bâtiments

Shelt-air, un outil pour dimensionner les ouvertures ventilantes

 

 
Shelt-air est un outil d’aide à la décision pour dimensionner les ouvertures ventilantes. © DR
Shelt-air est un outil d’aide à la décision pour dimensionner les ouvertures ventilantes. © DR

 

° Pour mettre ces nouvelles références à disposition des éleveurs, conseillers et constructeurs, l’Institut de l’élevage a conçu, avec l’appui financier de la société Eternit, un outil de dimensionnement des ouvertures ventilantes : Shelt-air. Il permet de faire un diagnostic de ventilation d’un bâtiment existant ou d’aider à la conception d’un bâtiment d’élevage pour ruminants. Il est utilisable sur tout type de support : ordinateur, tablette, smartphone. En quelques étapes et autant de clics pour rentrer la catégorie d’animaux logés puis les caractéristiques et l’environnement du bâtiment selon les nouvelles recommandations, il effectue le dimensionnement de toutes les ouvertures : longs pans et types de bardage, faîtage, relais de toiture, décalage de toiture entre bâtiments. Les différents matériaux de brise-vent sont intégrés. Il permet de calculer aussi les ouvertures libres pour l’été.

° Résultats, recommandations et schémas du bâtiment sont synthétisés dans un fichier pdf. Le projet peut être archivé pour être modifié ultérieurement. Il ne remplace pas l’expertise d’un conseiller bâtiment, qui seul peut donner une vision globale de la conception du bâtiment, mais il peut donner un précieux coup de main.

° Shelt-air est disponible en plusieurs versions, dont une gratuite qui permet de travailler sur un bâtiment simple avec un nombre d’essais limité à cinq projets. Le prix de la  version la plus complète est de 99 € TTC. L’outil devrait être mis en ligne courant novembre sur le site de l’Idele (www.idele.fr).

Côté biblio

Une nouveau guide pratique : « La ventilation des bâtiments d’élevage de ruminants » - 29 € TTC sur www.acta-editions.com.

L’Idele doit publier en fin d’année un guide issu du programme du Cniel « bâtiments d’élevage de demain » sur l’adaptation des bâtiments aux périodes chaudes estivales.

 

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Laurence, Christophe et Matthieu Debreuilly et leur conseillère Caroline Tostain</em>
« Avec notre passerelle, nos vaches traversent la route en sécurité », dans la Manche

Le Gaec Debreuilly dans la Manche dispose depuis l’été 2025 d’un pont pour que les vaches puissent traverser une route…

<em class="placeholder">Gilles Onillon, éleveur laitier, dans une prairie avec ses vaches Jersiaises</em>
« La fétuque élevée repart toujours après une période de chaud », dans le Maine-et-Loire

Le Gaec de la Jutière, dans le Maine-et-Loire, intègre de la fétuque élevée méditerranéenne dans son mélange prairial. Cette…

<em class="placeholder">éleveur qui lit son contrat</em>
Contrat : que risque un producteur agricole qui ne livre pas volontairement les quantités prévues ?

Les cours grimpent et le prix de votre contrat de vente ne suit pas. Vous aimeriez saisir l’opportunité et vendre une partie…

<em class="placeholder">Jérémy Amans, éleveur laitier</em>
« J’ai investi dans un robot de traite reconditionné pour 30 vaches », dans l’Aveyron

Installé seul, Jérémy Amans a fait le choix de l’automatisation de la traite et du raclage, ainsi que de la délégation de la…

<em class="placeholder">Adrien Jaouen et Nicolas Diverres, éleveurs de vaches laitières dans le Finistère</em>
« Un robot de traite, mais avec du pâturage, pour concilier temps libre et revenu dans notre exploitation laitière du Finistère »

Le Gaec de Kergouézan, dans le Finistère, mise sur un système productif aux coûts maîtrisés grâce à la qualité de ses…

<em class="placeholder">Xavier Bruneau (au centre), avec Philippe Fradin (à gauche), un de ses associés, et Mathis Maillet, apprenti. au Gaec La Vergne</em>
« Nous visons l’autonomie protéique et fourragère », dans les Deux-Sèvres

Au Gaec La Vergne dans les Deux-Sèvres, les associés jouent la carte de la diversification des fourrages avec des méteils, de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière