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La recherche avance sur les nouveaux moyens de lutte contre les campagnols

Plusieurs projet de recherche, en partie financés par la région Auvergne-Rhône-Alpes, visent à trouver de nouveaux moyens de lutte contre le campagnol ou à faciliter sa mise en œuvre.

Le piégeage avec les pièges Topcat est très efficace mais très chronophage. © Sidam
Le piégeage avec les pièges Topcat est très efficace mais très chronophage.
© Sidam

Nouvelles molécules rodenticides

L’école VetAgro Sup de Lyon travaille sur de nouveaux anticoagulants qui seraient tout aussi efficaces que la bromadiolone mais moins nocifs pour l’environnement. « Le laboratoire a mis en évidence une molécule qui semble très prometteuse, indique Aude Agenis-Nevers, coordinatrice de la lutte contre le campagnol terrestre au Sidam Massif central. Elle est très efficace et très peu rémanente dans le corps du campagnol. » Des études de toxicité sont en cours. L’enjeu sera ensuite d’en obtenir l’homologation européenne et de trouver un industriel prêt à en financer le coût - très élevé - pour un marché somme toute limité. Ces mêmes chercheurs ont établi que les campagnols n’avaient pas développé de résistances aux anticoagulants, bien qu’ils soient utilisés depuis de nombreuses années.

Les phéromones pour mieux appâter

Une équipe de l’Inra a identifié des composés volatils spécifiques - les phéromones - contenus dans l’urine et les glandes abdominales qui permettent aux campagnols de communiquer entre eux. Ils ont également trouvé une protéine urinaire (arvicolin) capable de piéger les phéromone et d’augmenter leur pouvoir attracteur. Des tests olfactifs sont en cours pour déterminer le rôle de ces signaux chimiques dans la reproduction et développer de nouveaux moyens de lutte.

L’immunocontraception

L’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand a entrepris des recherches sur l’immunocontraception. L’idée est de développer un vaccin qui activerait les défenses immunitaires du campagnol contre ses propres spermatozoïdes pour le rendre inapte à la reproduction. Un travail de longue haleine (dix ans), si tant est qu’un tel vaccin puisse franchir les barrières de l’homologation.

Robotiser la lutte

La lutte contre le campagnol étant très chronophage, un projet de robotisation est à l’étude. Il s’agit de développer un prototype de robot autonome capable de se déplacer dans un environnement non structuré et de poser des appâts et des pièges. Il serait développé par l’Irstea en partenariat avec des industriels el nécessiterait un budget de 650 000 euros. Le projet peine jusqu’à présent à trouver des financeurs. Le Sidam Massif central se veut néanmoins optimiste : « une piste sérieuse de financement [NDLR : régional] est envisagée, qui pourrait aboutir à un démarrage du projet dès 2020 ».

Une application mobile de suivi

VetAgro Sup de Clermont-Ferrand a développé une application mobile sur smartphone qui vise à rationaliser le suivi des populations de campagnols et faciliter la remontée d’informations. Les informations sont synthétisées sous forme cartographique. Elles permettront de lancer des alertes en temps réel pour inciter à la lutte. L’application est en cours de déploiement dans les départements d’Auvergne.

Le saviez-vous

Un couple de campagnols en mars donnera une descendance de 100 campagnols en octobre.

Le campagnol se plaît à manger le pissenlit par la racine

 

 
Les chercheurs de l’Université de Clermont-Ferrand ont observé que 30 % des campagnols continuent de se reproduire en hiver. © Sidam

La cyclicité des populations de campagnols terrestres reste difficile à expliquer. Le pissenlit pourrait être en cause.

Pourquoi, après une phase de pullulation, la population de campagnols terrestres se met-elle à décliner ? L’Université de Franche-Comté a étudié l’évolution des communautés bactériennes potentiellement pathogènes. Globalement, à l’échelle de la population de campagnols, la richesse bactérienne évolue peu au cours du cycle démographique. Mais, individuellement, en phase de déclin, les campagnols sont porteurs d’un plus grand nombre d’espèces bactériennes. Leur condition corporelle est également moins bonne et ils semblent se reproduire un peu moins. « Les choses sont beaucoup plus complexes qu’on ne l’imaginait, reconnaît Patrick Giraudoux, professeur d’écologie au laboratoire Chrono-environnement de l’université. Il faut oublier la bactérie qui va régler le problème. »

L’école VetAgro Sup de Clermont-Ferrand travaille sur les facteurs de régulation des populations de campagnols terrestres. Plus ils sont nombreux, mieux ils se portent mais moins ils se reproduisent. Et, au-delà d’une certaine densité de mâles (200/ha), les jeunes s’enfuient et colonisent des parcelles voisines. Mais aucun facteur physiologique ni démographique ne semble expliquer le déclin. En revanche, « la densité de fleurs de pissenlits explique de manière significative le taux de croissance de la population », précise Aude Agenis-Nevers. Les chercheurs ont découvert que les campagnols constituent des silos de racines de pissenlits. Le déclin surviendrait quand le pissenlit se raréfie. Les recherches se poursuivent pour confirmer ces découvertes et les rendre utilisables sur le terrain.

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