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CONTAGIEUSE ET INCURABLE
CONTAGIEUSE ET INCURABLE - CONTAGIEUSE ET INCURABLE - NE PAS RELÂCHER LA PRESSION SUR LA PARATUBERCULOSE

La maîtrise de la paratuberculose nécessite une action dans la durée associant le repérage et l’élimination des animaux excréteurs et la mise en place de mesures pour éviter la contamination des jeunes.

La paratuberculose n’est pas une maladie récente. En France, des plans de lutte existent dans certaines régions depuis une bonne vingtaine d’années. « Mais son impact économique et sanitaire est grandissant », estime Eric Méens, du GDS de Seine-Maritime.

Provoquée par un germe de la famille des mycobactéries, mycobacterium avium paratuberculosis (MAP), aussi appelé bacille de Johne, la maladie lorsqu’elle se déclare sur un animal est incurable. Les symptômes, au départ peu typiques, évoluent vers une diarrhée chronique, sans fièvre, mais rebelle aux traitements. L’animal s’amaigrit rapidement.

En élevage infecté, les pertes économiques peuvent être importantes. Elles sont notamment liées au coût des traitements infructueux, aux pertes ou réformes anticipées d’animaux ainsi qu’à des baisses de production, observées sur les animaux cliniquement malades mais également sur des vaches sans symptômes.

D’après une étude de l’Ecole vétérinaire de Nantes, la baisse moyenne de production dans un troupeau infecté serait ainsi de l’ordre de 500 kg de lait par vache et par an. L’Afssa, dans un rapport présenté au printemps 2009(1), évalue les pertes économiques globales liées à la maladie entre 100 et 200 € par bovin en phase subclinique et 2 000 € pour un bovin présentant des signes cliniques.

DIARRHÉE CHRONIQUE

La paratuberculose s’exprime en général de façon sporadique dans un troupeau, avec un nombre d’animaux malades limité, de l’ordre de 2 à 3 %. « Mais ces animaux cliniquement atteints ne constituent souvent que la partie visible du problème », soulignent les spécialistes. En effet, la paratuberculose est une maladie complexe, au développement insidieux. Lorsqu’elle s’exprime cliniquement dans un élevage, c’est que dans bien des cas le cheptel est infecté, avec un certain nombre d’animaux porteurs de la maladie sans symptômes mais susceptibles de la développer sous sa forme clinique et, surtout, de contaminer les jeunes.

ATTENTION AUX SUPER EXCRÉTEURS !

MAP est un germe à incubation très longue. En élevage laitier, la maladie se déclare souvent sur de jeunes vaches adultes, notamment après le premier ou deuxième vêlage ou à la suite d’un stress. Mais ces vaches ont en fait été contaminées lorsqu’elles étaient veaux, pendant leurs premières semaines de vie.

Tous les animaux exposés au bacille ne réagissent pas de la même façon. Certains maîtrisent partiellement ou totalement l’infection par réaction immunitaire. Mais si l’équilibre est rompu au profit de la bactérie MAP, l’animal se met à excréter en évoluant dans certains cas vers l’expression clinique. L’excrétion, d’abord intermittente, devient continue et en quantité croissante au fur et à mesure que l’on se rapproche du stade clinique. « Parmi les animaux qui excrètent, certains, que l’on peut qualifier de super-excréteurs, émettent dans leurs bouses de très importantes quantités de bacilles. »

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