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Dossier
Conservation: ne gâchez pas tout !

À quoi bon récolter un fourrage de qualité si c’est pour en perdre 25 % à cause d’une mauvaise conservation ? Pas forcément visibles, les pertes augmentent très souvent le coût alimentaire de façon insidieuse.

Les pertes
sont excessives
quand elles dépassent
10% de matière sèche
Les pertes
sont excessives
quand elles dépassent
10% de matière sèche
© A. Conté

Parent pauvre de la recherche en France depuis une vingtaine d’années, la conservation d’un fourrage est pourtant un élément primordial au plan économique. « Il faut quinze ans pour sélectionner une variété fourragère qui améliore le rendement et la valeur alimentaire, et tout ce gain peut être perturbé voire anéanti par la mauvaise conservation du fourrage », souligne Cédric Pasquier, de Jouffray- Drillaud.


Quand les pertes riment avec obligation d’acheter des fourrages, plus d’aliments et de concentrés, la facture peut s’avérer douloureuse, surtout quand les prix des matières premières flambent. L’impact économique est « d’autant plus fort que la mauvaise conservation se traduit par une dégradation de la valeur alimentaire, de l’appétence et de la qualité sanitaire du fourrage (moisissures, listéria, butyriques…) », souligne Séverine Brunet, d’Alicoop.


Penser qu’il est possible d’éviter totalement les pertes est illusoire. Les pertes au champ, puis lors de l’enclenchement du processus de fermentation dans le silo… sont plus ou moins compressibles et variables selon le type de fourrage, les conditions de récolte… Pour un ensilage d’herbe ou de maïs, un niveau de perte est considéré comme « raisonnable » « quand il ne dépasse pas 8 à 10 % », souligne Gildas Cabon, d’Arvalis. Mais, malheureusement, ce niveau est trop souvent dépassé. Perdre 20 % de matière sèche sur dix hectares d’ensilage de maïs équivaut à récolter deux hectares pour rien. Et le phénomène est d’autant plus pernicieux qu’il n’est pas forcément visible (pertes par dégagement gazeux…).


La qualité de conservation d’un fourrage commence dès la préparation du sol pour se terminer lors de sa distribution à l’auge. Et « chaque point perdu à chaque étape de l’itinéraire technique ne se rattrape pas », insiste Luc Sytsma, du Comité français des plastiques en agriculture.


Nous nous focaliserons dans ce dossier sur l’importance de la bonne confection des silos, avec un accent tout particulier sur le tassement qui pose encore trop souvent problème, mais aussi sur la qualité des bâches utilisées et sur l’utilité des conservateurs en fonction des situations. « Un conservateur ne peut s’avérer utile que si l’on a bien travaillé en amont, mais surtout pas pour corriger des insuffisances dans l’itinéraire technique (défaut de tassage…) », insiste Gildas Cabon. Très utilisés aux États-Unis et en Europe du Nord, les conservateurs le sont beaucoup moins en France. Le marché se développe cependant depuis quelques années. Nous ferons également le point sur l’enrubannage et le foin.

SOMMAIRE DU DOSSIER


Page 40 : Confection des silos Le tassage, un élément clé trop souvent raté


Page 44 : Conservateurs Un regain d’intérêt depuis quelques années


Page 52 : Couverture des silos : La qualité de la matière fait la qualité de la bâche


Page 56 : Enrubannage et foin : Bien soigner le chantier

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