Aller au contenu principal

"Cette année a été très déficitaire en fourrages"

Performance en montagne. Au Gaec du Claret, cette année très sèche a fortement limité le pâturage. Le Gaec pense revenir à des vêlages plus étalés.

Lilian Gaillard. "Heureusement, l'enrubannage est de très bonne qualité. Depuis qu'on en distribue, la production est passée de 19 l à 21 l/VL/j."
© C. Pruilh

"Cette année 2017 est l’exacte opposée de l’année 2016 qui s’était caractérisée par une récolte record en quantité (enrubannage et foin) mais médiocre en qualité. C’est un record de faible rendement", résume Lilian Gaillard, un des deux associés du Gaec du Claret, à 1 000 mètres d’altitude en Isère (52 vaches montbéliardes et 88 ha tout herbe). En cause, le climat particulièrement sec de cette année. "Pour assurer la qualité, on a attaqué l’enrubannage très tôt, dès le 20 mai. On a fait 5-6 hectares de plus pour faire 180 bottes en première coupe, sous notre objectif de 200 bottes. Le fourrage est heureusement de très belle qualité." Pour le foin, le Gaec a récolté 390 bottes au lieu de 800 l’an dernier ! "Malgré le stock 2016, nous avons acheté 40 bottes de foin à un marchand de fourrage pour assurer le stock hivernal."

Le pâturage a été très limité. L’année avait pourtant bien démarré, avec une sortie au pâturage le 10 avril, quinze jours plus tôt que d’habitude. "Mais au mois de mai, le gel et la neige ont obligé à rentrer à nouveau les vaches. Puis le mois de juin a été trop chaud et sec, donc l’herbe ne poussait pas plus. Tout l’été a été chaud et sec. Et même aujourd’hui fin septembre, le déficit hydrique est très marqué. À 1 000 mètres d’altitude, on ne croit plus à une repousse à cette époque." Les premières gelées sont revenues dès le 10 septembre.

Une ration quasi hivernale en été

Le Gaec a donc dû complémenter davantage. D’autant plus qu’il y avait plus de vaches en lactation cet été (habituellement, les vêlages sont étalés toute l’année), car le Gaec a voulu grouper les vêlages sur le printemps été, pour profiter d’une période où habituellement il y a du pâturage et moins de consommation d’intrants qu’en hiver à l’étable. "Tout l’été, la ration était quasi hivernale, avec 1,5 kg de tourteau de colza tanné et 3,5 kg d’un mélange orge maïs. Ce qui fait 1 kg de plus de tourteau et 1 à 1,5 kg de plus de mélange énergétique par rapport à une saison de pâturage classique, pour 48 laitières sur trois mois (juin à août). Et depuis le 10 septembre on distribue de l’enrubannage (150 kg MS aux 48 vaches traites)." Heureusement, le prix du lait permet de passer cet aléa : avec les primes qualité (taux, cellules, butyriques, AOP…), il est d’environ 390 €/1 000 l (2016 et 2017).

Le Gaec espère vivre un hiver pluvieux ou neigeux, et un printemps précoce. "Chez nous, avec les pentes et un sol drainant, il faut des pluies pas trop fortes et en quantité suffisante. Tout l’inverse de cette année. Il paraît qu’avec le changement climatique on va connaître de plus en plus de déficits hydriques en été. On va revenir à des vêlages étalés, pour limiter le risque économique d’un déficit de pâturage au printemps été."

Pour l’année 2016, le Gaec reste performant, avec 58 % d’EBE/Produit brut, malgré une production laitière en retrait (304 000 l au lieu de 332 000 l de référence), et ce grâce à une bonne année de pâturage. Restera à voir l’impact climatique sur les résultats 2017. Les aléas confortent en tout cas le Gaec dans sa stratégie économe.

Les plus lus

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

vaches laitières au pâturage dans une prairie permanente du Grand Est
PAC et prairie permanente : quelles sont les règles de retournement ?

Dans quel cas un agriculteur peut-il retourner une prairie permanente ? En France, la conditionnalité de la PAC impose un…

Une prairie temporaire en Isère, avec de la chicorée
Sécheresse : « Même si les prairies grillées commencent à reverdir, ne redémarrez pas trop tôt le pâturage »

A partir de quand peut-on remettre des vaches au pâturage après des mois de chaleur et de sécheresse qui ont grillé les…

<em class="placeholder">RGI et colza fourrager pâturés à la ferme de Trévarez dans le Finistère</em>
Sécheresse : que semer pour refaire du stock de fourrage rapidement ? 

Face à des stocks qui diminuent, des prairies qui peinent à reverdir et pousser, et un début de mois de septembre encore peu…

<em class="placeholder">Cet été, malgré la sécheresse, les vaches ont continué de recevoir quotidiennement 3 kilos de matière sèche de fourrage vert.</em>
« Je cultive de l’orge hydroponique pour apporter du vert toute l’année à mes vaches », dans le Jura

Le Gaec des Champs Matin dans le Jura expérimente la production et la distribution en vert d’orge hydroponique, cultivé hors…

vaches laitières avec broc et verre de lait, une courbe et l'indication "baromètre du prix du lait"
Prix du lait : quelle évolution par laiterie ?

Reussir Lait publie chaque mois un baromètre des prix de base pour un lait avec 38 g de matière grasse et 32 g de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière