Cellules : « Mes problèmes provenaient d’un mauvais nettoyage de l’installation de traite », dans le Calvados
L’EARL Leroy dans le Calvados, a été confronté à des soucis de cellules et de mammites, accompagnés ponctuellement de pics de germes. Les problèmes n’ont été résolus qu’après un audit complet du nettoyage de l’installation de traite.
« J’ai galéré pendant près d’un an avant de trouver l’origine des problèmes de cellules et des petites mammites qui survenaient sur le troupeau. Sans compter que j’avais aussi de pics de germes de temps de temps », dépeint Romain Leroy. Pour cet éleveur pointilleux, à cheval sur la qualité du lait et habitué à voir son lait toujours classé en super A, la situation est intenable. Mais ni les interventions répétées du concessionnaire de machine à traire, ni l’audit traite réalisé par le vétérinaire n’ont permis de remonter à la source du problème. C’est finalement l’audit du nettoyage de l’installation de traite qui a permis de mettre le doigt sur ce qui clochait…
« Nous avons tout passé au peigne fin, raconte Patrice Guillet, conseiller traite à Littoral Normand. L’audit Net’Traite a mis en évidence un encrassement du lactoduc et identifié cinq anomalies. »
L’eau de lavage n’était pas assez chaude
La première concernait la température de l’eau. « En début de lavage, celle-ci a été mesurée à 61 °C, et au bout de deux minutes, elle n’était plus qu’à 43 °C, relate le conseiller. Soit 18 °C de moins ! C’est beaucoup trop. » Idéalement, il faudrait démarrer avec une eau à 65 °C et la déperdition devrait se limiter à 10 °C maximum dans ce laps de temps. En fin de lavage, la température atteignait tout juste 36 °C, alors qu’elle aurait dû rester supérieure à 40 °C. Après vérification, la sonde du chauffe-eau industriel (600 L) a été changée et la consigne de chauffe a été rehaussée à 67 °C. Avec ce nouveau paramétrage, l’eau atteint désormais 45 °C en fin de traite. La température du prélavage a également été remontée de 5 °C pour s’effectuer à 32 °C, ce qui contribue à réchauffer un peu plus les tuyaux avant le lavage.
« Ce défaut de température est une anomalie fréquente, souligne le conseiller. C’est dommage vu que la majorité de produits lessiviels apparaissent nettement moins actifs à une température inférieure à 50 °C. »
Deux fois moins de lessive que la recommandation
Autre défaut repéré : la dose de produit utilisée. Seulement 200 mL étaient prélevés automatiquement pour 100 L d’eau. Alors que la concentration de 0,5 % implique d’utiliser 500 ml de produit pour 100 l d’eau.
« La durée de lavage n’était pas non plus conforme », relève encore Patrice Guillet. L’étiquette des bidons indiquait un temps de contact de 7 min Or, au chronomètre, celui-ci ne dépassait pas 5 min. D’où une efficacité des produits plus réduite.
Enfin, le rinçage ne se révélait pas optimal. Normalement, il doit s’effectuer en circuit ouvert. Or, ici, l’eau était recyclée en circuit fermé, si bien que les résidus pouvaient allègrement se redéposer dans l’installation.
En fait, ce cocktail d’anomalies, mises bout à bout, favorisait un mauvais nettoyage, qui a conduit à la longue à un encrassement du lactoduc. Mais aussi des capteurs de débit des déposes automatiques. « En fait, les vaches n’étaient pas toujours traites correctement ce qui expliquait les problèmes de santé mammaire, résume Romain, aujourd’hui soulagé. Dans le mois suivant l’audit, c’est impressionnant, les cellules et mammites ont disparu. » Et les germes plafonnent de nouveau à 8 000 UFC/mL.
Fiche Élevage
1 UMO
55 prim’Holstein à 9 500 L
510 000 l produits
Salle de traite 2 X 6 en épi
Un souci de pontage
Un problème de montage de l’installation, remontant à 2008, était aussi en cause. « La capacité du bac de lavage se trouvant limitée, les installateurs avaient posé un réducteur sur le pontage situé après la vanne de lavage et avant le premier poste de traite, afin d’éviter d’aspirer trop d’eau dans le circuit de lavage », détaille Patrice Guillet. Mauvaise idée. Ce manque d’aspiration n’est pas sans conséquence. À la longue, il entraîne un encrassement sur la partie supérieure du lactoduc, sur un tronçon d’un à deux mètres.