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Ce qu’il faut savoir sur la nouvelle réglementation phyto

Le conseil stratégique phytosanitaire est une nouveauté obligatoire introduite dans la foulée de la séparation de la vente et du conseil phytosanitaire. À partir du 1er janvier 2024, il sera exigé pour le renouvellement du Certiphyto.

Chaque exploitation agricole (sauf bio et HVE niveau 3) devra pouvoir justifier de deux conseils stratégiques phytosanitaires par intervalle de cinq ans.
Chaque exploitation agricole (sauf bio et HVE niveau 3) devra pouvoir justifier de deux conseils stratégiques phytosanitaires par intervalle de cinq ans.
© S. Roupnel

La France s’est fixé un objectif ambitieux : réduire l’usage des produits phytosanitaires de 50 % d’ici 2025 par rapport à 2017-2018. L’évolution est déjà sensible, avec une réduction estimée à une quinzaine de pourcents. Toute une panoplie réglementaire accompagne la démarche. Après l’IFT et les ZNT, voici un nouveau sigle à connaître : le CSP ou conseil stratégique phytosanitaire. De quoi s’agit-il ?

Un premier CSP obligatoire avant le 31 décembre 2023

Le CSP a été mis en place dans la foulée de la séparation des actions de vente et de conseil, actée en 2018 dans la loi Egalim 1. Le conseil autour des produits phytosanitaires doit désormais être effectué par une structure agréée ayant un modèle économique indépendant de l’acte de vente pour garantir l’objectivité du conseil délivré.

Le conseil phytosanitaire classique, de traitement en fonction de la pression de maladies et de mauvaises herbes, reste facultatif : libre à vous de faire appel ou non à un conseiller. En revanche, le CSP est obligatoire. Ce conseil dit stratégique consiste à établir un diagnostic des pratiques pour aboutir à un plan d’action afin de diminuer l’utilisation des phytos. Il doit être réalisé sur un rythme de deux conseils par intervalle de cinq ans. Ils devront être espacés au minimum de deux ans et au maximum de trois ans.

« Le premier CSP doit avoir lieu avant le 31 décembre 2023. Cela va arriver très vite », souligne Olivier Leray, référent sol-plante-environnement à Littoral Normand(1).

Une photographie des pratiques et un plan d’action

Le délai de cinq ans correspond à la durée de validité du Certiphyto, obligatoire depuis 2015 et attestant de connaissances suffisantes pour utiliser les pesticides en toute sécurité et réduire leur usage. « À partir du 1er janvier 2024, pour valider et renouveler votre Certiphyto, vous devrez fournir une attestation de réalisation de CSP. Et à partir de 2026, il en faudra deux, » insiste-t-il.

Concrètement, le diagnostic est une photographie des pratiques sur l’année. Il va jusqu’au calcul de l’IFT (indicateur de fréquences de traitements phytopharmaceutiques). « Les pratiques sont conditionnées par la structure, l’organisation, les particularités réglementaires (MAEC, zone de périmètre de captage…), l’historique (pression de maladies, de mauvaises herbes, etc.). C’est l’occasion aussi de noter la mise en œuvre de pratiques favorisant une faible utilisation de produits phyto. »

Le plan d’action proposé à la suite de ce diagnostic est ciblé sur plusieurs leviers. Il précise concrètement comment les mettre en œuvre et simule leur impact potentiel sur l’IFT. Le second CSP permettra d’apprécier la mise en oeuvre ou non de ces leviers, leur pertinence et l’évolution de l’IFT.

(1) Lors d’un webinaire en juin.
A lire aussi: ZNT riverains, encore des questions en suspens

Repères

Les leviers pour réduire les phytos

]]> Désherbage mécanique

]]> Produits de biocontrôle, phéromones

]]> Conditions d’application des produits (hygrométrie, température, vent, pluviométrie)

]]> Itinéraire technique de la culture (gestion des résidus, date de semis, variété…)

]]> Rotations (allongement de la durée, culture de printemps…)

]]> Ajustement de la dose (observation de la culture)

Comment est calculé l’IFT ?

« L’IFT est un chiffre global qui traduit l’intensité de l’utilisation des produits phyto dans l’exploitation », rappelle Olivier Leray. Il est calculé à partir des pratiques par parcelle et permet une analyse par culture au cours d’une campagne. L’approche est détaillée par type de produits : herbicides, fongicides, insecticides et biocontrôles. Pour chaque culture, sont calculés un IFT herbicide et un IFT hors herbicide. L’IFT d’une culture est la somme des deux.

Le principe de calcul consiste, pour chacun des produits utilisés, à comparer la dose appliquée sur une parcelle de culture à une dose de référence. « Par exemple, pour une dose de référence de 2 l/ha appliquée à 0,5 l/ha, l’IFT est de 0,5 sur 2 soit 0,25. Ce chiffre doit encore être pondéré par des surfaces pour tenir compte de la parcelle réellement traitée », précise-t-il. À noter que l’IFT ne prend pas en compte le fractionnement des doses. L’IFT permet de comparer ses pratiques d’une année sur l’autre, mais aussi de les comparer à des références établies à partir d’enquêtes.

Côté web

Vous pouvez calculer l’IFT vous-même. Le ministère de l’Agriculture a développé un atelier de calcul de l’IFT en consultation libre sur le site https://alim.agriculture.gouv.fr/ift/

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