Aller au contenu principal

Alimentation
Bovins : les nouvelles normes Inra réévaluent très légèrement les recommandations en calcium

L´Inra vient, pour le calcium, de réévaluer les besoins en entretien, et d´introduire des coefficients d´absorption réelle pour les principaux aliments.


Après les normes Inra sur le phosphore fin 2002, c´est au tour des normes calcium et magnésium d´être révisées à partir de l´exploitation informatique de l´ensemble des données expérimentales disponibles. Pour le phosphore, cette révision avait abouti à une baisse d´environ 15 % des recommandations des apports. Pour le calcium et le magnésium, les effets pratiques sont nettement moins marqués. « La révision des normes devrait conduire à une très légère réévaluation de la complémentation en calcium », affirme François Meschy, de l´Inra, suite à une présentation des nouvelles normes lors des journées 3R à Paris le 8 décembre dernier.
L´enjeu économique n´est pas le même que pour le phosphore, avec un kilo de calcium à 5 centimes, contre 40-45 centimes pour le phosphore. Ni l´enjeu environnemental : l´objectif, en ajustant au plus juste les apports de phosphore aux besoins des ruminants, était aussi de réduire les rejets de phosphore dans les effluents d´élevage. Mais « il était logique, de raisonner pour le calcium et le magnésium, de la même façon que pour l´énergie, les protéines ou le phosphore, en système net absorbable », explique le chercheur.

Pour le calcium, les nouvelles normes introduisent deux changements. Le premier est une réévaluation des besoins d´entretien des vaches en production qui se voient majorés de 10 à 15 %. Ces besoins dépendent du nombre de kilos de matière sèche ingérée, et du poids vif de l´animal(1). Par exemple, les besoins d´entretien d´une vache de 650 kg ingérant 23 kg de matière sèche sont désormais évalués à 20,5 gCa/jour. A noter que les besoins de production restent inchangées (1,25 g/l pour les vaches).

Des calculs à faire ration par ration
Le deuxième changement est l´introduction de valeurs différentes du coefficient d´absorption du calcium suivant les aliments, comme cela a été fait pour le phosphore. Autrement dit, dans ces nouvelles normes d´apports, on ne considère plus que 1 g de calcium de luzerne équivaut à 1 g de calcium de maïs. Cette absorption réelle, exprimée au travers d´un coefficient (le CAR) varie de 20 % pour les pulpes de betteraves à 55 % pour les aliments concentrés. Il existe aussi des différences substantielles entre graminées et légumineuses (voir tableau). Ces nouvelles recommandations ne vont pas bouleverser les pratiques actuelles. « Elles peuvent amener à modifier le rapport d´aliment minéral utilisé dans certaines rations (un « 10-10 » remplaçant par exemple un « 21-10 »). Mais les calculs doivent être faits ration par ration ».
Pour le magnésium, les données expérimentales disponibles ne sont pas suffisantes pour réévaluer les besoins d´entretien. Il n´est par ailleurs pas possible de donner des valeurs d´absorption de magnésium aux différents aliments pour deux raisons. D´une part, l´absorption est très différente chez les bovins et chez les ovins. D´autre part, l´absorption varie suivant la teneur totale de la ration en potassium. L´Inra propose donc un coefficient de correction global en fonction de la concentration moyenne de la ration en potassium.
Ces nouvelles recommandations et équations seront bien sûr intégrées dans le nouveau « livre rouge » Inra qui devrait être publié à l´automne 2006. Elles seront dans la foulée intégrées dans les logiciels de rationnement Inration et Prev´alim. Pour la cohérence du système, un travail analogue va être réalisé pour le potassium et le sodium.


(1) Besoins d´entretien (g/j) = 0,008 poids vif (kg) + 0,663 matière sèche ingérée (kg).

Les plus lus

<em class="placeholder">vache couchée dans logette au Gaec de Veline (Meuse)</em>
Quatre leviers pour améliorer la longévité de vos laitères en limitant les réformes subies

Une vache n'est rentable qu'à partir de sa troisième lactation. Pour y parvenir, il est nécessaire de réduire le nombre de…

<em class="placeholder">« Pour bâtir notre système, nous avons beaucoup investi. Cela a été un sacrifice mais la moitié des emprunts s’arrêtent dans trois ans », confient Pascale et Pascal ...</em>
« Nous ne produisons pas plus de lait que ce que notre surface en herbe peut donner », dans les Ardennes

À l’EARL des Quatre Pâquis, dans les Ardennes, Pascal et Pascale Colson misent tout sur l’herbe, que ce soit pour l’…

<em class="placeholder">Éleveurs et leur conseiller devant les robots de traite</em>
« Nous avons habitué nos vaches aux robots grâce au DAC, dix jours avant la mise en route », en Meurthe-et-Moselle

Au Gaec du Pavillon, en Meurthe-et-Moselle, pour faciliter la mise en route et la fréquentation des robots, les éleveurs ont…

<em class="placeholder">Au Gaec de la Dame de Haye, toutes les générations sont représentées. De gauche à droite : Steve Jouquelet, Johann Vévert, Paul Comte, Aymeric Caron, Pascal Ebel, ...</em>
« La convivialité, c’est primordial pour la cohésion d'équipe de notre Gaec », en Meurthe-et-Moselle

Au Gaec de la Dame de Haye en Meurthe-et-Moselle, la cohésion de l’équipe de neuf personnes est une priorité pour les cinq…

<em class="placeholder">Vaches prim&#039;Holstein en attente devant les robots de traite en batch milking</em>
« Le batch milking nous permet une bonne gestion de la main-d’œuvre salariée », dans les Yvelines

La Ferme de la Tremblaye dans les Yvelines a opté pour le batch milking pour la traite de ses 220 vaches…

<em class="placeholder">troupeau de vaches laitières à la traite </em>
Une collecte de lait de vache et un prix du lait au sommet en 2025, avant un retournement en 2026

En France, l’année 2025 a été marquée par une collecte et un prix du lait en hausse comparé à 2024. Décembre amorçait un repli…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière