Aller au contenu principal

Benoit Clatot, salarié agricole en Seine-Maritime : « Fidéliser un salarié en élevage laitier, cela vaut vraiment le coup »

Benoit Clatot est salarié à l’Earl des Fresnes en Seine-Maritime, une ferme de 120 vaches laitières, qui emploie quatre salariés et un apprenti en plus de l’exploitant. Il y travaille depuis une quinzaine d’année. Il souhaiterait que les employeurs prennent conscience qu’avoir un salarié bien formé est un investissement rentable.

<em class="placeholder">B. Clatot</em>
"Récemment, Philippe, mon patron, a investi dans un taxi lait pour que nous nous économisions tous physiquement", explique Benoit Clatot, salarié agricole en Seine-Maritime
© B. Clatot

 « Je participe régulièrement à des réunions technico-économiques, et souvent, je remarque que ce sont les fermes avec des salariés qui sortent le plus de résultats. La main d’œuvre salariée est parfois dénigrée mais elle reste un facteur de production important. A mon sens, il faut y investir de l’argent et du temps.

Revaloriser les salaires des salariés agricoles est essentiel, car c’est là que le bât blesse, alors que le travail est devenu très exigeant et qu’il faut se remettre en question en permanence. D'ailleurs, certains se réorientent dans le secteur des travaux publics, qui rémunère mieux.

Mais il faut aussi prendre du temps pour former les salariés, les faire évoluer dans leur métier, les inclure dans les décisions de la ferme. Si on intègre les gens, s’ils se sentent investis, ils sont plus productifs et ils restent. Et fidéliser un salarié, cela vaut le coup, car le turn-over est épuisant pour le patron comme pour les équipes.

« Je me sens bien là où je suis, il y a de l’écoute »

Je travaille sur la ferme depuis 15 ans. Nous ne sommes pas tous sur le même site alors nous nous retrouvons tous les mardis vers 9h pour un café. Nous discutons de tout, nous fêtons les anniversaires, c’est convivial. Notre avis compte lorsqu'il y a par exemple un investissement à prévoir. Récemment, Philippe, le patron, a investi dans un taxi lait pour que nous nous économisions tous physiquement. Nous nous concertons également pour savoir ce qu’il est possible d’alléger, comment nous pouvons progresser... Nous pouvons compter les uns sur les autres pour nous remplacer si besoin. Je me sens bien là où je travaille, il y a de l’écoute, les contraintes de chacun sont prises en compte. Par exemple, je ne trais plus le mardi soir car j’ai décidé de prendre des cours de danse.

D’ailleurs, l’écoute doit fonctionner dans les deux sens, les patrons aussi ont besoin d’être écoutés. Nous traversons tous des moments compliqués, nous pouvons nous épauler les uns les autres.  Notre métier est riche, varié, l’agriculture garde un esprit familial que nous ne retrouverions sans doute pas ailleurs. Mais il faut aussi pouvoir avoir une vie en dehors du travail. Dans l’équipe, nous sommes tous chez nous à 18h30, nous prenons tous cinq semaines de vacances par an, même Philippe. »

Agathe Legendre

Les plus lus

<em class="placeholder">vache couchée dans logette au Gaec de Veline (Meuse)</em>
Quatre leviers pour améliorer la longévité de vos laitères en limitant les réformes subies

Une vache n'est rentable qu'à partir de sa troisième lactation. Pour y parvenir, il est nécessaire de réduire le nombre de…

<em class="placeholder">« Pour bâtir notre système, nous avons beaucoup investi. Cela a été un sacrifice mais la moitié des emprunts s’arrêtent dans trois ans », confient Pascale et Pascal ...</em>
« Nous ne produisons pas plus de lait que ce que notre surface en herbe peut donner », dans les Ardennes

À l’EARL des Quatre Pâquis, dans les Ardennes, Pascal et Pascale Colson misent tout sur l’herbe, que ce soit pour l’…

Mathis Pétron
Mathis Pétron, salarié en élevage laitier dans l'Orne : « J'ai envie de faire des tâches intéressantes, pas juste de nettoyer des logettes »

Mathis Pétron est salarié depuis un an et demi à l'EARL Toutain JM, un élevage laitier de l'Orne. Il apprécie les…

<em class="placeholder">troupeau de vaches laitières à la traite </em>
Une collecte de lait de vache et un prix du lait au sommet en 2025, avant un retournement en 2026

En France, l’année 2025 a été marquée par une collecte et un prix du lait en hausse comparé à 2024. Décembre amorçait un repli…

<em class="placeholder">Éleveurs et leur conseiller devant les robots de traite</em>
« Nous avons habitué nos vaches aux robots grâce au DAC, dix jours avant la mise en route », en Meurthe-et-Moselle

Au Gaec du Pavillon, en Meurthe-et-Moselle, pour faciliter la mise en route et la fréquentation des robots, les éleveurs ont…

<em class="placeholder">silo d&#039;ensilage de ray-grass d&#039;italie</em>
Ensilage d'herbe : l’intérêt économique du recours à un conservateur se calcule
Arvalis met en perspective les coûts des conservateurs par rapport aux gains potentiels qu’ils peuvent offrir sur la base des…
Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière