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Attaques de géomyze : « Nous avons dû ressemer 50 hectares de maïs », en Mayenne

Le Gaec Fénérie Bourigné, à La Bigottière en Mayenne, a été confronté ce printemps à des attaques sévères de géomyze, une mouche qui s’attaque aux semis. Les associés ont dû ressemer les deux tiers de leur sole de maïs pour un coût qu’ils estiment à 15 000 €. Témoignage d’Alexandre Ramel.

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Alexandre Ramel (le 10 juin) dans l'une des parcelles de maïs ressemée fin mai suite à des attaques de géomyze.
© Gaec Fénérie Bourigné

« L’exploitation avait déjà connu des attaques de géomyze en 2016 mais les dégâts étaient restés minimes. Cette année, c’est une autre histoire. La première vague de maïs que nous avons semée (62 ha) entre le 21 et le 24 avril a été fortement touchée.

L’année climatique est précoce mais nous avions préféré attendre un peu que nos sols limoneux argileux profonds se réchauffent pour semer. Nous avons bénéficié d’une belle levée mais les plants ont ensuite végété au stade 2 feuilles en raison du froid. C’est là que les attaques de géomyze ont frappé. Les dégâts sont apparus plus importants sur les parcelles semées le plus tôt.

Le tour de plaine effectué avec notre technicien le 26 mai après l’épisode de chaud du week-end de Pentecôte n’a laissé aucune place au doute. Certains plants continuaient à se développer tandis que d’autres flétrissaient et se desséchaient. Les comptages réalisés ont révélé un peuplement entre 20 000 et 40 000 pieds par hectare sur la majeure partie des parcelles. Et 60 000 pieds par hectare sur d’autres, plus superficielles, dont le sol se réchauffe plus vite.

Des comptages dans chaque parcelle avant de ressemer

La recommandation est de ressemer s’il reste moins de la moitié du peuplement initialement prévu, soit moins de 50 000 pieds/ha. Nous avons donc décidé de ressemer 50 hectares, car le maïs ensilage constitue la base de l’alimentation de notre troupeau de 140 vaches.

Je craignais de ne pas trouver suffisamment de semences mais la coopérative s’est montrée très réactive et nous a livrés trois jours plus tard. Nous n’avons pas fait les difficiles quant au choix variétal et à l’indice de précocité, la priorité étant de ressemer le plus vite possible avant la fin mai.

Nous avons réalisé un seul passage avec un outil à disque à l’avant et la herse combinée au semoir. Les 50 hectares ont été ressemés en 48 heures, à une densité plus faible qu’initialement (92 000 plants/ha contre 102 000). Nous avions loué une seconde herse de 4,50 m pour semer en 6 rangs et gagner du temps.

Heureusement le traitement foliaire de post-levée réalisé sur une quinzaine d’hectares n’a induit aucune contre-indication pour un ressemis.

Pas d’indemnisation pévue pour ces dégâts de géomyze

Nous estimons la perte à 15 000 €. Malheureusement, cela ne donne lieu à aucune indemnisation de la part de notre assureur. Pour autant, nous nous estimons plutôt bien lotis grâce au bon potentiel (15 tMS/ha en moyenne) qui nous laisse espérer un rendement satisfaisant même avec un semis tardif. Pour l’heure, les maïs ressemés sur les derniers jours de mai ont bien démarré et profitent de pluies douces et régulières. Cet épisode va forcément décaler la récolte mais nous nous adapterons. »

Propos recueillis par Emeline Bignon

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