Aller au contenu principal

Apprenez à reconnaître les cinq stades cliniques de Mortellaro

Ne vous laissez pas rebuter par la complexité de la maladie. Comprendre et savoir identifier les formes actives et les formes réservoir est indispensable pour mettre en place une stratégie de lutte adaptée.

La dermatite digitée présente une multitude de formes cliniques et de localisations, qu’il est très important de reconnaitre pour différentes raisons. Tout d’abord pour le diagnostic : il faut être sûr de ne pas « laisser passer » une lésion de dermatite. Sans traitement, elle pourrait s’installer profondément, devenir chronique sur la vache concernée, pérenniser la maladie dans le troupeau, et plus tard recontaminer d’autres animaux.

Mais aussi pour interpréter et comprendre  l’évolution de cette maladie très « dynamique », très changeante, sur l’animal et dans le troupeau. Cette compréhension est indispensable à la mise en place de traitements adaptés et à l’orientation d’actions de prévention plus efficaces.

Les différentes formes cliniques correspondent à différents stades de la maladie et la durée d’évolution des lésions et la réaction des animaux jouent un rôle fondamental. Tout le monde s’accorde à décrire cinq « stades cliniques » de la dermatite digitée : M1, M2, M3, M4 et M4-1 (M pour Mortellaro).

Le stade M0 désigne les vaches saines sans lésion de dermatite digitée. Ce stade n’est pas toujours facile à retrouver chez les vaches laitières dans les troupeaux bien atteints. Ce devrait être le cas chez les génisses avant vêlage ! Des lésions peuvent apparaître quand les conditions favorables à la multiplication des tréponèmes sont réunies : humidité permanente, mauvaise hygiène, immunodépression, biosécurité défaillante (achats ou regroupements d’animaux infectés)…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

M1 :stade actif débutant ou précoce

La lésion est bien circonscrite, avec un aspect « peau de fraise », rose ou gris, inférieure à 2 cm. Malgré sa taille réduite, elle est généralement douloureuse.

À ce stade, la guérison est encore possible (le retour direct en M0), mais dans la plupart des cas, ces lésions s’aggravent et s’étendent en M2. Certains animaux restent à ce stade sans jamais  évoluer en M2 (vieilles M1 ?). Il est également possible que ces lésions passent au stade chronique M4 directement, sans passer par M2.

 

 

 

 

M2 : stade aigu ulcératif… et douloureux

Ce sont ces lésions qui font boiter les vaches. Elles sont hyper-sensibles, hyper-douloureuses.

Elles sont assez faciles à reconnaître : ulcérations localisées de la peau au bord de la corne du sabot derrière, devant (photo 1)… ou autour des onglons accessoires (photo 2). Au début, la peau enflammée présente un aspect « peau de fraise » rose gris… puis au fur et à mesure que le temps passe, et à partir de 3 à 4 semaines d’évolution, s’installent une inflammation chronique et une prolifération de la peau en petits nodules en surélévation dans la peau (photo 3) ou en filaments (« poils géants ») (photo 4) avec un rebord blanc bien net ou hyperkératosique. Les M2 sont en général recouvertes de pus à l’odeur fétide très caractéristique. 

        Quand elles sont traitées efficacement, les M2 évoluent en M3. Mais elles peuvent aussi « refroidir » partiellement et rentrer dans un cycle vicieux et se transformer  en M4-1.

 

 

M3 : stade de cicatrisation « croûte noire »

Deux à cinq jours après un traitement local efficace, la lésion se recouvre d’une croûte noire, et devient insensible. Dans le meilleur des cas, elles cicatrisent complètement, guérissent et retournent en M0. Malheureusement une guérison seulement partielle en fait des M4, et elles peuvent retourner en M2 très douloureuses, quand le traitement ne fait plus d’effet.

 

 

 

 

 

 

 

 

M4 et M4-1 : le réservoir de la maladie

Le stade M4 est une lésion chronique non active ; elle est sèche et peu sensible. La peau est épaissie, avec des proliférations de « poils géants » si la durée d’évolution est importante. Ce type de lésions peut guérir en M0… ou se réactiver partiellement et présenter alors une M1 active rose et un peu douloureuse, en général en bordure…

Le stade M4-1 est une forme M1 active sur une lésion chronique M4, souvent sans rebords nets. La forme M4-1 peut s’aggraver et la zone active s’étendre et former une M2, ou regresser et la lésion redevient  M4.

Les formes M4 (et M4-1) sont au cœur  du problème de l’évolution de la dermatite digitée dans les troupeaux : elles sont le réservoir de la maladie, les tréponèmes y sont très profondement infiltrés dans l’épaisseur de la peau, parfois même sous forme enkystée. Elles sont donc très difficiles à traiter par les traitements locaux ou même généraux, et de plus assez difficiles à détecter, car pas ou peu douloureuses. Elles peuvent à tout moment, si les facteurs de risque de la maladie pèsent sur l’élevage, se transformer en formes M2  actives et douloureuses !

 
 

D’autres formes de M2 douloureuses importantes à reconnaître !

Les formes profondes appelées aussi « dermatite tunnel » : la dermatite colonise les lésions « mécaniques » du sabot, le plus souvent des ouvertures de la ligne blanche ou des décollements de la sole.

Contre toute attente, ces lésions guérissent facilement si le parage est suffisamment agressif et complet : il faut ôter tout ce qui est noir et infecté ! Ce qui nécessite parfois la pose d’un garrot avant le parage curatif et la confection d’un pansement compressif après… pour éviter les grosses hémorragies.

Le « super panaris » : assez rarement, mais régulièrement, la dermatite digitée peut devenir très ulcérative, voire nécrosante, et provoquer une sorte de phlegmon des tissus profonds du pied (comme un panaris mais en beaucoup plus grave), extrêmement difficile à guérir. On peut déplorer dans certains cas des espèces d’épidémies de « super panaris » dans les troupeaux où la dermatite est présente, suite à une immunodépression, un stress prolongé (nutritionnel, thermique…).

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Gisèle Fouvet et ses fils </em>
« Nous avons quitté Biolait à cause de leur prix du lait, et avons pu trouver une nouvelle laiterie en bio »

Le Gaec des Fayes, en Ardèche, a quitté Biolait dans la précipitation. Les éleveurs ont pu être repris par la laiterie…

Collecte du lait (à la ferme)
Prix du lait : « Ce n’est pas à la France de faire l’effort de réduire sa production de lait »

Face à un prix du lait qui décroche du fait d’une hausse de la production mondiale, au salon de l'Agriculture 2026, la FNPL…

Chargement d' un camion de pomme de terre. Tubercules de pommes de terre sur bandes transporteuses. Transport des produits agricoles
Alimentation animale : face à une surproduction en pommes de terre, une plateforme pour valoriser les excédents

Une nouvelle plateforme nationale met en relation producteurs de pommes de terre et éleveurs bovins afin de transformer des…

<em class="placeholder">Alexandre Caillon. &quot;J&#039;ai réduit la pénibilité et mieux lissé la charge de travail avec les robots.&quot;</em>
« J’ai modernisé mon bâtiment et réduit ma production laitière pour gérer seul ma ferme », en Loire-Atlantique

Alexandre Caillon a rapidement intégré la traite robotisée pour augmenter sa moyenne à 36 kg par vache et mieux lisser sa…

<em class="placeholder">site de transformation laitière en France</em>
Prix du lait : les industriels laitiers français manquent-ils de compétitivité ?

Durant un an et demi, le prix français a été largement distancé par nos voisins d’Europe du Nord. La compétitivité des…

<em class="placeholder">Al Masaf raggiunto accordo sul prezzo del latte</em>
Prix du lait : en Italie, la filière s’accorde sur un prix pour le premier trimestre 2026

Alors que le prix du lait spot a dégringolé en Italie ces derniers mois, le ministre italien a réuni les acteurs de la filière…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière