Alpage : l’association foncière pastorale pose 12 km de canalisations pour remédier au manque d’eau à la Gittaz en Savoie
Les six éleveurs qui transhument sur le territoire de l’association foncière pastorale du Cormet de Roselend ayant constaté depuis des années une pénurie d’eau dans l’alpage, ont travaillé avec les propriétaires de l’association pour installer des pompages, des stockages et un réseau d’adduction.
Les six éleveurs bovins lait et ovins viande qui transhument quatre mois par an sur l’alpage de la Gittaz, à Beaufort-sur-Doron, en Savoie n’auront bientôt plus à s’inquiéter pour l’abreuvement de leurs troupeaux, ni à monter en tracteur des citernes, et encore moins à tirer pendant jours des tuyaux pour récupérer de l’eau, là où il en reste l’été. Ils constataient depuis des années que certains ruisseaux et sources se tarissaient en période de sécheresse, de plus en plus récurrente. « La quantité de précipitations est globalement stable, mais le changement climatique a réduit les précipitations estivales et les a reportées à des saisons où les animaux sont absents des estives », constate Clément Teppaz, de la Société d’économie alpestre de la Savoie.
Puiser, stocker et amener l’eau
Les travaux de l’association foncière pastorale (AFP) devraient commencer cet été. L’AFP du Cormet de Roselend qui regroupe sur ce versant huit propriétaires privés, a décidé de jouer la mutualisation en investissant plusieurs centaines de milliers d’euros pour amener de l’eau sur plusieurs dizaines de piquages. Les travaux consistent en capter source, installer un réseau enterré d’adduction d’environ 12 km et des dispositifs de stockage et de remontée d’eau.
Une expertise d’hydrologue a permis de valider la pérennité de la source captée dans un contexte de changement climatique. Les autorisations de prélèvement sur le milieu naturel ont été octroyées par la DDT, les servitudes de passage de canalisations ont été négociées auprès des propriétaires et les demandes de subventions déposées auprès de la région Auvergne Rhône-Alpes.
Les travaux sont financés à hauteur de 70 % par un plan pastoral territorial et le reste autofinancés par l’AFP. « Autofinancement facilité par le fait que les propriétaires et les utilisateurs sont souvent de la même famille, dans ce dossier. Sinon, ce sont les communes qui complètent quand les AFP n’ont pas les moyens », précise Clément Teppaz.
Parler d’une seule voix
L’atout d’une AFP s’est révélé dans cette situation. Elle a aussi pu, grâce à son poids sur le territoire, puisqu’elle représente 15 900 hectares, convaincre les propriétaires, les financeurs et les autorités. Elle a favorisé une réflexion collective mutualisée sans laquelle les éleveurs auraient peut-être développé des solutions plus individualistes.