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Marché
Vers une pénurie de maïs semence

Marché – Le maïs, qui affiche des niveaux de rendements record cette année, pourrait bien être victime de son succès, s’inquiète l’AGPM.

Dans un contexte économique porteur pour le maïs, en terme de rendements comme de prix, les disponibilités en semences pour 2012 pourraient être insuffisantes au niveau européen. Le déséquilibre entre offre et demande pourrait être « plus important que prévu » alerte la Fédération nationale des producteurs de semences de maïs (FNPSMS).

Des disponibilités réduites en précoces
« En France, 54.000 ha sont dédiés à la production des semences de maïs », a indiqué Joël Arnaud, président de la FNPSMS, lors d’une conférence de presse sur la campagne maïs, le 26 octobre à Paris. Malgré cela, cette dernière estime qu’au 30 juin 2012, le ratio stock sur consommation en semences de maïs pourrait s’établir en dessous des 40 %, ce qui est un niveau « insuffisant pour alimenter le marché sans pénurie sur un certain nombre de variétés », estime la fédération. Selon Joël Arnaud, « déjà au 30 juin 2011, ce ratio s’établissait au-dessous des 50 % ». Depuis, si les rendements en maïs grain ont bien profité des pluies estivales, les productions de semences en ont plutôt pâti, entraînant des problèmes de fécondation. « En revanche, la qualité des semences est bonne », a souligné Joël Arnaud. Avec une hausse de 8 % des surfaces de maïs semées en 2011 en Europe, le marché est sous tension, tiré par la demande de l’UE, de l’Ukraine et de la Russie. « Les bons niveaux de production de maïs cette année envoient des signaux positifs d’une demande soutenue en semences pour 2012 », s’est réjoui Joël Arnaud. Les surfaces devraient se développer. Mais il prévient : « les volumes de semences disponibles seront réduits en 2012, ce qui risque de rendre difficile d’accès certaines génétiques, notamment précoces, aux agriculteurs ». Enfin, les accidents climatiques de production auraient renchéri les prix de revient à l’unité des semences de maïs : « Nous espérons que le marché va suivre », a déclaré Joël Arnaud.

Le rendement français en maïs grain estimé à un record de 105 q/ha
« En 2011, la saison de culture du maïs a été pleine de rebondissements », résume Christophe Terrain, président de l’Assemblée générale des producteurs de maïs (AGPM). Si la saison 2011 était annoncée comme risquée en raison des sécheresses printanières, qui ont failli décourager les producteurs, les prix du maïs sur le marché les ont tout de même incités à semer. Et « le rendement français en maïs a été régulièrement réévalué à la hausse et s’établirait aujourd’hui à 105 q/ha pour la récolte 2011 ». Les producteurs s’y retrouvent donc. Selon Jean-Paul Renoux, le progrès génétique et l’adaptation des producteurs aux semis précoces ont permis ces bons rendements. Ainsi des semis précoces permettraient aux cultures de profiter des conditions favorables au printemps, et d’esquiver en partie les problèmes hydriques ou de pyrale. D’ailleurs, Christophe Terrain signale que le maïs fait partie des cultures ayant un indice de fréquence de traitement (IFT) parmi les plus bas. Si l’AGPM se réjouit de ces rendements records –« 6 q/ha au dessus du précédent record de 2007 à 99 q/ha », comme l’a souligné Jean-Paul Renoux, responsable Maïs chez Arvalis –, elle déplore les contraintes subies sur les facteurs de production (accès à l’eau, la génétique, les molécules phytosanitaires et les herbicides).

Les Etats-Unis moins présents sur le marché mondial, l’Ukraine en embuscade
Côté marché, les États-Unis voient leur part diminuer à l’international, a indiqué Cédric Poeydomenge, directeur adjoint de l’AGPM. Selon lui, l’Amérique du sud – notamment l’Argentine et le Brésil –, l’UE et l’Ukraine pourraient, avec ce léger retrait américain, accroître leur présence sur ce marché. Avec une production qui pourrait atteindre les 16 Mt, la France est le premier producteur européen de maïs grain. Selon FranceAgriMer, les débouchés du maïs français vers l’UE pourraient atteindre les 5,85 Mt et s’établir, selon Cédric Poeydomenge, entre 500.000 t et 1 Mt vers pays tiers, essentiellement sur l’Afrique du Nord. Mais l’Ukraine est en embuscade et pourrait mettre bientôt sur le marché d’importantes quantités de maïs en venant concurrencer l’UE sur son marché intérieur et ses débouchés pays tiers. Cependant, l’UE devrait être quasiment autosuffisante en maïs sur la campagne 2011/2012, contrairement à celle de 2010/2011 où elle avait eu recours massivement aux importations.

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