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Conjoncture / Productions animales
Vers une baisse de la production française de gros bovins en 2012

Après deux ans d’augmentation, la production de viande bovine en France devrait reculer de 5 % cette année, d’où une hausse des prix.

2011 n’a pas été une bonne année pour la consommation de viande bovine en France. En cause, la crise économique, et des ménages inquiets qui limitent leurs dépenses alimentaires. Dans le même temps, les prix de détail en grandes surfaces ont progressé, gagnant 3,5 % par rapport à 2010 d’après Kantar Wordpanel. Enfin, le scandale des steaks hachés contaminés à l’E. Coli n’a pas contribué à dynamiser les ventes...

2011, une production très dynamique
L’Institut de l’élevage estime que la consommation française de viande bovine a baissé de 1,3 % en 2011 par rapport à 2010, pour tomber à 1,4 million de téc. Pourtant, la production a été très dynamique l’an dernier. Elle a été estimée à 1,450 million de téc en 2011 soit une hausse de 4 % par rapport à une année 2010 qui avait déjà vu la production augmenter dans des proportions similaires. Le cheptel allaitant français a entamé un mouvement net de décapitalisation après sept ans d’expansion. L’Institut de l’élevage avance comme explications la sécheresse printanière alors que les coûts de l’aliment étaient très élevés, mais aussi « la volonté d’extensifier pour sécuriser les systèmes d’alimentation face aux aléas climatiques qui deviennent plus fréquents ou pour alléger la charge de travail lors d’agrandissements ». Enfin, dans le cas des exploitations mixtes viandes-grandes cultures ou viande-lait, l’atelier viande est souvent moins compétitif. Ainsi la BDNI indique que le stock de femelles de race à viande de plus trois ans avait diminué de 2,2 % (-96.000 têtes) entre novembre 2010 et novembre 2011.
Ce dynamisme de la production française a permis à l’Hexagone de développer ses exportations. Les sorties françaises de viande bovine ou de bovins vifs sont principalement constituées de jeunes bovins. Elles se sont néanmoins repliées à l’automne faute d’offre. Elles ont représentées 312.000 téc sur 2011, soit 10 % de plus qu’en 2010, d’après l’Institut.

2012, des animaux plus rares et plus chers
L’année débute avec un cheptel laitier et allaitant de vaches en baisse de 3 %, ce qui laisse augurer un repli des réformes. Une plus faible part de vaches allaitantes dans les abattages devrait amener les tonnages à baisser de presque 5 %. Après un recul de 2 % l’an dernier, le cheptel laitier devrait poursuivre sur cette tendance et diminuer de nouveau de 1 à 2 %, d’après l’Institut de l’élevage.
Du côté des jeunes bovins, les ateliers sont moins remplis cette année, car beaucoup d’animaux maigres ont été dirigés vers l’export l’an passé. La production de jeunes bovins finis pourrait alors se réduire de 4 % cette année. Faute de disponibilités, nos exportations pourraient alors être réduites.
Côté prix, la hausse de l’année dernière pourrait se confirmer. En moyenne en 2011, la vache R3 s’est échangée à 325,29 € les 100 kg  sur les marchés en vif, contre 306,54 € en 2010, soit une hausse de plus de 6 %. Depuis le début de l’année, les cours ont déjà gagné plus de 2,4 % pour les vaches R3. A moyen terme, aucun changement de tendance n’est envisagé... En cause, un manque de disponibilités si important que les abattoirs s’inquiètent. Ils peinent à faire tourner leurs outils, doivent acheter des animaux qui ne correspondent pas toujours aux besoins de leurs clients, et surtout peinent à répercuter ces hausses sur un marché atone en aval. Mais tout laisse à penser qu’ils devraient pouvoir revaloriser leurs prix de vente assez rapidement, car les grandes surfaces pourraient bien rencontrer des difficultés d’approvisionnement... 
Seule tendance qui devrait se confirmer cette année : la baisse de la consommation française, entre manque d’offre et hausse des prix. L’Institut de l’élevage avance un repli de la consommation par bilan de 2,2 %, du même ordre que chez nos voisins européens.

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