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Nutrition animale / Approvisionnements
Valorex veut évincer le soja en France

Après la filière lin, Valorex veut s’inviter au chevet des autres productions oléoprotéagineuses françaises pour se débarrasser du soja et du débat OGM.

Lupin, pois, féverole, luzerne, colza, lin, tournesol… toute la diversité culturale française pourrait être mise à contribution pour arrêter les importations de soja pour la nutrition animale. Valorex en est sûre et propose de surcroît d’exprimer tout le potentiel nutritionnel des graines par l’extrusion. Spécialisée dans cette technologie qu’elle applique à des mélanges pour la nutrition animale (lin/céréales ou pois/colza par exemple), elle l’exploite dans sa propre usine de Combourtillé (35) et sur une seconde ligne à Chatillon-en-Vendelay (35). Elle produit 150.000 t d’extrudés par an et a développé des productions sous sa licence, au Portugal, en Allemagne et en Suisse.

Des filières à redéployer
Alors que l’étiquetage des viandes “non OGM” va se généraliser en France le 1er juillet et que certaines filières AOC ou IGP s’affolent car leurs cahiers des charges n’excluent pas un approvisionnement avec OGM, Valorex axe donc sa communication de l’année sur sa capacité d’industriel à se passer de soja en le substituant par d’autres protéines végétales. Car, pour elle, supprimer le soja résoudrait la question OGM dans les aliments. Et elle considère que les farines animales ne reviendront pas dans nos formules.
Seul bémol à la suppression du soja importé : il faudrait que la production française suive, des semenciers aux écoles d’agriculture, des organismes stockeurs aux acheteurs contractualisant qualités et quantités. Qu’à cela ne tienne, l’entreprise, à l’origine de la démarche “bleu-blanc-cœur”, veut s’appuyer sur son expertise en lin. Mais cela ne se fera probablement pas en un jour. Depuis quinze ans qu’elle soutient le développement des cultures de lin graine, notamment par des contrats d’achat sur trois ans, cette production ne concerne encore que 12.000 ha quand ses propres approvisionnements en exigeraient 40.000 ha : elle doit donc acheter la moitié de ses graines en Grande-Bretagne.
« Il est possible pour Valorex de se passer totalement de soja si toute la filière de production de protéagineux s’y met », résume Stéphane Deleau, directeur général. Le dirigeant se réjouit notamment des « efforts récents de la Fop » pour financer la R&D sur la génétique des protéagineux. Il cite aussi le lupin, développé notamment par Terrena au sud de la Loire, et qu’il serait satisfait de voir cultiver aux portes de son usine.
« Si l’on veut remplacer exactement tout le soja utilisé en France pour l’élevage, il faut multiplier la production française de protéines issues des oléoprotéagineux par 2,66 », a chiffré l’entreprise. Au niveau de Valorex, un peu plus de 22.000 t de graines seraient nécessaires pour remplacer les 15.000 t de soja qu’elle consomme, soit 7.500 ha de cultures protéagineuses. C’est-à-dire le triplement des surfaces déjà mobilisées pour par ses soins.

Des contextes économique et politique favorables
La démarche de communication de l’entreprise s’inscrit dans un contexte assez tendu de forte volatilité des prix du panier protéique. Mais aussi en plein débat sur les évolutions de la Pac puisque les protéagineux constituent d’excellentes têtes d’assolement, tout en étant économes en intrants. La tenue prochaine de Rio+20 et son constat alarmant sur l’inefficacité des mesures prises depuis vingt ans pour protéger la planète sont également porteurs. Mais les cours du blé fragilisent le potentiel de déploiement des protéagineux.
La dépendance protéique des élevages français avait déjà surpris les politiques lors de la première crise du soja au début des années soixante-dix. Même s’il n’est pas question ici d’embargo sur les ventes américaines, mais de la volatilité des cours et de l’explosion de la demande chinoise pesant sur les disponibilités. Sans oublier les questions environnementales dont l’image de la déforestation amazonienne. Le WWF France avait ainsi livré, tout début 2009, un rapport proposant des alternatives au soja d’importation dont la relance du plan protéine (qui n’a cependant pas réussi à prouver son efficacité). Le développement des biocarburants a de son côté couvert l’Hexagone de jaune : le tourteau de colza qui s’est installé peu à peu comme substitut au tourteau de soja, notamment en bovins, soulage la pression d’importation. La France est ainsi légèrement moins dépendante que ses voisins européens. Reste que les cultures de pois ont fortement régressé (près de 700.000 t étaient incorporées dans les formules en 2005 contre environ 150.000 t l’an passé), que féverole et lupin restent peu disponibles... Et l’enrichissement des pâtures en légumineuses, s’il contribue à une autonomie protéique des élevages bovins, ne peut résoudre les besoins des élevages hors-sol.

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