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Développement durable
Une phase expérimentale d’étiquetage environnemental sera lancée en juillet

Les entreprises, françaises et étrangères, sont invitées à prendre part aux travaux sur l’affichage de l’impact environnemental des aliments pour en définir progressivement les règles

L’AFFICHAGE environnemental des produits de grande consommation en rayon devait être obligatoire à partir du 1er janvier 2011, selon la loi Grenelle 2. L’ampleur et la complexité du dossier ont conduit l’administration à repousser la date butoir à juillet prochain. S’ouvrira alors une phase d’expérimentation qui devrait durer un à deux ans. Un appel à consultation va d’ailleurs être lancé pour prendre part à cette phase de test. Participer procurera un double intérêt pour les entreprises volontaires : le ministère communiquera sur ces sociétés pionnières et surtout, elles pourront par ce biais, « s’investir dans la définition des règles méthodologiques », comme l’a expliqué William Lepercq, chargé du dossier chez Bureau Veritas, à l’occasion d’une présentation aux 61es JTIC à Reims. L’ambition de cet étiquetage est de permettre au consommateur,à terme, de comparer deux produits en fonction du critère environnemental, et d’arbitrer ainsi ses actes d’achat. Selon un sondage Ipsos diffusé en janvier dernier, 86% des personnes interrogées assurent porter un fort intérêt à ce type de donnée. 

L’impact environnemental ne se résume pas au bilan carbone
Médiatisation oblige, la notion d’impact environnemental renvoie dans l’esprit de tous à la notion de bilan carbone. Or c’est une approche bien réductrice. La France, comme la Belgique par exemple, a fait le choix d’une analyse multicritères en matière d’impact environnemental. La Grande-Bretagne a de son côté faitmachine arrière pour suivre les traces de Paris. Dégagement de CO2 et plus largement de gaz à effets de serre donc,mais aussi consommation d’eau, épuisement des ressources, besoins en énergie, effet délétère sur la couche d’ozone, toxicité pour l’air, l’eau, favorisation de l’eutrophisation, production de déchets… seront à évaluer. La démarche visant à comparer deux articles similaires, tous devront être étiquetés selon les mêmes critères. Il faudra donc identifier les plus pertinents pour chaque famille de produits. Le choix des critères sera laissé aux groupes sectoriels, définis par le gouvernement. Ils sont au nombre de 16. Nos industries relèvent du plus grand groupe de travail, le GT 1 dédié à “l’alimentation et aliments pour animaux domestiques”. Les entreprises peuvent donc se porter volontaires pour la phase expérimentale et s’impliquer dans la plateforme Ademe/Afnor (http://affichage-environnemental. afnor.org). Un moyen pour eux d’être proactifs. Un millier de participants, dont les associations professionnelles et une dizaine de chercheurs par secteur, alimentent déjà les travaux nationaux. 

Sélectionner les critères les plus sensibles par famille de produits
Première étape en vue d’un étiquetage environnemental :estimer l’impact des produits. Cela passe par la réalisation d’une analyse du cycle de vie ou ACV. Une démarche multicritères et multi-étapes, puisque les conséquences environnementales doivent être étudiées de la culture des matières premières, au recyclage éventuel des emballages,en passant par les différentes étapes de transport ou encore les éventuelles congélations… « L’ACV est considérée comme complexe, longue et onéreuse », résume William Lepercq. Mais, « les consommateurs sont sensibles à la question et l’impact environnemental va devenir un critère d’achat comme un autre », estime-t-il. Et « nous sommes en mesure de mettre l’ACV à la portée des industriels par une approche pragmatique et simplifiée ». Les coûts de collecte des données, qui représentent 60% du total, sont notamment modérés. « Nous développons et adaptons constamment nos méthodologies en vue d’aboutir à une approche simplifiée ». L’ACV est alors « moins chère, mais aussi moins précise », tempère le spécialiste.Au-delà du coût, multiplier les critères ne serait pas une bonne chose: « leur nombre doit rester assimilable par le consommateur », insiste le spécialiste de Bureau Veritas. Il faudra donc « identifier les critères les plus sensibles pour une famille de produits et ne s’intéresser qu’à ceux là pour communiquer sur les résultats d’uneACV »

Une indispensable approche internationale
Bruxelles n’a pas encore légiféré sur l’étiquetage environnemental, attendant que les Etatsmembres progressent sur la question.En revanche,dans le but d’une harmonisation européenne, la Commission développe un outil de référence pour la réalisation desACV. Le site “www.elcd.fr” propose une base de données et des informations pratiques.Mais, si la même approche n’est pas menée sur les produits importés depuis des pays tiers, la démarche n’aura aucun intérêt.Si l’on s’intéresse aux pâtes alimentaires italiennes par exemple, de plus en plus présentes sur le marché hexagonal, le problème de l’analyse et de l’affichage porte à questionnement. Les Italiens sont dépendants des importations pour leur matière première et réalisent des assemblages de blés de différentes origines. Ils n’ont pas les mêmes sources d’approvisionnement selon les périodes de la campagne.Et, entre un blé dur venu de France et un autre expédié depuis le Canada, l’impact environnemental n’est pas le même. Le ministère de l’Écologie entend donc également impliquer des entreprises étrangères dans la phase d’expérimentation. Reste à savoir si elles seront partantes.

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