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Port de Corbeil-Essonnes
Une montée en puissance graduelle

En passe de devenir le plus grand port céréalier de l'Île-de-France, le nouveau portique de chargement fluvial de Corbeil-Essonnes (Essonne) devrait permettre, dans un premier temps, le transport de 100.000 t de grains d'ici la fin de l'année.

C'est une grande partie des céréales venant du Gâtinais et de la Beauce qui transitera par ce nouvel équipement portuaire en bord de Seine, en vue de les acheminer par voie fluviale vers Rouen et le Nord de l'Europe essentiellement », explique Hervé Courte, directeur de la Coopérative agricole d'Île-de-France Sud, qui a piloté le projet du nouveau port céréalier de Corbeil-Essonnes, avec la participation conjointe de Ports de Paris et des autorités locales. Inauguré le 27 mai sur le quai Apport-Paris de Corbeil-Essonnes, « le portique de chargement céréalier est constitué d'une desserte intérieure intégrant deux fosses de réception d'une capacité unitaire de 30 t, une passerelle de liaison de 30 m de longueur supportant une manutention d'un débit de 400 t/h et d'un poste de chargement télescopique radiocommandé », détaille Thierry Sirou, président de la coopérative.

Jusqu'à 400.000 t/an de grains

« Depuis sa mise en route début avril, ce sont déjà 40.000 t de céréales qui ont été chargées, se réjouit Hervé Courte. Sur la campagne 2014/2015, nous comptons atteindre un objectif intermédiaire de 200.000 t de mise à Fob, qui devrait progresser à 250.000 t d'ici trois ans. » Ce dernier palier est conditionné par la construction, sur les lieux de récolte, de sites de réception et de conditionnement des grains (nettoyage, homogénéisation, expédition) qui permettent de transporter au port fluvial de la marchandise « prête à l'emploi ». Et ce, en plus des 180.000 t de capacité de stockage que compte la coopérative. Un premier silo de 10.000 t (soit 10 cellules de 1.000 t), en panneaux palplanches métalliques, à vidange intégrale, est finalisé sur la commune de la Ferté-Alais (Essonne). Un second de 12.000 t près d'Angerville (Essonne) est en construction, pour une mise en service début 2015. « Mais d'autres investissements de pré-acheminement seront nécessaires pour atteindre à terme les 300.000 t de grains transbordées. »

Le gisement céréalier local est de 2 Mt, dont 600.000 t dans un rayon de 40 km.

« Parallèlement, la construction de 2.500 t de capacité de stockage (sur l'aire de déchargement de 5.000 m2 du nouveau port céréalier) est envisagée, sous forme de boisseaux d'expédition », ajoute Hervé Courte. Ce qui correspond, à 500 t près, au volume de chargement quotidien de l'embranchement fluvial. Son quai d'accostage de 170 m permet d'accueillir des péniches ou barges jusqu'à 3.000 t.

” Pour atteindre les 400.000 t de trafic que l'ouvrage peut générer, la Sica Île-de-France Seine Céréales (qui exploite le site et dont la Coopérative agricole Île-de-France Sud est gérante) a pour vocation de mettre ce portique de chargement à disposition de tous types d'opérateurs. « En plus des coopératives du Loiret –Puiseaux, Boisseaux et Agro-Pithiviers– déjà utilisatrices, des négociants locaux nous questionnent et nous discutons avec des chargeurs qui désirent faire du transport combiné sur le nord-UE, notamment », conclut Hervé Courte.

Répondre à un double enjeu... ... économique et environnemental

« Le transport fluvial, plus sobre en carbone et en énergie, est également le mode de transport le plus économique, pour des pondéreux comme les céréales dont les coûts de transport représentent une part importante du prix rendu chez l'utilisateur, rappelle Thierry Sirou, président de la Coopérative agricole Île-de-France Sud. Sur un trajet type de 350 km, acheminer 1 t de marchandises coûte en moyenne 24 € en camion, 20 € en train, 17 € sur une péniche de petit gabarit, 14 € sur une barge de grand gabarit, détaille-t-il. « C'est pourquoi, il était essentiel pour la coopérative de s'engager sur ce schéma d'infrastructures de transport, d'autant plus que le fret ferroviaire a été sacrifié au bénéfice du développement des lignes à grande vitesse. » Le nouveau port céréalier, quai de l'Apport-Paris, à proximité immédiate de la Francilienne, a également mis fin aux plaintes de voisinage pour nuisances (bruit, gaz d'échappement, poussières...), consécutives à l'acheminement par camion des grains au port public Saint-Nicolas. « Il faut dire, à la décharge des habitants, que nos camions semi - remorques transportaient plus de 100.000 t de céréales par an en empruntant le centre ville de Corbeil-Essonnes. »

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