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Lin textile
Une filière en progrès permanent

Le Gnis vient de présenter une charte qualité “Maître Semencier Lin”. Un contrat d'amélioration continue, véritable outil de management pour produire des semences certifiées de lin “high tech”, qui répondent aux besoins en perpétuelle évolution des clients du textile, des biomatériaux comme de la chimie verte.

« En 1982, le taux d'utilisation des semences françaises de lin n'excédait pas les 28 % des besoins et l'ensemble du marché était alors dominé par la Belgique et les Pays-Bas, a rappelé Jérôme Lheureux, président de la section Lin et Chanvre du Gnis. Aujourd'hui, suite au travail de qualité réalisé par les entreprises françaises, ce ne sont pas moins de 90 % de semences certifiées françaises qui sont utilisées par les liniculteurs hexagonaux. » Grâce à la quinzaine de variétés cultivées, qui présentent des rendements « 4 à 5 fois plus élévés » que dans les pays tiers, la France est devenue le leader mondial du lin textile avec 77.000 t sur 65.000 ha, dont 11.000 ha en semence (74.000 q). Et ce, loin devant les autres producteurs (cf. carte). « Pour arriver à une telle qualité, il n'y a pas de secret ! Ce sont des heures de recherche mais aussi des mains expertes qui se trouvent derrière chaque semence de lin », affirme le Gnis. Et une filière organisée pour la valoriser, qui compte 2 établissements privés créateurs de variétés, 7 établissements producteurs, 800 agriculteurs-multiplicateurs, 5.400 liniculteurs et 24 sociétés ou coopératives réalisant le teillage du lin. Soit 1.200 emplois dans l'industrie des semences de lin et sa première transformation. Pour aller plus loin dans la recherche de la qualité et du service, une charte qualité Maître Semencier Lin vient d'être créée. Un véritable support de communication pour toute la filière.

La Charte, un contrat d'amélioration continue...

« L'idée ? Améliorer sur le long terme les process et procédures internes des entreprises semencières mais aussi continuer à former les salariés intervenant sur l'ensemble des processus de production et de mise en marché des semences », explique le Gnis. L'entreprise s'engage ainsi à réaliser tous les ans, dans une démarche proactive, une autoévaluation de son savoir-faire, des analyses de contrôle qualité, et à se fixer des objectifs d'amélioration concrets et vérifiables par le Gnis.

La semence “high tech”, contrôlée et certifiée, germe en moyenne à 96 % alors que la norme minimale est de 92 %.

” L'un des défis de la profession réside en la gestion des poussières dans les semences, reconnaît Philippe Brygo de la Sarl éponyme. « Nous y travaillons depuis deux ans mais il en faudra encore deux ou trois pour aboutir à la mise en place d'un système, similaire à celui mis en place par le Gnis en maïs, et étendu par la suite aux autres céréales. »

... au service d'un marché en quête d'innovation

« Aujourd'hui, il est important pour nos établissements d'utiliser la recherche, et notamment la génétique, pour répondre aux attentes sociétales des pays consommateurs, que sont l'UE, les États-Unis, le Japon et autres pays asiatiques (en quête d'un produit naturel à la culture propre), souligne, de son côté, Thierry Goujon de Terre de lin. Car un autre de nos défis est de pouvoir les satisfaire de plus en plus rapidement, au travers de la performance variétale. Ainsi allons-nous devoir nous équiper d'outils qui nous permettent d'accélérer le cycle de sélection. »

Lin oléagineux, « une petite culture »

« La charte qualité Maître Semencier Lin est réservée au lin textile, indique Jérôme Lheureux, président de la section Lin et Chanvre du Gnis. Mais nous réfléchissons à la développer, à terme, au lin oléagineux. » Comparé aux 65.000 ha du lin textile, le lin oléagineux, riche en oméga 3, apparaît comme « une petite culture qui représente, ces dernières années, 4.000 à 5.000 ha en moyenne, avec des pics pouvant atteindre 18.000 ha », précise Jean-Marie Glenisson, secrétaire général de la section Semences de plantes oléagineuses. Une évolution cahotique qui s'explique par une rentabilité dépendante des prix de marché, en raison de rendements limités, faute de recherche conséquente en sélection variétale. Et ce, malgré le fait qu'il présente une « bonne tête d'assolement, en lieu et place du colza ». D'où la difficulté de créer « une filière cohérente ».

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