Un surcoût de l’aliment pour animaux de 3 €/t en France conséquence de l’augmentation du prix du gazole
La hausse brutale du prix du gazole est répercutée sur les entreprises de la nutrition animale, dans un cadre légal.
La hausse brutale du prix du gazole est répercutée sur les entreprises de la nutrition animale, dans un cadre légal.
Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février, la hausse des prix des carburants est brutale. Entre le 23 février et le 30 mars 2026, selon la Commission européenne, le prix du gazole en Europe est passé en moyenne de 1,59 €/l à 2,08 €/l. Dans l’Hexagone, le prix est de 2,29 €/l.
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La France enregistre le sixième prix le plus élevé parmi les Etats membres de l’Union européenne. C’est aux Pays-Bas (2,26 €/l), en Allemagne (2,29 €/l) et au Danemark (2,36 €/l) que le gazole est le plus cher. En revanche, le prix est moins élevé chez nos principaux concurrents que sont par exemple l’Espagne (1,78 €/l) ou la Pologne (2,02 €/l).
Un différentiel de prix du gazole au sein de l'Union européenne
Cette augmentation du prix du gazole pèse tant sur l’approvisionnement en matières premières des usines d’aliments que sur la livraison d’aliments dans les exploitations. La loi du 5 janvier 2006 relative à la sécurité et au développement du transport a instauré un mécanisme d’indexation du prix du transport routier de marchandises sur le coût du carburant (« indexation gazole »).
Pour Jean-Pierre Bellec, responsable achat chez Agrial, « l’augmentation du coût est violente pour nos usines. Les transporteurs, conformément à nos contrats où est intégré le mécanisme d’indexation du prix du carburant, nous répercutent tous les mois en pied de facture l’évolution du prix du carburant ». Cette répercussion basée sur les références du Conseil national routier (CNR) est de 10 % environ aujourd’hui, selon plusieurs fabricants d’aliments.
Les entreprises interrogées s’accordent sur le fait que le surcoût actuel induit par l’augmentation du prix du carburant serait en moyenne de 1,50 € par tonne d’aliment pour l’approvisionnement en matières premières des usines et de 1,50 € par tonne pour la livraison des aliments. Ce surcoût de 3 €/t n’a pas encore été répercuté aux éleveurs.
Une loi pas toujours respectée
La majorité des clients respectent les contrats mais certains essaient de déroger à la règle. Anthony Rouxel, délégué général de la FNTR Bretagne rapporte ainsi que « certains clients négocient l’indexation et veulent dicter à leurs transporteurs le comportement à adopter face à la hausse du prix du carburant. Alors que le mécanisme d’indexation entraînerait une augmentation des prix, certains n’hésitent pas à négocier à la baisse le prix du transport. » Face aux difficultés de trésorerie rencontrées par les transporteurs, Anthony Rouxel rappelle : « nous discutons avec le médiateur, les services de l’Etat et la DGCCRF des comportements délictueux de certains clients afin d’y remédier au plus vite ».