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Un coefficient technique pour relancer les négociations avec les GMS

Coop de France a évoqué des modalités pour rediscuter les prix avec la grande distribution en cas de forte volatilité des matières premières

A près d’un mois de la remise effective des propositions du monde agricole au ministère de l’Agriculture concernant la contractualisation entre les filières végétale et animale, Coop de France a fait le point sur l’avancée de ces travaux le 14 avril au cours d’une conférence de presse organisée à Paris. L’occasion pour le pôle animal de Coop de France d’évoquer une réflexion pour la mise en place d’un coefficient technique afin de relancer les négociations avec la distribution si besoin.

Utilisation de deux indices
    « Ouvrir la possibilité d’augmenter la fréquence des négociations tarifaires (avec la grande distribution, ndlr) de façon à pouvoir prendre en compte les fortes variations de prix des matières premières », fait partie des points clés des propositions de Coop de France dans le cadre de la contractualisation entre filières végétales et animales. « Un coefficient technique » serait actuellement à l’étude au ministère de l’Agriculture selon le président du pôle animal de Coop de France, Jacques Poulet. Il aurait pour vocation de provoquer de nouvelles négociations entre les industriels et la grande distribution dans certaines conditions. Ce coefficient technique reposerait sur deux indices distincts. D’abord, un indice égal au rapport entre le prix du produit et le prix de l’aliment sur une période de référence donnée. Pour autant, ce seul rapport ne saurait varier en fonction des seules évolutions de prix de l’aliment considéré. C’est pourquoi, l’utilisation d’un autre indice est nécessaire. C’est l’indice Itavi qui serait retenu par Coop de France. Selon la définition de l’institut techique de l’Aviculture, celui-ci repose « sur la détermination d’un coût des matières premières dans l’aliment selon une formulation au moindre coût. Le coût ainsi calculé n’intègre ni le premix, ni les coûts de fabrication de l’aliment, ni les coûts commerciaux des fabricants, ni les coûts de transport des aliments composés de l’usine jusqu’à l’élevage. Par contre, il tient compte du coût de transport des matières premières pour un rendu dans une usine fictive située en Centre Bretagne. » L’indice Ipampa, propres aux bovins, caprins et ovins, a également été cité mais ne serait pas privilégié car « les dépenses de couvertures des acheteurs  ne sont pas prises en compte », a relevé Jacques Poulet.

Le contrat « Achat à prix lissé »
    Déjà présenté il y a quelques semaines, le nouveau contrat type entre collecteur et fabricants d’aliments a fait l’objet de quelques précisions. Anne Laure Paumier, responsable Marché chez Coop de France, explique qu’il s’appuiera sur les contrats existants. Le prix sera lissé sur « une moyenne entre la date du contrat et celle de la livraison et correspondra à une moyenne de cours de référence ». Celle-ci pourra être le marché à terme ou le marché physique. « Ce sont les contractants qui choisiront la source », conclut Anne-Laure Pommier.

« Passer d’une relation de prix à une relation de constuction de marge »
    « Il faut passer d’une logique de prix spot à une approche de construction de marge. Comment construire sa marge si on ignore le coût de production ? », s’est interrogé Jean-Luc Cade, président de Coop de France Nutrition animale. « La relation fabricants/éleveurs s’est limitée jusqu’ici à présenter un produit et le vendre. Elle doit aller vers le B to B pour arriver à construire une marge », a-t-il assuré. Pour autant, ces travaux n’auront d’intérêt qu’à la condition que la grande distribution joue le jeu en acceptant quelques concessions en bout de chaîne.

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