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TTIP : la France retrouve sa place dans les négociations

Thierry Pouch, économiste à l'Assemblée permanente des Chambres d'agriculture (APCA), voit d'un bon œil la fermeté affichée par le secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl.

Les menaces proférer par Matthias Fekl, le secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, d'arrêter les discussions concernant le TTIP, est une bonne surprise aux yeux de certains économistes, comme Thierry Pouch de l'APCA. « C'est une annonce très positive. La France semble reprendre la main sur les négociations. On avait l'impression jusque-là qu'elle était très petite et ne pesait plus », se réjouit-il. L'économiste se montre favorable dans l'ensemble aux propositions du secrétaire d'État.

Le fait d'avoir des tribunaux publics et non privés, ainsi que l'impossibilité pour un juge d'être avocat durant son mandat dans d'autres affaires d'investissements, permettraient d'éviter les conflits d'intérêts. « Cela empêcherait les tribunaux d'être sélectifs, de favoriser telle ou telle mul-tinationale. Cette fenêtre de tir est intéressante », détaille Thierry Pouch.

Défendre à tout prix le patrimoine agricole européen

L'autre point essentiel est la dé-ense des IGP (Indications géogra-hiques protégées). L'expert rejoint atthias Fekl dans sa demande de eur reconnaissance, estimant in-ispensable de protéger le patri-oine agricole et agroalimentaire uropéen, source de stabilité éco-omique et sociale. Mais s'il est vrai ue le Canada a accepté, au travers u Ceta, de réviser sa position et de econnaître 137 IGP, il sera difficile e convaincre les États-Unis d'en aire de même.

Si les américains font des concessions sur les produits de pharmacie, l'UE pourrait en faire sur l'agroalimentaire.

D'abord, le Canada n'a pas le même poids économique que son voisin. Ensuite, « ce sera une négociation de marchands de tapis. On peut supposer que si les Américains font des concessions sur leur marché de produits pharmaceutiques, très fermé, les Européens pourraient avoir à en faire sur les produits agricoles et agroalimentaires », analyse Thierry Pouch. À l'image de ce qui s'est passé lors de l'accord du 5 octobre 2015 sur le TPP (Trans-Pacific Partnership), le traité de libre-échange transpacifique, où les États-Unis ont accepté d'ouvrir leur marché aux pièces automobiles japonaises, en échange de l'ouverture du marché nippon aux produits laitiers américains.

Pas de signature du TTIP avant l'élection américaine ?

Concernant l'ouverture des marchés agricoles et agroalimentaires américains, l'économiste se montre pessimiste. « L'excédent agroalimentaire des États-Unis a reculé de 50 % entre 2013 et 2014, faisant suite à la hausse du dollar, et à la contraction des économies émergentes », rappelle Thierry Pouch. Et l'état actuel de l'économie chinoise n'est pas des plus reluisantes. Les producteurs US pourraient donc s'avérer encore plus réticents à une ” ouverture aux produits agroalimentaires made in UE, avec laquelle la balance commerciale américaine est déficitaire. Les négociations risquent de durer. La signature du TTIP ne devrait pas intervenir sous le mandat de Barack Obama, en raison des élections présidentielles américaines très proches.

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