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Blé
Succès du marché à terme

La forte volatilité des cours dope Euronext

STRATEGIE. La campagne commerciale 2006/2007, est la meilleure vitrine publicitaire pour les marchés à terme. Pour contrer la hausse de la volatilité des cours du blé, les opérateurs cherchent des outils leur permettant de sécuriser leurs marges. Le marché à terme du blé semble donc tout indiqué. « Euronext sert d’outil de couverture pour les vendeurs autant que pour les industriels », explique ainsi Vincent Magdelaine, directeur de Coop de France-Métiers du grain. Lancé en 2002, le contrat à terme sur le blé meunier n’avait pas rencontré un franc succès jusqu’à la campagne passée. En la matière, le contrat colza lui damait largement le pion. Mais la campagne actuelle a changé la donne. Il se traite désormais 15.000 à 20.000 tonnes de blé par jour en moyenne. Même si les fonds d’investissement, qui jouent de la spéculation et assurent la liquidité du marché, ne sont pas encore présents sur Euronext Paris, le marché fonctionne correctement. « Toutes les opérations d’achat, de vente ou de couverture sont désormais possibles. Ce qui en fait un marché mature » indique Michel Lopez, de la direction de l’agriculture et de l’agroalimentaire chez Crédit agricole SA.

Se couvrir “virtuellement” pour limiter les risques

Une coopérative qui vend du blé à un industriel 120 euros/t alors qu’elle ne l’a pas encore acheté à ses adhérents, peut s’en servir pour se protéger si elle doit acquérir deux mois plus tard un blé à 150 euros/t. Comment ? En achetant le jour de la vente à l’industriel, un volume équivalent sur le marché à terme, à 120 euros/t. Il s’agit de lots “virtuels”, qu’elle revendra une fois le volume acheté réellement à ses adhérents. Hors coût de transport, les prix du marché à terme sont étroitement corrélés au prix rendu Rouen. Si ses adhérents lui proposent d’acheter leur blé 150 euros/t rendu Rouen, la coop n’aura qu’à revendre ses lots virtuels au même prix sur le marché à terme.

Le même type de stratégie peut être utilisé pour protéger un achat. L’organisme stockeur ou l’industriel peuvent également choisir une couverture par options. Cet outil fonctionne comme un système d’assurance qui permet de profiter d’une hausse des cours si les volumes physiques sont vendus, ou d’une baisse des cours dans le cas d’un achat.

Le colza en vedette

Encore faut-il que le coût de l’option soit inférieur à celui de la marge envisageable. « C’était sur la campagne 2005/2006 qu’il fallait souscrire des options. Elles étaient peu chères et la plus value réalisable, vraiment intéressante ! » observe Olivier Bourassin, en charge de la commercialisation des céréales et des oléagineux chez Agrial. Mais cette année, leur coût est de 6 à 8 euros/t. Il faut donc que le marché réalise un vrai bond pour rendre le mécanisme rentable. Un risque que les uns et les autres ne sont pas tous prêts à prendre.

S’il se développe, le marché à terme du blé est encore loin d’atteindre les capacités de son grand frère en colza. « Aujourd’hui, les contrats échangés couvrent la production européenne », indique un spécialiste. Alors que le marché Euronext du blé ne parvient pas encore à couvrir la production française…

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