Stocks finaux en hausse mais bonne campagne à l’exportation pour les céréales françaises en 2025-2026
Avec dix mois de données collectées sur la campagne en cours, le bilan du Conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer du 17 juin 2026 est le dernier avant de basculer sur la moisson 2026. Principaux éléments.
Pour ce qui concerne les exportations de blé tendre, le conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer, dans sa présentation du bilan mensuel d’évolution de campagne le 17 juin, estime leur volume à 15,177 Mt pour la campagne 2025-2026 (+ 49,5 % par rapport à 2024-2025) sur l’ensemble des destinations.
Les départs intracommunautaires pèseraient pour 7,827 Mt, en hausse de 1 % sur un mois et de 15 % sur un an. La progression est encore plus spectaculaire pour les exportations vers les pays tiers : + 107,4 %, à 7,25 Mt, pour l’ensemble de la campagne. Ceci impliquerait donc des stocks finaux de blé tendre en France à 3,5 Mt, en hausse de 7 % par rapport à l’estimation du mois précédent et de 41 % sur un an. Ces stocks ressortent à 2,662 Mt en moyenne quinquennale.
Bilan de campagne plutôt lourd
Concernant les orges, les exportations sur pays tiers pourraient atteindre 3,9 Mt au total selon le nouveau bilan de FranceAgriMer. Ces exportations sur pays tiers représentent une progression de 66,6 % sur un an. Les exportations vers l’Union européenne seraient en retrait de 8,6 % d’un an sur l’autre, à 2,538 Mt. Le stock final apparaît en baisse sur un an, à 1,372 Mt contre 1,456 Mt sur un an (- 6 %). L’Arabie saoudite et la Chine sont plus que jamais des clients de premier plan hors Europe pour l’orge tricolore alors que la Belgique et les Pays-Bas sont les principales destinations dans l’UE.
Côté maïs, la collecte nationale a progressé de 3 % sur un mois et ressort à 12,085 Mt pour l’ensemble de la campagne. Les exportations vers pays tiers ont été revues à la hausse, passant de 490 000 t à 510 000 t sur l’ensemble de la campagne alors que celles vers l’UE passent de 5,001 Mt il y a un mois à 5,192 Mt (+ 8,9 % par rapport à la campagne précédente). Les stocks finaux ressortiraient à 2,497 Mt contre 2,366 Mt il y a un mois, une hausse de 6 %. Les stocks finaux en maïs seraient de 14 % supérieurs à ceux de l’an passé. La demande dans l’UE demeure forte sur cette campagne avec notamment les Pays-Bas, l’Espagne et la Belgique comme principaux acheteurs.
Des moissons en avance et des points à surveiller
En blé dur, les exportations 2025-2026 pourraient s’élever à 1,222 Mt contre 1,209 Mt estimées il y a un mois, avec des exportations vers les pays de l’UE revues en hausse (de 700 000 à 720 000 t), meilleures que celles réalisées l’an passé mais encore en retrait par rapport à la moyenne quinquennale. Le stock final de blé dur s’afficherait à 146 000 t fin 2025-2026 contre 160 000 t le mois précédent et 165 000 t en moyenne quinquennale. L’Italie, l’Allemagne et la Belgique arrivent en tête des acheteurs dans l’UE alors le Royaume-Uni et certains pays d’Afrique sub-saharienne mènent la danse sur pays tiers.
Rendez-vous désormais le 16 juillet 2026 pour affiner les bilans de la fin de campagne actuelle et pour intégrer les premières informations officielles concernant la nouvelle moisson. Pour l’heure, FranceAgriMer constate que l’on est « en avance sur tous les stades de développement des cultures, du semis à l’épiaison », en blé particulièrement. Le poids pour mille grains (PMG) et certains risques maladies sont des points de surveillance actuellement. Pour Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer mais également céréalier, il conviendra « d’être très inventif pour commercialiser les céréales françaises à l’exportation » face à des offres concurrentes qui seront très compétitives côté prix.