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Sorgho : une réelle compétitivité sur les cultures d’été dominantes

D’après une enquête technico-économique, le sorgho possède des atouts concurrentiels vis-à-vis du maïs irrigué et du tournesol en sec.

SELON Arvalis, le sorgho devrait retrouver un intérêt économique dans le cadre de la nouvelle Pac. C’est ce qu’a démontré une enquête réalisée par l’Institut du végétal, en collaboration avec Pro-Sorgho, la FNPSMS et l’AGPB, afin de mesurer la compétitivité de cette culture par rapport au maïs quand il est irrigué ou par rapport au tournesol quand il est cultivé en sec. En zone irriguée, le sorgho demande deux fois moins d’irrigation et engendre des charges opérationnelles de 200 euros/ha inférieures à celles du maïs. L’étude montre que le sorgho affiche des marges brutes comparables à celles du maïs, voire meilleures en situation de restriction d’eau (Poitou-Charentes) ou lorsque le rendement du maïs plafonne à 110 q/ha. En zone non irriguée, les charges opérationnelles du sorgho et du tournesol sont proches, de même que les marges brutes. Mais le sorgho permet une diversification des assolements dans le cadre des BCAE (Bonnes conduites agri-environnementales).

Une place justifiée dans les assolements du sud de la France

Une enquête technico-économique, réalisée par Arvalis-Institut du végétal en collaboration avec Pro-Sorgho, la FNPSMS et l’AGPB auprès d’une vingtaine de producteurs, montre que les marges brutes dégagées par le sorgho dans le cadre de la nouvelle Pac justifient sa place dans les assolements du sud de la France.

L’objectif de cette étude était de mieux connaître, dans le contexte de la nouvelle Pac, les attraits économiques du sorgho. Pour cela, les marges brutes de la culture ont été comparées à celles du maïs et du tournesol, cultures avec lesquelles il entre en concurrence directe dans le choix des assolements. Les expérimentations ont été menées sur les années de référence 2002, 2003, 2004 chez un panel d’agriculteurs répartis dans les trois principaux bassins de production : le Sud-Ouest, la vallée du Rhône, et le Poitou-Charentes. Tous les producteurs possédaient déjà une bonne expérience de la conduite du sorgho. En première approche, cette étude souligne que le sorgho en système irrigué affiche des rendements sensiblement supérieurs à ceux obtenus en système sec. La culture présente un réel intérêt à être menée en système irrigué d’autant que ses exigences en eau sont relativement modestes.

En conduite irriguée, la compétitivité du sorgho a été comparée à celle du maïs. Deux cultures dont la valeur moyenne de l’aide découplée est identique (122 euros/ha) et qui affichent des prix de vente analogues (91 euros/ha pour le sorgho et 95 euros/ha pour le mais). Les charges opérationnelles liées à la production de sorgho sont nettement inférieures à celles enregistrées dans le cas du maïs. Le coût des intrants s’établit à 260 euros/ha dans le cas du sorgho contre 400 euros/ha pour le maïs. Les différences s’expliquent principalement par le fait que les montants des postes semences et insecticides sont plus importants pour la culture de maïs. Avec des besoins en eau moyens de l’ordre de 126 mm sur les trois années d’étude —alors qu’ils étaient en moyenne de 303 mm d’eau dans le cas du maïs—, les charges d’irrigation du sorgho sont inférieures à celle du maïs. Au total, les charges opérationnelles du sorgho sont de l’ordre de 330 euros/ha dans le cas du sorgho alors qu’elles dépassent 530 euros/ha dans le cas du maïs. Cette différence de charge permet de compenser les différences de rendement qui existent entre ces deux cultures. Pour obtenir une marge brute de 500 euros/ha (calculée à partir des valeurs moyennes des trois années d’enquête et avec les aides découplées), un rendement de 77 q/ha de sorgho se révèle suffisant alors qu’un rendement de 97 q/ha de maïs est nécessaire. La culture de sorgho se révèle particulièrement intéressante dans les régions dont les rendements en maïs plafonnent à 110 q/ha ou pour lesquelles l’irrigation est difficile.

En système sec, l'étude a porté sur la comparaison entre tournesol et sorgho. Les deux cultures affichent d’importantes différences de rendement mais leurs charges opérationnelles sont analogues, de l’ordre de 230 euros/ha. La marge brute réalisée en sorgho est comparable à celle du tournesol dans la plupart des exploitations agricoles qui produisaient les deux. Pour obtenir une marge brute de 500 euros/ha (calculée à partir des valeurs moyennes des trois années d’enquête et avec les aides découplées), un rendement de 63 q/ha de sorgho se révèle suffisant alors qu’un rendement de 32 q/ha de tournesol est nécessaire. Un tel rendement en tournesol n’est obtenu que les années exceptionnelles.

En conclusion, cette étude révèle qu’en zone irriguée, le sorgho affiche des marges brutes comparables à celles du maïs. Il présente même un avantage économique dans les zones où le potentiel de rendement du maïs se limite à 110 q/ha ou pour lesquelles les contraintes d’irrigation sont les plus fortes. En système sec, les marges dégagées par la culture de sorgho sont comparables à celle du tournesol. Le sorgho a donc pleinement sa place dans les assolements du sud de la France d’autant que son introduction favorise l’économie d’eau et la diversification des rotations.

Quelles perspectives pour la campagne 2004/2005 ?

En 2004, les surfaces en sorgho affichent une nette diminution et les rendements sont, eux aussi, également en retrait par rapport à la tendance observée ces dernières années. Cette relative rareté de la production (250.000 t) a une conséquence directe sur les prix du marché qui semblent s’orienter plutôt à la hausse. L’utilisation des ressources se répartit à part égale entre les marchés intérieurs et ceux destinés à l’exportation (90.000 t pour chacun). Sur les marchés intérieurs, le seul véritable débouché reste la fabrication d’aliments composés. Quelque 60.0000 t de la récolte ont été achetées par l’industrie de l’alimentation animale. La légère diminution de ces chiffres (par rapport aux cinq dernières années) est davantage liée à la faiblesse de la collecte qu’à la concurrence des autres céréales fourragères. Près de 30.000 t sont, par ailleurs, achetées directement par des groupements d’agriculteurs éleveurs. Sur les marchés extérieurs, la quasi-totalité de nos exportations est destinée à l’UE et, notamment, à l’Espagne qui en achète les deux tiers. Traditionnellement, les marchés d’exportation sont fortement dépendants de l’offre générale des céréales fourragères communautaires. Le sorgho entre en concurrence directe avec les blés fourragers du Nord et de l’Est de l’UE. Il est également concurrencé par les sorghos américains et argentins du fait des facilités d'accès aux marchés européens dont bénéficient ces pays.

En 2004/2005, cette situation diffère légèrement. La production française a été tellement faible que les besoins minima européens ne sont pas satisfaits (ni par les productions françaises ou européennes, ni par des importations des pays tiers). Les conséquences directes de la faiblesse de la collecte 2004 sont déjà observables. Les prix du marchés restent soutenus depuis le début de la campagne (les prix actuellement observés sont de l’ordre de 108 euros/t). Les volumes restant à écouler sont très faibles, et laissent présager une quasi-absence de stock de report. De manière générale, lorsque la production française de sorgho est inférieure à 400.000 t, des marchés restent non satisfaits et contraignent les importateurs européens à utiliser d’autres céréales fourragères ou à recourir (lorsque les disponibilités existent) à des sorghos du marchés mondial. «Il est donc important de souligner que le sorgho français possède de véritables opportunités sur les marchés européens», souligne Arvalis.

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