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Sorgho : un intérêt économique comparativement incontestable

Semences de Provence a comparé la marge brute du sorgho avec celle du tournesol en sec et du maïs en irrigué. Des résultats à méditer…

LA NOUVELLE PAC 2006 est là ! Aujourd’hui, l’heure est à la mise en place du nouvel assolement. Le choix en types de cultures n’a jamais été aussi ouvert en possibilités. Avec un découplage à 75 % et une partie couplée à 25 %, les cultures partent sur un même pied d’égalité. Reste alors à comparer les charges (intrants, irrigation et travail) avec les rendements et les prix de produits. Semences de Provence a comparé, dans un communiqué, le sorgho avec les deux cultures d’été les plus répandues, à savoir en sec le tournesol et en irrigué le maïs.

Le sorgho en sec, un classique

Les capacités du sorgo en sec sont bien connues et ne sont plus à rappeler. Par contre, il apparaît évident que sur des terres à bon potentiel alors qu’un tournesol va être limité en terme de rendement, un sorgho pourra aisément dépasser les 60 q/ha et donner une marge brute supérieure. En effet, à marge brute égale de 300 E/ha, l’agriculteur devra réaliser un rendement de 66 q/ha en sorgho contre 30 q/ha en tournesol classique et 28 q/ha en tournesol oléique. A ce titre, il faut rappeler que l’heure est de moins en moins à la spéculation, en ce qui concerne les cours du tournesol. Les arrivées massives de tournesol en provenance de mer Noire bloquent l’évolution des prix alors que dans le même temps les producteurs de ces zones gagnent en efficacité. Le tournesol oléique, quant à lui, ne propose que 15 E/t de plus par rapport au classique et ne se cultive que dans le cadre de contrats. Le sorgho confirme, à travers ces chiffres, qu’il est une espèce très compétitive dans les systèmes de culture du sud de la France.

Une culture économe en intrants

Dans le cas d’une irrigation limitée, le sorgho permet d’obtenir des rendements rémunérateurs et de dégager une excellente marge brute.

Les charges opérationnelles liées au sorgho sont nettement inférieures à celles enregistrées dans le cas du maïs. Le coût des intrants s’établit à 306 E/ha dans le cas du sorgho, contre 424 E/ha dans le cas du maïs. Il faut noter qu’il a été intégré dans le calcul l’interdiction d’utiliser de l’atrazine, ce qui a engendré un surcoût du poste désherbage sorgho (de 10 à 54 E/ha). La différence entre les charges opérationnelles des deux cultures augmente encore lorsque l’on rajoute les coûts d’irrigation. On atteint alors un niveau de charges opérationnelles de l’ordre 468 E/ha pour le sorgho, contre 695 E/ha dans le cas du maïs. Le coût de l’irrigation est en moyenne, selon l’institut Arvalis, de 0,15 E/m3 (70 % amortissement + 30 % frais proportionnels). Pour présenter une situation la plus réaliste possible, le semencier a pris en compte les coûts de main d’œuvre. Le coût d’irrigation présenté est 50 % du coût total (30 % affecté aux frais proportionnels + 20 % au temps passé).

Le sorgho témoigne d’une incroyable capacité à valoriser un faible apport d’eau. Pour attein-dre un rendement optimum, il faut réaliser de l’ordre de trois irrigations sur le sorgho contre six sur le maïs (exemple utilisé dans le calcul ci-dessus). Arvalis a montré que les volumes d’irrigation moyens, sur trois ans, sont de l’ordre de 126 mm par an pour le sorgho, alors qu’ils sont de 303 mm dans le cas du maïs. L’utilisation deux fois moindre en eau du sorgho par rapport au maïs se traduit directement en chiffres sur l’exploitation agricole par une baisse de 100 E/ha du poste irrigation et une diminution des travaux associés.

En 2005, selon le Service central des enquêtes et études statistiques (Scees) du ministère de l’Agriculture, les conditions sèches de l’été ont largement entamé le rendement en maïs grain (de -10 q/ha et jusqu’à -25 q/ha en Poitou-Charentes) alors que le sorgho a connu une position très stable.

Des marges brutes compétitives

Pour réaliser une marge brute de 500 E/ha, un rendement de 98 q/ha de sorgho se révèle suffisant, alors qu’un rendement de 126 q/ha de maïs est nécessaire. En irrigué, le sorgho présente donc des marges brutes largement compétitives par rapport au maïs. Il présente même un avantage économique sur les zones dans lesquelles le potentiel de rendement du maïs se limite à 110 q/ha ou dans lesquelles les contraintes d’irrigation sont les plus fortes. Si l’on ajoute à cela une augmentation du prix du séchage, un sorgho se récoltant autour de 20 % et un maïs de 26 %, et une tendance à la baisse des cours du maïs beaucoup plus marquée que pour le sorgho mettant les cultures quasi à égalité, alors il devient de plus en plus évident que le sorgho est une des cultures d’été la plus rémunératrices.

«Culture citoyenne», résistant bien aux parasites et ne nécessitant que peu d’intrants et d’eau, le sorgho est la culture idéale pour les respect des Bonnes conditions agricoles et environnemetales (BCAE). «Tous les indicateurs économiques sont au vert, prix de produit et débouchés, pour faire du sorgho une culture de choix dans le cadre du nouvel assolement 2006», conclut Semences de Provence.

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