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Oléagineux
Sofiprotéol passe l’année 2010 en réalisant un CA et un excédent brut d’exploitation proches de 2009

MALGRE DES PRIX de matières premières en très nette hausse sur la seconde moitié de l’année 2010, la société Sofiprotéol a réalisé un chiffre d’affaires de 5,5 M€ et un excédent brut d’exploitation de 300 M€. Des résultats très proches de ceux réalisés en 2009. « La situation des cours des matières premières dans le monde et en Europe a infléchi les activités. Ces difficultés ont permis de tester le modèle de notre entreprise. Finalement, le résultat est satisfaisant. (...) Cela montre bien que la complémentarité de nos activités permet d’équilibrer le résultat final », a estimé Philippe Tillous-Borde, directeur général de Sofiprotéol au cours d’une présentation des résultats du groupe à Paris le 3 février 2011. Concernant l’avenir, les dirigeants du groupe se sont montrés confiants. « 2011 se présente, malgré une situation économique incertaine, avec sérénité grâce à un modèle original qui tient le coup et nous permet d’avoir des moyens financiers pour se développer », s’est réjoui Philippe Tillous-Borde.

Bons résultats de Saipol, recul de Lesieur
    Le numéro Un de la trituration et du raffinage des huiles végétales devrait afficher, si les estimations sont confirmées, des résultats en progression, « au dessus de nos attentes » selon le directeur général de Sofiprotéol, à 1,7 Md€ contre 1,58 Md€ en 2009. « Saipol a bien profité de sa position commerciale et du bon développement industriel de ces 3-4 dernières années ».
    La tendance est moins positive chez Lesieur dont l’estimation du chiffre d’affaires 2010 a reculé à 685 M€ à comparer aux 715 M€ de 2009. « L’activité a souffert du ralentissement de la consommation des ménages français », a justifié Philippe Tillous-Borde. Ce dernier a rappelé que « la matière première représente plus de 80 % du prix de revient d’une bouteille d’huile » signifiant ainsi que l’on pourrait donc s’attendre à une revalorisation sensible du prix au niveau des consommateurs. « Une hausse des prix est inéluctable. Mais attention, elle n’est pas linéaire pour tous les produits », a précisé Xavier Beulin, président de Sofiprotéol.

Un nouvel accord entre producteurs et Diester pour mars prochain
    Le chiffre d’affaires de Diester Industrie a également reculé à 2,3 Md€ estimé pour 2010 contre 2,5 Md€ en 2009. Un retrait qui s’explique par une baisse des ventes de biodiesel. « En 2010, Diester Industrie n’a produit que 1,65 Mt de biodiesel pour une capacité de 2 Mt alors qu’en 2009 ce sont 1,85 Mt qui ont été produites », a détaillé Philippe Tillous-Borde. L’écart de prix entre l’huile et le gazole n’a pas non plus jouer en la faveur de Diester. « Le gazole a beaucoup moins évolué que l’huile (qui a été explosée cette année, NDLR)», a regretté le directeur général de Sofiprotéol. « Les coproduits ont toutefois permis d’améliorer la rentabilité. »
    Le système de contractualisation des graines de colza entre les producteurs et Diester Industrie pour la fabrication de biodiesel a ainsi fait l’objet d’une révision par la filière. Le premier dispositif « n’aurait pas été bien compris » selon Philippe Tillous-Borde. Les niveaux de prix observés tout au long de l’actuelle campagne expliquent facilement la difficulté pour Diester Industrie de sécuriser ses approvisionnements via la contractualisation. « Avec Fidicoop et Finenégoce, nous avons mis au point un nouvel accord qui fera l’objet d’un exposé au début du mois de mars ». Concernant la campagne en cours, il est encore trop tôt pour savoir quel sera le niveau de rémunération des producteurs de colza qui se sont inscrits dans la politique d’approvisionnement de Diester Industrie. « C’est le 31 mars que la moyenne pondérée des prix sera arrêtée », a déclaré Philippe Tillous-Borde, également président de Diester Industrie, le 3 février lors d’une interview de La France Agricole. « Cela sera confortable pour les OS et donc pour les producteurs », a-t-il ajouté. Par ailleurs, les problèmes liés à la non transposition de la directive ENR en droit français semblent s’arranger concernant les échanges avec l’Allemagne. « De nombreux producteurs lorrains se sont conformés au cahier des charges ENR allemand. »

Les nouvelles activités de Sofiprotéol se portent bien
    La chimie renouvelable au travers des sociétés Novance, créée en 1996, et Oléon, rachetée en 2009, a généré un chiffre d’affaires estimé à 520 M€ en 2010 (434 M€ en 2009). Quant à l’activité nutrition animale du groupe, le chiffre d’affaires 2010 de Glon Sanders, racheté en 2007, s’afficherait en progression par rapport à 2009 à 1,5 Md€ contre 1,44 Md€. Les résultats de cette branche ont supporté la très forte hausse des matières premières. Toujours dans une logique de diversification, Sofiprotéol a confirmé l’information qui circulait déjà : elle interviendrait à hauteur de 25 %, en partenaire minoritaire d’Isagri (société de logiciels déstinés aux agriculteurs) dans le rachat de La France Agricole. « Il nous a paru logique de renforcer les moyens d’information à destination des agriculteurs », a argumenté Phillipe Tillous-Borde.

« Montrer l’âme » de Sofiprotéol
    Des encarts dans la presse, des spots à la radio, des bannières sur des pages internet ou encore un site évènementiel dédié, difficile d’échapper à la campagne de communication lancée par Sofiprotéol fin janvier. « Lesieur, Puget et Sanders sont connus du grand public. Mais qui sait quelle est l’âme qui est derrière », a expliqué Philippe Tillous-Borde. L’entreprise désire ainsi communiquer vers le grand public pour lui faire découvrir ses marques et ses activités. Cette campagne de promotion et de communication aura coûté « moins d’un million d’euros » selon la direction de Sofiprotéol.

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