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Entreprises
Sénalia : la diversification pallie la baisse de l’activité sur l’Afrique du Nord

À l’image de la France, Sénalia exporte la majorité de ses céréales vers l’Afrique du Nord. Une situation qui devrait pousser le groupe vers plus de qualité pour assurer sa position.

« Les années se suivent mais ne se ressemblent pas », a déclaré Laurent Martel, directeur général de Sénalia, lors de l’assemblée générale du groupe le 11 janvier à Paris. « Après une saison 2010/2011 record, l’année 2012 s’est caractérisée par un retour à des volumes “ plus normaux ”. » La campagne 2011/2012 avait bien commencé, mais la tendance s’est inversée à partir du mois de janvier. Au total, 3,4 Mt de céréales ont été exportées, contre 4,7 Mt la campagne précédente. Néanmoins, la collecte était aussi plus faible. Le chiffre d’affaires 2011/2012 a pourtant progressé à 32,38 M€ contre 30,55 M€ au 30 juin 2011. Cela s’explique par un rééquilibrage entre le trafic à l’export et les activités de diversification. En progression, elles « jouent à plein leur effet stabilisateur », commente Jean-Jacques Vorimore, président de Sénalia. En effet, si la trituration a baissé de 10 % à 2 Mt, l’activité Sucre a doublé en passant de 48.000 t à 98.000 t, l’activité cacao a été multipliée par trois à 113.000 t, et la part de céréales consacrées à la production de bioéthanol a augmenté de 882.000 t à 995.000 t.
Le début de la campagne actuelle a ressemblé à la fin de la précédente. Après un mois de juillet quasi inexistant en termes d’expéditions, Sénalia a chargé un peu plus de 200.000 t par mois par la suite pour arriver à un total fin 2012 d’1,4 Mt. « On peut penser que l’activité va se reprendre depuis Rouen, et que nous finirons la campagne à 3,4-3,6 Mt », avance Laurent Martel. L’activité de trituration est en hausse de 25 % et celle de sucre de 30 %. L’activité sur Lillebonne est un peu en retrait car l’usine se reconvertit en amidonnerie.

En 2011/2012, les activités de diversification ont représenté 49 % des tonnages effectués par Sénalia. Une stratégie qui pourrait s’avérer d’autant plus payante si la France perd des parts de marché à l’export. Les ventes du groupe sur  l’Algérie, le Maroc et l’Egypte ont baissé de 28 % par rapport à 2010/2011. « Les débouchés sur le bassin méditerranéen étant peu nombreux, les exportations françaises quasi unidirectionnelles nous rendent vulnérables », estime Pierre Duclos, directeur du commerce international d’InVivo. Par exemple, « si dans un avenir proche, la Russie maîtrise ses problèmes de punaises, un critère important en Algérie, nous allons avoir une concurrence très importante ». De plus, il faut des marges de sécurité au niveau de la qualité pour ne pas risquer des réfactions voire un refus à la livraison. « Le problème c’est que bon nombre de contrats sont passés avant de connaître la qualité », rappelle Pierre Duclos. Or la France, qui est déjà limite en termes de qualité, n’a pas de destinationa de rattrapage, contrairement à l’Allemagne qui peut se replier sur nos marchés. « Il faut donc que nous améliorions la qualité de nos blés, en visant un taux protéique de 11,5 % et un PS de 78 », soutient Jean-Philippe Everling, vice-président du Synacomex.

La meunerie française guide les critères de l’export
« Nous n’exportons que des blés meuniers », rappelle Jean-Philippe Langlois Berthellot, président de FEC. La meunerie française est à la base du travail sur la qualité de ces dix dernières années. « Elle réalise un travail d’identification des variétés avec Arvalis avant même leur inscription au CTPS. Elle publie ainsi deux listes : VRM et BPMF, qui jouent le rôle d’indicateurs », confirme Bernard Valluis, président de l’ANMF. « Il est vrai que les exportateurs n’investissent pas directement dans la recherche, mais ils sont à côté de l’ANMF et demandeurs d’avoir ses qualités », défend Jean-Philippe Everling. « Aujourd’hui, les semenciers ont pris conscience que l’export est un marché », félicite Laurent Martel, directeur général de Sénalia. Or la France a une vraie carte à jouer, puisqu’« elle détient quasiment le monopole de la génétique du blé au niveau mondial ».

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